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Liban "La situation est catastrophique", alerte l'ONG bretonne Caridad

Liban "La situation est catastrophique", alerte l'ONG bretonne Caridad

Un article rédigé par Cécile Pollart - RCF Rennes, le 10 avril 2026 - Modifié le 28 avril 2026

Quelques heures après l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, une centaine de bombardements ont visé mercredi plusieurs quartiers du centre de Beyrouth, sa banlieue sud, ainsi que des villes et des villages de l’est et du sud, causant plus de 300 morts au Liban, selon le ministère de la santé libanais.

L’association humanitaire catholique Caridad, implantée à Redon, en Ille-et-Vilaine, accompagne financièrement deux partenaires sur place, qui prennent en charge 600 familles déplacées dans des conditions de vie difficiles, alors que plus de 1,2 million de personnes déplacées se trouvent dans le pays. Charles Mekri, délégué général de l’association, évoque "une situation catastrophique".

DR CaridadDR Caridad

Quelques heures après l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, une centaine de bombardements ont visé mercredi plusieurs quartiers du centre de Beyrouth, sa banlieue sud, ainsi que des villes et des villages de l’est et du sud, causant plus de 300 morts au Liban, selon le ministère de la santé libanais.

L’association humanitaire catholique Caridad, implantée à Redon, en Ille-et-Vilaine, accompagne financièrement deux partenaires sur place : l'Ordre des Carmes Déchaux au Liban, ainsi que la congrégation des Sœurs de Jésus et Marie à Beyrouth.

Depuis le début de ce conflit entre le Hezbollah et Israël, ils prennent en charge 600 familles réparties entre Beyrouth et sa région, et également dans le village chrétien de Deir-al-Ahmar, non loin de Baalbek, dans le nord est du pays. Des déplacés qui sont hébergés dans des gymnases, des écoles, ou chez l’habitant.

Charles Mekri, délégué général de l’association, évoque une "situation catastrophique".

Quelles nouvelles vous avez de vos partenaires au Liban ?

"Nos partenaires, avec qui j'ai échangé hier, nous remontent une situation catastrophique. En un mois, il y a déjà 1,2 million de personnes qui ont dû fuir leur maison, entraînant déjà une saturation des centres d'accueil et une misère approfondie de la population qui était déjà confrontée à une grave crise économique.

Mercredi, le bombardement massif de l'armée israélienne sur des quartiers entiers de Beyrouth, 120 bombardements en moins de 10 minutes, sans avis préalable, ça a été vraiment un traumatisme. D'ailleurs hier, c'était une journée de deuil national. Les Libanais parlent même dès maintenant d'un mercredi noir."

Vos partenaires eux-mêmes ont-ils été victimes de bombardements ?

"Heureusement, eux n'ont pas été touchés par les bombardements. En revanche, ils sont vraiment très préoccupés car les besoins augmentent chaque jour. Chaque jour, des régions entières doivent évacuer, ce qui entraîne un afflux de population. Ils sont vraiment confrontés à cette misère là.

Vous avez près d'un million de personnes qui sont contraintes de dormir dans les rues, dans leurs véhicules, sur le front de mer.

Ils ont vraiment besoin de notre soutien, notamment financier, pour qu'ils puissent accueillir les familles, et surtout distribuer des colis alimentaires. Car imaginez-vous bien que quand un ordre d'évacuation est donné, vous n'avez que quelques minutes pour prendre votre voiture, vos enfants et partir. Et donc les familles arrivent sans rien. Parfois même sans savoir où aller."

600 familles sont prises en charge notamment grâce à l'aide de Caridad dans des lieux d'accueil au Liban. Quels sont ces lieux d'accueil ?

"Les personnes sont hébergées parfois dans des gymnases ou dans des écoles, mis à disposition par exemple par des communautés chrétiennes. Il y a aussi des personnes qui ont réussi à trouver des places chez des habitants ou dans des hébergements et en fait, ces personnes là, qui n'ont rien, ont quand même besoin de nourriture et de médicaments.

Nous, ce qu'on finance, ce sont des vêtements, des couches, du lait infantile, de l'eau potable, de la nourriture, des produits d'hygiène, des jouets pour les enfants et puis également des médicaments. Car en fait, les personnes sont parties sans pouvoir prendre leurs médicaments avec eux. Les personnes qui souffrent d'hypertension, de diabète, de maladie cardiaque, de maladie respiratoire, sont également confrontées à un grave danger médical. Sans ces traitements, ils peuvent mourir."

DR Caridad

Est-ce que vous avez plutôt des besoins matériels, des besoins financiers ?

"Nous avons besoin de dons financiers car nous transférons cet argent directement à nos partenaires. Il leur permet d'acheter de la nourriture. D'autres se sont mis d'accord avec un supermarché qui permet d'octroyer des bons alimentaires à des familles qui bénéficient de 100 dollars par mois pour se nourrir ou se procurer de produits de première nécessité.

Nos deux partenaires, que j'ai eu au téléphone, m'ont vraiment rappelé l'importance de chaque don et de les aider ; car ils n'ont jamais vu une situation aussi dramatique. Et pourtant le Liban en a quand même connu ces dernières années. Il y a eu en septembre 2024, déjà des bombardements et des déplacements de population. Il y a eu l'explosion du port de Beyrouth en 2020, mais là c'est une situation qui vient s'accumuler à tout le reste et c'est vraiment préoccupant."

Quel montant avez vous pu rassembler depuis le lancement de l'appel aux dons le 5 mars dernier ?

"Nous sommes actuellement en train de collecter les fonds, mais en fait, pour être réactifs, et vu qu'on avait des partenaires fiables sur le terrain, on a commencé à verser de l'argent pour les aider avant même d'avoir lancé la collecte. Nous avons déjà pu verser 15 000 € à nos partenaires pour la deuxième quinzaine du mois de mars. A présent, nous avons besoin de collecter des fonds pour continuer à les aider dans la durée, en espérant qu'un cessez-le-feu puisse être bientôt trouvé.

Mais nos partenaires vont devoir aider les familles de déplacés sur le long terme. D'autant plus qu'il y a quand même énormément de villages ou de quartiers qui ont été rasés. Ces familles ont perdu leur maison, leur appartement, et n'auront pas d'endroit où aller après la guerre."

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