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Les Ukrainiens de Lyon « ont besoin tous de liaison avec l'Ukraine » (Serhii Esaulov)

Les Ukrainiens de Lyon « ont besoin tous de liaison avec l'Ukraine » (Serhii Esaulov)

Un article rédigé par Anaïs Sorce - RCF Lyon, le 31 août 2026 - Modifié le 31 août 2026

Depuis le 9 juillet, un Consulat général d'Ukraine a été ouvert à Villeurbanne. Sur place, trois guichets pour réaliser toutes les démarches administratives des 20 000 Ukrainiens qui vivraient dans la région Auvergne Rhône Alpes. Pour le consul général d'Ukraine à Lyon, les enjeux de l'installation de ce consulat dépassent le simple cadre administratif. Rencontre avec Serhii Esaulov au Consulat.
 

Serhii Esaulov, Consul Général d'Ukraine à Lyon, veut développer les partenariats économiques et faire vivre la culture ukrainienne - © Consulat Général d'Ukraine à LyonSerhii Esaulov, Consul Général d'Ukraine à Lyon, veut développer les partenariats économiques et faire vivre la culture ukrainienne - © Consulat Général d'Ukraine à Lyon

RCF Lyon : Serhii Esaulov, vous êtes consul général d’Ukraine à Lyon. Diplomate de carrière, vous avez été nommé le 4 mai 2026. Quel a été votre parcours ? 
S.E. : Avant de venir ici, j'étais en poste à l'ambassade d'Ukraine en France, à Paris, pendant cinq ans. En fait, je suis diplomate de carrière depuis plus de vingt ans. C'est ma troisième ou quatrième mission, je crois. Mon premier poste était à Bruxelles, il y a plus de 20 ans, à l'ambassade d'Ukraine aussi. Je travaillais comme attaché de presse et vice-consul à la fois.

RCF Lyon : Le consulat général d’Ukraine à Lyon a ouvert le 9 juillet 2026. Pourquoi un consulat d'Ukraine à Lyon ? 
S.E. : Pour un pays comme la France, faire une coopération avec les régions depuis Paris, c'est compliqué. Surtout avec l'arrivée des Ukrainiens après le début de la guerre. La majorité des Ukrainiens se sont installés au sud du pays [après l’Île-de-France, ndlr], à partir de Lyon jusqu'à Nice, Marseille. Il y a différentes estimations, on pense qu'ici, dans la région Auvergne-Rhône Alpes, nous avons environ 20 000 Ukrainiens. Notre circonscription consulaire, c'est trois régions : Auvergne-Rhône Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Corse. Dans toutes ces régions, on pense qu'il y a à peu près 45 000 Ukrainiens. En France, on estime à 155 000 Ukrainiens, avec ceux qui sont venus avant et depuis le début de la guerre.

« Nous avons beaucoup de communs avec la France »

RCF Lyon : Vous disiez que beaucoup d'Ukrainiens étaient venus au sud de la France suite à la guerre. Pourquoi le sud de la France ? 
S.E. : C'est un phénomène intéressant. Je me souviens, la première semaine après la guerre, je me suis rendu compte qu'il y avait vraiment ce flux à Nice. Pour moi, c'était un peu étrange. Pourquoi à Nice ? Paris, c'est compréhensible, mais pourquoi Nice ? En fait, c'est un effet magnétique. Les amis disent : « venez ici, on va vous aider, je connais tout le système ici, vous pouvez venir ici ». Il y a ceux qui sont venus aussi de la région près de la mer, comme la région d'Odessa ou Marioupol. Ils ont les mêmes habitudes de vivre près de la mer, avec les mêmes conditions climatiques.

RCF Lyon : Quel est votre rôle en tant que Consul Général d’Ukraine à Lyon ?
S.E. : C'est d'abord de rendre les services consulaires à nos citoyens, ce que nous avons commencé depuis le 9 juillet, tous les jours.  Nous avons aussi des axes comme le développement des relations économiques, faciliter l'établissement des relations entre régions, les partenariats, les jumelages. Ce sont des projets humanitaires dans le domaine de l'éducation culturelle aussi. 
Je me déplace de temps en temps dans les différentes villes pour soutenir les projets artistiques, faire découvrir l'Ukraine, qui n'est pas seulement le pays en guerre, mais qui a une richesse culturelle et historique. Nous avons beaucoup de communs avec les Français, par exemple, la cuisine. Je veux faire découvrir aussi notre cuisine ukrainienne. Comme vous le savez, ici à Lyon, il y a un restaurant gastronomique ukrainien qui s'appelle Malva.

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Il y a des artistes ukrainiens qui font des actions, des concerts, des expositions. C'est ça qui doit vraiment nous aider à établir les liens et aussi faire découvrir notre pays, notre culture, notre richesse, parce que c'est une des raisons pour lesquelles la Russie mène cette guerre, parce qu'elle veut voler notre histoire, détruire notre culture. Ils ont bombardé les cathédrales à Kiev. C'est inacceptable.

RCF Lyon : Quels sont vos liens avec les élus locaux et régionaux ?
S.E. : Ces derniers deux mois, nous avons beaucoup de contacts au niveau de ville de Lyon. J'ai rencontré M. le maire Grégory Doucet. Il a participé à la marche avec les Ukrainiens [le 23 août, pour la fête de l’indépendance de l’Ukraine, ndlr]. C'était très important pour nous. 
Nous avons eu aussi des contacts au niveau de métropole de Lyon. J’ai rencontré Mme Sarselli, nous avons évoqué beaucoup de projets qu'on peut réaliser ensemble dans le domaine de l'accessibilité, des projets humanitaires avec les écoles.
Nous avons aussi eu des contacts avec la région Auvergne-Rhône-Alpes. J'ai eu une rencontre avec le vice-président, M. Meunier. Nous avons mis sur la table des propositions concrètes économiques, pour faire venir les compagnies de la région française dans plusieurs régions ukrainiennes. 
J’ai été à Grenoble pour participer aux événements dédiés à l'indépendance de l'Ukraine. Par ma présence, je veux manifester notre soutien. On veut vraiment servir de pont entre les ukrainiens, les associations ukrainiennes et les autorités françaises pour trouver des solutions s'il y a une difficulté.

L'ouverture en septembre d'une école ukrainienne à Lyon

RCF Lyon : Vous avez un exemple concret à nous proposer ?
S.E. : Quand j'ai demandé à M. le maire de Lyon de nous aider avec les locaux pour l'école ukrainienne. Parce qu'il y a beaucoup d'enfants ukrainiens qui essaient de maintenir ce lien via l'apprentissage de langue ukrainienne, de littérature, de l'histoire, de tout. Et nous avons cette école du samedi à Paris, à Nice. Ici, l'école ukrainienne était accueillie à Ecully. Malheureusement, les parents, les professeurs m'ont confié que c'est pas vraiment très convivial et accessible pour y aller tous les samedis. Ce serait préférable d'avoir les locaux ici, dans la ville. C'est pourquoi j'ai demandé à Grégory Doucet si nous pouvions trouver des locaux pour accueillir juste les samedis une école ukrainienne. Ils ont dit oui et je vous invite à participer à l'ouverture, prochainement en septembre.

RCF Lyon : Quels sont les besoins des Ukrainiens ici à Lyon, qu’ils soient arrivés après la guerre ou avant ? 
S.E. : Dès mon premier jour à Lyon, je me suis tout de suite rendu compte qu'ils ont besoin tous un peu de liaison avec l'Ukraine. Ils ont tous envie de montrer à quel point ils sont attachés à l’Ukraine. Je me souviens d’une finale de l’Eurovision. Nous avons fait cette soirée ensemble avec des amis ukrainiens et français et c'était incroyable. Nous avons voté et soutenu les chanteurs de l'Ukraine et de la France à la fois. 
Cet automne, nous préparons beaucoup d'événements pour nos amis lyonnais qui vont découvrir la beauté, la richesse culturelle de l'Ukraine, tant au niveau des expositions, de la gastronomie mais aussi des vins ukrainiens. Même pendant la guerre, les vignobles essaient de créer, de produire et de survivre. C'est ça que nous voulons vraiment montrer et je crois que c'est la langue qui est compréhensible pour nos amis français.  

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