Lieu de Mémoire : une exposition autour du Marché de l’Art sous l’Occupation à voir tout l’été
Depuis début juillet 2026, le Lieu de Mémoire du Chambon-sur-Lignon accueille une nouvelle exposition. Elle s’intéresse au marché de l’Art pendant la période de l’Occupation.
Une exposition autour du marché de l’Art sous l’Occupation est à voir au Lieu de Mémoire du Chambon-sur-Lignon. ©RCF Haute-LoireComme chaque année, le Lieu de Mémoire dévoile une exposition estivale. Cet été, les visiteurs sont invités à découvrir les dessous du marché de l’Art pendant la période de l’Occupation. L’occasion de découvrir une réalité souvent méconnue : “pendant cette période, le marché de l’Art connaît un boom économique d’un cynisme absolu” explique Emmanuelle Polack, la commissaire de l’exposition.
Dès l’instauration du régime de Vichy, la persécution des Juifs s’intensifie. Si bien qu’ils sont interdits d’accès aux différentes salles de vente. Ils sont nombreux à cette époque à chercher des liquidités pour aller aux États-Unis. L’exposition montre cette réalité. “Dès juillet 1940, des ordonnances allemandes sont placardées pour conserver les œuvres d’art” indique Emmanuelle Polack.
La raison ? “Les œuvres d’art sont très importantes pour les nazis”. Hitler cherche à mettre au pas la culture. Dès lors, l’expression l’art dégénéré commence à se répandre pour décrire les œuvres de Picasso ou Matisse. Ce “récit va infuser dans le milieu de l’art français” poursuit la commissaire. C’est d’ailleurs par cette histoire que les visiteurs débutent la visite.
Un véritable marché parallèle de l’Art sous l’Occupation
Très vite, l’hôtel des ventes Drouot devient le lieu central de ce marché de l’art florissant. Une autre partie de l’exposition permet de bien comprendre l’importance de ce lieu. Mais surtout, “un véritable marché parallèle se met en place après la spoliation des œuvres appartenant à des Juifs” glisse Emmanuelle Polack. Pour illustrer cette réalité, elle a choisi de mettre en avant le parcours du galeriste Paul Rosenberg. D’ailleurs, la devanture officielle de sa galerie est à voir dans l’exposition.
Enfin, lors de sa déambulation, le visiteur comprend que même plus de 80 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le travail continue pour retrouver des tableaux spoliés pendant cette période. Par exemple, rien que pour la collection de Paul Rosenberg, il reste “encore une cinquantaine de tableaux en déshérence” explique Emmanuelle Polack.
Cette exposition est visible jusqu’au 28 novembre 2026 au Lieu de Mémoire du Chambon-sur-Lignon. Pendant la période estivale, vous pouvez la découvrir du mardi au dimanche. Des visites guidées sont proposées chaque jour à 14h et 15h30. Comptez au minimum 45 minutes.
L'exposition revient sur la vie de Paul Rosenberg. ©RXF Haute-Loire
L'exposition aborde aussi la libération et son impact sur le marché de l'Art. ©RCF Haute-Loire
Emmanuelle Polack est la commissaire de l'exposition. ©RCF Haute-Loire

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