Loto du patrimoine 2026 : dans l'Allier le château de Chassimpierre témoigne de la vie rurale du XIXe siècle
Le loto du patrimoine a dévoilé ses quatre lauréats auvergnats ! Ils sont un par département, à bénéficier d’un coup de pouce financier pour réaliser des travaux. Dans l’Allier, le Château de Chassimpierre et ses dépendances à Châtelperron ont été retenus. Une surprise pour les propriétaires, Antoine Santarelli et sa femme Inès. Ils ont hérité du domaine familial après la mort d’un proche, en 2022. Une véritable aubaine pour préserver ce témoin de la vie rurale du XIXe siècle où les travaux vont enfin commencer.
Dans l'Allier, le château de Chassimpierre et ses dépendances à Châtelperron sont les lauréats du loto du patrimoine 2026. ©RCF Allier/Anaïs BinghinottoC’est une histoire de famille qui prend une toute nouvelle ampleur. Lorsqu’Antoine Santarelli et sa femme Inès reprennent le domaine familial en 2022, avant d'en devenir officiellement propriétaires en 2024, ils savent que le défi est de taille. "C’est l’histoire d’une vie", confie le couple. Construit en 1804, le château nécessite d'importants travaux, à commencer par la charpente qui menaçait de s'effondrer.
Si les propriétaires financent eux-mêmes la restauration de la bâtisse principale, avec le grand salon "dans son jus", la chapelle et le bureau renfermant des archives et des plans d'architecte de 1892, l'urgence est plutôt du côté des dépendances. C'est là que la Mission Patrimoine entre en jeu. Le dossier de candidature, monté sur un coup de tête en février dernier sur les conseils du Conseil départemental, s'est révélé gagnant.
Plongée dans une vie en autarcie au XIXe siècle
Au-delà du château, le domaine de 70 hectares dévoile ses secrets. Perché sur une butte offrant une vue sur le château de Châtelperron, Chassimpierre n'était pas qu'une simple demeure mais un véritable village. En 1900, 80 personnes y vivaient et y travaillaient. Les briques étaient même fabriquées sur place, comme en témoignent les moules retrouvés.
"Ce qui est intéressant avec le site, c’est qu’on voit vraiment la vie de l’époque en autarcie avec tous les aménagements nécessaires", s'enthousiasme Antoine Santarelli. Autour de la grande cour intérieure s'articulent un bûcher, un chenil, un grenier pour faire sécher le grain, une vacherie datant de 1860, un lavoir, ou encore un pigeonnier équipé de planches d'envol et d'une ingénieuse échelle en bois tournante pour ramasser les œufs. Plus loin, une grande écurie datant de 1830 se détache, avec ses deux porches en bois. Enfin, quelques mètres plus bas, une orangerie, sans toit mais aux arches bien conservées, se dessine.
Les travaux de déblaiement ont d'ailleurs déjà réservé de belles surprises aux propriétaires. "On a découvert des pavés qui étaient sous 10 cm de terre. Nous les avons donc dégagés", indique Antoine Santarelli. "Nous avons aussi découvert le pédiluve en face des écuries, où l'on baignait les chevaux après les travaux. Il n’y a pas beaucoup de propriétés qui ont un grand pédiluve comme celui-là."
Une course contre la montre à 800 000 euros
Mais le temps joue contre ce patrimoine tout droit sorti des livres d’Histoire. Infiltrations d'eau, toitures abîmées... Les dépendances sont dans un état critique. "Le loto du patrimoine va nous permettre de sauver les dépendances. Si nous n’avions pas eu ce financement-là, je pense que l’on aurait été obligés d’abandonner le projet", avoue le propriétaire."Une fois que les bâtiments sont par terre, nous ne pouvons plus rien faire. Ce coup de pouce nous donne du baume au cœur", renchérit-il.
L'objectif immédiat est de mettre ces bâtiments "hors d'eau et hors d'air" pour stopper les dégradations, et notamment de redonner une charpente et une couverture à l’orangerie. Les devis des artisans s'élèvent aujourd'hui à 800 000 € pour l'orangerie, le bûcher, les écuries et le pigeonnier.
Si le montant exact de l'aide octroyée par la Mission Bern ne sera connu qu'à la fin de l'année, ce financement va permettre d'accélérer ce chantier de grande ampleur. À terme, une fois les lieux sécurisés, le couple espère pouvoir ouvrir cet écrin au public et organiser des visites au cœur de cette cour chargée d'histoire.
L'extérieur du château de Chassimpierre. ©RCF Allier/Anaïs Binghinotto
Les écuries, avec les deux porches en bois. ©RCF Allier/Anaïs Binghinotto
L'orangerie, avec ses arches apparentes mais à la merci des intempéries. ©RCF Allier/Anaïs Binghinotto
Le pigeonnier, qui doit aussi être restauré. ©RCF Allier/Anaïs Binghinotto
Le grenier à grains, dans le même bâtiment que le pigeonnier. ©RCF Allier/Anaïs Binghinotto
Des vaches et des cochons habitaient dans ces bâtiments. ©RCF Allier/Anaïs Binghinotto
A l'intérieur du château, le bureau, d'origine. ©RCF Allier/Anaïs Binghinotto
La chapelle privée du château. ©RCF Allier/Anaïs Binghinotto
Le grand salon. ©RCF Allier/Anaïs Binghinotto
L'entrée historique du château. ©RCF Allier/Anaïs BinghinottoLes autres départements d'Auvergne ont chacun leur lauréat. Dans le Cantal, il s'agit du château de Pesteils, en Haute-Loire, c'est l’abbatiale Saint-Chaffre, au Monastier-sur-Gazeille et dans le Puy-de-Dôme, l’église Saint-Jean-Baptiste d’Esteil est la grande gagnante.


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