L'invité politique du 11 septembre 2026 : Delphine Batho, présidente de Génération Écologie
Delphine Batho : « L’insécurité climatique, c’est maintenant »
Candidate de Génération Écologie à l’élection présidentielle, Delphine Batho était l’invitée politique de RCF Notre-Dame. Après un été 2026 marqué par des vagues de chaleur exceptionnelles et une crise agricole majeure, elle défend une écologie « qui parle au présent ».
Nathanaël de Rincquesen RCF Notre Dame ©Sabine de Rozieres« L’insécurité climatique, c’est maintenant »
Après 53 jours de vagues de chaleur en France, Delphine Batho estime que l’été 2026 marque un tournant. Pour la candidate écologiste, le dérèglement climatique est désormais directement lié aux préoccupations quotidiennes des Français, notamment au pouvoir d’achat et à l’alimentation.
Elle décrit la situation agricole comme « la plus grande catastrophe agricole de l’histoire de notre pays depuis 1945 » et demande au gouvernement des aides immédiates à la trésorerie des agriculteurs.
« Ce qui est en jeu, dans les jours et les semaines qui viennent, c’est de sauver notre agriculture. »
Une « décroissance différenciée »
Delphine Batho assume le terme de « décroissance », qu’elle préfère qualifier de « décroissance différenciée ». Il s’agit, selon elle, de réduire la consommation d’énergie et de matières premières et de sortir de la surconsommation, sans confondre cette démarche avec une récession.
Dans l’agriculture, elle défend notamment davantage d’installations et une plus grande autonomie alimentaire de la France. Elle critique l’industrialisation du secteur, qu’elle juge destructrice pour l’emploi et la biodiversité.
La candidate insiste surtout sur l’urgence : écoles confrontées aux fortes chaleurs, communes privées d’eau potable, méga-feux ou risques d’inondations sont, selon elle, autant de signes que « les enjeux écologiques » ne peuvent plus être considérés comme un problème futur.
Une candidature écologiste « jusqu’au bout »
Delphine Batho veut porter une « écologie de gouvernement crédible », capable de s’adresser à l’ensemble des Français et d’assumer toutes les responsabilités de l’État.
Elle affirme qu’elle ira jusqu’au bout de sa candidature et appelle les maires à lui accorder leur parrainage afin que l’écologie soit présente au premier tour.
« On ne peut pas proposer aux Françaises et aux Français un vote par défaut. »
Elle estime par ailleurs que la désespérance nourrit l’extrême droite et défend un « nouveau chemin » fondé sur le climat, la nature et la qualité de vie.
Mégabassines : « Je ne suis pas opposée par principe au stockage »
Sur les retenues d’eau, Delphine Batho privilégie d’abord les solutions fondées sur la nature, notamment la restauration des haies et des prairies. Elle précise toutefois ne pas être opposée « par principe » au stockage de l’eau.
Elle pose deux conditions : davantage de sobriété dans la consommation et une évolution des pratiques agricoles. « La priorité, c’est l’eau potable », rappelle-t-elle.
Budget 2027 : « Je souhaite une stabilité de notre pays »
À l’approche de la présentation du budget 2027, la candidate se dit favorable à la stabilité et ne souhaite pas une nouvelle crise budgétaire à quelques mois de la présidentielle.
Elle demande cependant des réponses immédiates pour les agriculteurs et les pompiers. Pour Delphine Batho, l’écologie doit désormais apporter des réponses concrètes aux crises qui touchent déjà le pays.


Tous les jours à 7 h 38, Nathanaël de Rincquesen reçoit un invité politique pour décrypter l’actualité.
