Logement des jeunes en Ille-et-Vilaine : l'alternative solidaire de "Maison en Ville"
C'est la rentrée sur les bancs de la Fac et certains étudiants cherchent encore à se loger à prix raisonnable. Face à la précarité étudiante et à la crise du logement, l'association Maison en Ville, basée à Rennes, propose des solutions d'habitat partagé et solidaire. Sa directrice, Axelle Verny, nous explique le fonctionnement et les ambitions de ces dispositifs.
©Ensemble 2 générations Sur quelle zone géographique l'association intervient-elle ?
L'association intervient sur l'ensemble du territoire de l'Ille-et-Vilaine. Notre activité principale se concentre sur la métropole de Rennes ainsi que sur le nord du département, notamment à Saint-Malo, Dinard et Cancale. Nous intervenons également dans d'autres secteurs comme Redon, Liffré et Janzé. C'est toutefois à Rennes et dans sa métropole que l'activité est la plus forte, car la demande de logement des jeunes y est très importante.
Quels types de logements alternatifs proposez-vous ?
La mission essentielle de l'association est de proposer du logement partagé et solidaire. Nous proposons plusieurs formules :
-L'accueil solidaire chez l'habitant (cohabitation) : Ce dispositif permet à un jeune de moins de 30 ans d'être logé chez une personne de plus de 60 ans. En échange d'un tout petit loyer, le jeune apporte un peu de présence, de convivialité, d'accompagnement et de soutien à l'accueillant.
-La colocation à projet inclusive.
-Une résidence inclusive : Récemment reprise par l'association, elle accueille dans des studios à la fois des jeunes porteurs de handicap et des jeunes étudiants boursiers.
A Rennes en cette rentrée 2026, il reste quelques places encore disponibles en hébergement à loyer raisonnable chez l'habitant mais nous cherchons encore des hébergeurs de plus de 60 ans qui souhaiteraient accueillir de manière solidaire.
Comment évolue la demande de logement face à la crise actuelle ?
La demande de logement de la part des jeunes est constante et tend à augmenter. Nous constatons surtout une hausse importante des demandes pour des logements dits solidaires ou à loyer très raisonnable. Le prix est devenu un frein majeur : en raison de leur pouvoir d'achat, de nombreux jeunes ne peuvent plus se permettre de payer des studios classiques, devenus trop chers pour eux. Nous accompagnons chaque année près de 300 jeunes étudiants dans leur projet de logement.
Quels sont les tarifs des logements que vous proposez ?
Nous proposons deux gammes de tarifs :
-En logement solidaire (chambre chez l'habitant) : La contribution mensuelle demandée se situe entre 150 et 250 euros.
-À loyer raisonnable (hors dispositif solidaire) : Les tarifs se situent aux alentours de 300 à 350 euros par mois. Cela permet aux jeunes et à leurs familles de financer une année d'études sans que le coût du logement ne soit trop lourd.
Quels sont les défis que les étudiants de plus en plus en précarité expérimentent aujourd'hui ? Comment tentez-vous de répondre à leurs besoins ? On pense aussi à tous ces étudiants qui ont besoin d'être entourés, de ne pas rester isolés pour être bien aussi mentalement.
Depuis la période de l'après-Covid, nous observons deux phénomènes marquants : une précarité grandissante et un fort besoin d'être rassuré. L'isolement des jeunes est un sujet crucial qui touche à la santé mentale.
Nos formules d'habitat partagé (colocation ou chez l'habitant) permettent de répondre à cet isolement grâce à un accueil bienveillant, qu'il vienne de l'hébergeur ou des jeunes entre eux. Cet entourage bienveillant aide les jeunes à surmonter les multiples défis liés au départ du foyer familial : l'apprentissage d'une nouvelle matière, la prise d'autonomie, la découverte d'une nouvelle ville et le changement de cadre social.
