"Lourdes donne confiance en l’Humanité" : comment des bénévoles accompagnent les malades des Alpes-Maritimes en pèlerinage
Chaque année, au début du mois de juillet, une aventure humaine et spirituelle hors du commun se joue entre Nice et Lourdes. L’Hospitalité Diocésaine de Nice, présidée par Magali Astier depuis 2014, s'apprête une nouvelle fois à accompagner des personnes malades, âgées ou handicapées pour une semaine de pèlerinage
Lourdes, la grotte et les fidèles - Regan Dsouza PexelsCela fait maintenant 92 ans que l'Hospitalité niçoise organise ce déplacement. Cette année, ce sont 235 personnes, dont 64 malades, qui prennent la route. Parmi les accompagnants, la mixité générationnelle est frappante : les bénévoles ont de 14 à 90 ans. Pour Magali Astier, infirmière de métier, cette mission est avant tout une histoire de cœur et de confiance partagée. Elle souligne que, contrairement aux idées reçues, ce voyage n'est pas empreint de tristesse : « Les gens pensent que Lourdes, c’est triste parce qu’on emmène des gens malades ou handicapés. Et en fait, Lourdes, c’est plein de joie parce qu’on n’est pas là pour leur rappeler leur maladie ou leur handicap. »
Le don de soi comme moteur
Le pèlerinage repose sur l'engagement total des bénévoles qui, pour beaucoup, prennent sur leurs congés personnels et financent eux-mêmes leur séjour (entre 500 et 900 euros). Ce dévouement, particulièrement chez les plus jeunes, est une source d'espoir pour la présidente : « Lourdes donne confiance en l’humanité parce que on a des hospitaliers qui sont très jeunes et qui prennent sur leurs vacances... on se dit on fait passer un message qui va à l’encontre de la société actuelle. » Sur place, le rôle des hospitaliers est multiple : aide aux gestes quotidiens, brancardage, ménage, mais aussi et surtout, l'écoute. Magali Astier insiste sur le fait que chaque bénévole a sa place : « On n'a jamais personne qui est inutile, quel que soit son âge et ses capacités physiques.
Une parenthèse de fraternité
Pendant une semaine, les participants vivent au rythme des cérémonies — messes quotidiennes, procession aux flambeaux et messe internationale dans la basilique souterraine. C’est un moment où l’individualisme s’efface au profit du partage. « Pendant une semaine, les gens mettent entre parenthèses leur vie et leur principal souci, c’est se mettre au service. » L'action de l'Hospitalité ne s'arrête pas au retour à Nice. Des amitiés durables se créent, menant à des visites tout au long de l'année, et un repas de Noël est organisé en décembre pour « que les gens ne restent pas un an sans se voir ».
Un appel à la générosité
L'association vit principalement de dons et de quêtes pour financer, entre autres, les cars spécialement aménagés indispensables au transport des malades, dont le coût est très élevé. Ces moyens permettent d'offrir un confort et une sécurité « qui n'a pas de prix » pour ceux qui attendent ce moment toute l'année. Alors que le diocèse s'apprête à rejoindre la cité mariale, l'esprit de l'Hospitalité reste résumé par cette volonté simple mais profonde : « On essaie de prendre le temps d’être là pour l’autre... on est là pour faire plaisir. »



