Accueil
Les 24 Heures du Mans, du réel au virtuel
Partager

Les 24 Heures du Mans, du réel au virtuel

Un article rédigé par Maximilien Cadiou - RCF Sarthe,  -  Modifié le 29 mai 2020
Reportées en septembre, les 24 Heures du Mans laissent un vide en juin. Un vide comblé par les 24 Heures du Mans... virtuelles qui se tiendront les 13 et 14 juin 2020
ACO - Les 24 Heures du Mans virtuelles les 13 et 14 juin 2020 ACO - Les 24 Heures du Mans virtuelles les 13 et 14 juin 2020

Reportées aux 19 et 20 septembre, la semaine 24, qui accueille ces 24 Heures du Mans, ne sera pas pour autant dénuée de compétition automobile. L’ACO et la FIA ont en effet annoncé la tenue des 24 Heures du Mans virtuelles sur ce week-end des 13 et 14 juin, en lieu et place de la course, telle qu’elle aurait dû avoir lieu.
 

Les 24 Heures du Mans virtuelles, une première ?

Déjà une course virtuelle... en 2010

Ce ne serait pas être tout à fait honnête en disant que les 24 Heures du Mans et le virtuel ne se sont jamais rencontrés.
Pour cela, il faut revenir 10 ans en arrière avec un mode de jeu différent de celui qui est proposé cette année. En effet, « Les 24 Heures du Mans, la course virtuelle » étaient organisées en 2010 avec le concours de ManyPlayers, sur un projet de l’ACO et Michelin. Ce développeur est notamment connu pour les courses nautiques via la plateforme VirtualRegatta.

Le principe était de suivre la course en temps réel, le même week-end, avec des conditions météo qui étaient les mêmes que sur le circuit, des faits de course, des accidents, et la gestion des pneus et carburant. On se rapprochait plus d’un jeu pour se mettre dans la peau d’un stratège de course que d’un véritable pilote.


© « Les 24 Heures du Mans, la course virtuelle », ACO - Michelin

Ce sont quelques 8 000 pilotes qui ont pu se lancer dans l’aventure virtuelle des 24 Heures. 8 000, c’est bien plus de concurrents sur la piste que les 55 voitures que nous pouvions voir dans la Sarthe cette même année.
 

Les 24 Heures du Mans Virtuelles, formule 2020

En 2020, il ne sera pas question de gestion d’équipe et des faits de course pour le grand public, mais bien d’une véritable course d’endurance derrière son écran.

En utilisant le jeu rFactor 2, ce sont 50 voitures qui s’aligneront sur un même circuit et sur une même session. Toutes les voitures seront reliées par un serveur, en ligne donc. C’est le même principe que pour bon nombre de jeux actuellement, affronter des adversaires à distance.
Dans le cas précis, la courses durera bien 24 heures, dans les mêmes conditions qu’une véritable édition des 24 Heures du Mans sur le même circuit qu’on connaît bien. Cette première édition virtuelle sera même diffusée sur internet pour pouvoir la suivre en intégralité.
 

Les 24 Heures du Mans virtuelles dans les grandes lignes

Les 24 Heures du Mans sont certes reportées, mais il y aura de l’activité sur le circuit de la Sarthe sans nuisances pour les riverains. La course se déroulera virtuellement et sans rassemblement.
 

Modalités de l’épreuve

La course aura lieu sur les dates initialement retenues pour la 88e édition de la course. Le départ sera donné à 15h le samedi 13 juin pour se terminer à la même heure le dimanche 14 juin.

Avant le grand bain de la course, un programme digne de la grande semaine des 24 Heures a été concocté par l’ACO et la FIA qui co-organisent cette course. Des séances et courses test depuis le 24 mai dernier et des essais pour se familiariser au format, notamment pour les pilotes réel qui ne sont pas coutumiers du virtuel.

Mardi 9 juin : Essais Libres (10h – 22h)
Mercredi 10 juin : Essais Libres (10h – 22h)
Jeudi 11 juin : Essais Libres (10h – 22h)
Vendredi 12 juin :
- Essais Libres (10h-17h) ;
- Qualifications GT (18h15-18h30) ;
- Qualifications Protos (18h40-18h55).

Ces essais auront une configuration un peu différente ce qu’on a pu connaître pendant la semaine des 24 Heures puisque les qualifications dureront 15 minutes au lieu de trois séances de 2h chacune comme le connaît jusqu’à maintenant.

Pendant les périodes de roulages, on sera dans les mêmes configurations que pendant les séances d’essais des 24 Heures du Mans. Respect des limites de la piste, drapeaux, procédures de neutralisation…
Les équipes devront même gérer l’usure des pneus, la consommation d’essence et même la météo, tout comme pendant les véritables 24 Heures du Mans.
 

Engagés et pilotes

La liste des engagés a été publié la semaine dernière avec une répartition entre prototypes et GT : 30 prototypes et 20 GT seront sur la ligne de départ. On y trouve de véritables équipes qu’on voit habituellement sur les circuits, mais aussi des équipes 100 % virtuelles, qui ont fait du simracing leur cheval de bataille. Si le nom de Rébellion ou de Toyota sont familiers quand on suit la discpline, c’est moins le cas pour le Team Redline ou Veloce Esport. On trouve aussi des pilotes qui se cachent derrière certains équipes. C’est le cas pour Fernando Alonso ou encore Romain Grosjean. Si le premier, double vainqueur des 24 Heures du Mans, sera au départ de la course, ce ne sera pas le cas pour le second.


Fernando Alonso pilotera virtuellement une Oreca LMP2

Pour rappel, Fernando Alonso compte deux participations aux 24 Heures du Mans avec Toyota, et deux victoires au classement général. Romain Grosjean a participé une seule fois, c’était en 2010 sur une Ford sans pouvoir aller jusqu’au terme de la course.

Cette liste des engagés a fait des heureux et des malheureux, qui espéraient être retenus. Ce ne sont pas moins de 85 candidatures qui ont été déposées pour 50 équipes retenues. La majorité sont de équipes virtuelles ce qui n’est pas sans dérouter les fans d’endurance. Mais nos confrères spécialistes éclairent votre lanterne.
 

Règlements

Pour les besoins de la course, l’ACO a édité un règlement sportif complet et détaillé à l’attention des équipes engagées. À l’image des 24 Heures du Mans réelles, les modalités pour le déroulement de la course et des essais y sont détaillées.

On y remarque cependant l’ajout d’un chapitre concernant les particularités de la course en ligne, déconnexion, bug… Les problèmes techniques de connexion seront considérés comme des « faits de course ».Si déconnexion d’une équipe il y a, elle se verra infliger 5 min de pénalité, et la course se poursuivra.
Ce n’est qu’en cas de soucis techniques importants qu’on a une procédure détaillée d’arrêt de la course et de reprise une fois les problèmes réglés.
C’est ici la seule disposition particulière par rapport aux véritables 24 Heures du Mans, sinon, tout sera comme dans la réalité.
 

Piloter sur une console, c’est un sport qu’il s’est fait un nom : le simracing

Ils sont nombreux les jeux de simulation de course automobile à être sorti sur les consoles grand public.
Les dernières références s’appellent Gran Turismo, Forza Motorsport ou encore Assetto Corsa.
 

Le virtuel, pas une nouveauté

Cela fait depuis 1976 sur Atari que les 24 Heures du Mans sont accessibles au plus grand nombre grâce au virtuel. C’est un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.
De Atari à PlayStation, en passant par Sega ou DreamCast, les 24 Heures du Mans sont passées par de nombreuses consoles, que ce soit par le circuit ou au moyen des voitures qui disputaient ces course.

Désormais, on peut jouer aux 24 Heures du Mans sur un bon nombre de jeux et de consoles, dont notamment Gran Turismo (PlayStation), ForzaMotorsport (Xbox), Porject Cars (tous supports) ou encore rFactor (PC) qui sera utilisé comme plateforme pour cette course virtuelle.

Si vous voulez vous tester à l’endurance, ce sont aujourd’hui les jeux considérés comme des références dans le domaine.
 

Passer du virtuel au réel

Avec ces franchises mondiales, on a pu voir le développement de compétitions et même une filière de promotion pour arriver dans le sport automobile de haut niveau, dans le réel.

Grâce à la GT Academy, partenariat entre Nissan et le jeu vidéo Gran Turismo (PlayStation), plusieurs pilotes sont passés de leur salon devant la console au volant d’une véritable voiture de course. Ce fut notamment le cas de Lucas Ordonez (pilote espagnol), Jan Mardenborough (UK) ou encore du pilote français Jordan Tresson. Tous ces pilotes se sont vu confiés une place pour participer aux 24 Heures du Mans avec plus ou moins de réussite dans la classique mancelle.
 

Le Mans eSport Series

Aujourd’hui, de véritables championnats existent au niveau mondial. On a quasiment un parallèle entre une partie des grandes disciplines sportives qui ont leur pendant virtuel.

C’est notamment le cas de l’endurance avec le lancement du Le Mans eSport Series à l’automne 2018. Ce championnat regroupe de nombreux pilotes virtuels et s’affrontent dans un championnat sur simulateur et dans le monde entier.


© ACO - Le Mans Esport Series

Selon les résultats de ce championnat, les meilleurs pilotes s’affronteront pour une course sur le circuit des 24 Heures du Mans, pendant la semaine des 24 Heures dans l’enceinte du circuit des 24 Heures.

Avec la situation sanitaire, ce sont aujourd’hui ces deux mondes, autrefois en parallèle, qui se rencontre.

 

Cet article vous a plu ?
partager le lien ...

RCF vit grâce à vos dons

RCF est une radio associative et professionnelle.
Pour préserver la qualité de ses programmes et son indépendance, RCF compte sur la mobilisation  de tous ses auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

  • Ce don ne me coûte que 0.00 € après déduction fiscale

  • 80

    Ce don ne me coûte que 27.20 € après déduction fiscale

  • 100

    Ce don ne me coûte que 34.00 € après déduction fiscale

Faire un don