Logement et vivre ensemble : Habitat et Humanisme innove à Billom
À Billom, l’ancien Ehpad des Sœurs de la Miséricorde s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. À l’occasion de la Semaine nationale des pensions de famille, RCF a réuni les acteurs de ce vaste projet de réhabilitation mêlant logement accompagné et accueil de personnes atteintes d’Alzheimer.
Une table ronde animée par RCF enregistrée dans le jardin bordant la future pension de famille © Habitat et Humanisme AuvergneD’ici fin 2027, le bâtiment du XIXe siècle situé rue de l’Évêché à Billom, à proximité de l'ensemble scolaire Notre-Dame, accueillera une pension de famille de 25 logements (gérée par l’association Habitat et Humanisme) ainsi qu’une colocation de huit chambres destinée à des malades d’Alzheimer (un projet de l’association Toit Même). Alors que le début des travaux est attendu pour la fin de cet été, ce projet pluriel, estimé à près de 4 millions d’euros, a été mis en valeur à travers une table ronde, organisé sur site par RCF et Habitat et Humanisme Auvergne.
Le principe de la pension de famille repose sur un équilibre entre autonomie et accompagnement. Chaque résident dispose d’un logement individuel, mais des espaces collectifs et des travailleurs sociaux permettent de recréer du lien social. « Le pari du logement d’abord, c’est que si l’on sécurise le logement, on fait déjà un pas important vers l’autonomie », explique Jérôme Charasse, directeur de la DDETS (Direction départementale de l'emploi, du travail et de solidarités) du Puy-de-Dôme. Le projet de Billom s’inscrit dans le deuxième plan national Logement d’abord, qui vise notamment à développer des pensions de famille sur tout le territoire. Dans le Puy-de-Dôme, 363 places devraient être créées à terme sur 14 sites différents. « La volonté est de ne pas concentrer les réponses uniquement sur la métropole clermontoise », souligne Jérôme Charasse.

Sur Billom, Habitat et Humanisme Auvergne ouvrira ainsi sa deuxième pension. Une offre complémentaire de celle existante dans le centre de Clermont-Ferrand, au Galoubet, qui accueille depuis plus de trois ans 25 résidents. Pour Yves Demoustier, président d’Habitat et Humanisme Auvergne, l’objectif est clair : proposer « un temps qui peut être durable » à des personnes souvent isolées et fragilisées. Ces structures accueillent principalement des personnes seules, souvent âgées de plus de 50 ans, ayant connu des parcours de vie difficiles ou la précarité.
Une dimension sociale, patrimoniale et territoriale
Au-delà de l’enjeu social, le projet revêt aussi une forte dimension patrimoniale et territoriale. La congrégation des Sœurs de la Miséricorde, fondée à Billom en 1806, souhaitait transmettre ce lieu à vocation sociale plutôt qu’à un promoteur immobilier. « Nous cherchions une destination sociale qui corresponde à l’esprit de la congrégation », raconte Sœur Marie-Dominique. « Nous avons énormément confiance dans l’avenir de cette maison ». Le chantier prévoit également une rénovation énergétique ambitieuse avec réemploi de matériaux, isolation biosourcée et amélioration du confort d’été. « Ce bâtiment a une âme, mais aussi des besoins physiologiques », expliquent les architectes de l’agence Ar-Ter à Clermont-Ferrand, chargées de transformer cet ancien couvent en lieu de vie moderne et chaleureux. Et qui pour Jérome Pireyre, président de Billom communauté, « répond à des enjeux sociaux sur notre territoire, mais également patrimoniaux et culturels ». Et d'ajouter : « La localisation de ce projet en centre-ville, c’est répondre à la problématique des mobilités. Et vient alimenter, en soutenant le commerce, une sorte d'émulation locale ».
