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Les Hauts-de-France sont-ils concernés par la réémergence des maladies infectieuses ?

Les Hauts-de-France sont-ils concernés par la réémergence des maladies infectieuses ?

Un article rédigé par Amandine Casquet - le 30 avril 2025 - Modifié le 30 avril 2025
Commune planète (Hauts-de-France)Changements climatiques : des virus exotiques dans les Hauts-de-France ?

Jeudi 24 avril, l’Institut Pasteur de Lille a organisé une journée conférence à l’occasion de la troisième édition du printemps de la prévention. Le thème porte sur la santé environnementale. Une occasion pour comprendre la réémergence de maladies virales lié aux changements climatiques aux côtés de chercheurs et médecins.

L'Institut Pasteur de LilleL'Institut Pasteur de Lille

Les maladies exotiques gagnent du terrain. Si les Hauts-de-France sont encore épargnés, ce n’est qu’une question de temps. 

On n’est pas encore concerné, mais ça viendra sûrement, prévient Perrine Decaudin, médecin au centre international de vaccination de l’Institut pasteur de Lille


Le moustique tigre, vecteur de maladie comme la dengue ou le chikungunya, ne s’est pas encore installé dans la région. Mais les températures montent. Depuis 1955, les maximales ont grimpé de plus de 2,4 °C en moyenne sur l’ensemble des stations météorologiques des Hauts-de-France. Une tendance claire, qui inquiètent les scientifiques.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, les cas de dengue sont aujourd’hui 30 fois plus fréquents qu’il y a cinquante ans. Et près de 40 % des maladies vectorielles sont liées aux changements climatiques ou aux mouvements de population. Le rôle du voyage est crucial. 

J’incite toute personne qui ira voyager à l’étranger à consulter
un médecin ou un centre international de vaccination, Perrine Decaudin.


Car les virus voyagent avec nous. 126 cas d’arboviroses signalés dans les hauts-de-France en 2024.

Autre facteur important : la déforestation. 

Quand vous détruisez une forêt, vous libérez des agents pathogènes. Cela peut provoquer de nouvelles épidémies

L’ONU estime que 70% des nouvelles maladies sont liées à la
destruction des écosystèmes. Moins de biodiversité, c’est plus de risques. Un exemple concret avec la maladie de Lyme. 

« Quand vous éliminez les renards, vous supprimez le prédateur des rongeurs. Or ce sont eux les réservoirs de la bactérie »,
détaille Perrine Decaudin. 

Résultat : en Europe, les cas ont augmenté de 300 % depuis 1990 d’après le centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Face à ces menaces, l’Institut Pasteur de Lille a été appelé à repenser la prévention.
 

L’Agence régionale de santé nous demande d’intégrer systématiquement la dimension environnementale dans nos actions, souligne Perrine Quivron, directrice adjointe de l’établissement.

Un colloque, prévu le 20 juin, tentera de mobiliser les
politiques locales pour imaginer ensemble des réponses durables aux enjeux de santé environnementale.

Commune Planète Hauts de France
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Commune planète (Hauts-de-France)
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