Les 100 premiers jours de Gabriel Doublet à Annemasse : "La guerre à la voiture, c'est terminé !"
Annemasse, deuxième ville de Haute-Savoie, a fait la bascule ! Après un demi-siècle dirigé par la gauche, le centre-droit l'emporte dès le premier tour. Gabriel Doublet, encarté chez Horizons, est désormais installé. Propreté urbaine, sécurité, économie, et climat politique, le nouveau maire de la cité frontalière dévoile ses premières mesures.
Le maire d'Annemasse Gabriel Doublet, élu le 15 mars dernier. ©RCF Savoie Mont-BlancCe texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur le player pour l'écouter en intégralité.
RCF : Gabriel Doublet, vous avez été élu maire d'Annemasse dès le 1er tour avec plus de 54% des voix. La gauche, et la continuité incarnée par Dominique Lachenal, a été battue. Est-ce à dire que l’ère Borrel/Dupessey est révolue ?
Gabriel Doublet : Les Annemassiens réclamaient le changement. Cette ville n'a pas connu d'alternance depuis mon année de naissance en 1977. Robert Borrel et Christian Dupessey étaient des maires respectables, mais les Annemassiens avaient une appétence pour qu'une équipe apporte un esprit différent.
Et pourtant vous héritez de tout ce que les Annemassiens exècrent. Les travaux, la saleté et l’insécurité. Vous n’avez pas de baguette magique, mais par exemple, pour rendre les rues plus propres, n’y a-t-il pas une mesure à prendre pour que les habitants d’Annemasse voient la différence ?
G.D : Avec une telle volonté de changement sur des sujets épidermiques, il faut absolument envoyer des signaux à la population le plus rapidement possible. On souhaite doubler la présence des policiers municipaux sur le terrain. Sur la question de la propreté urbaine, on souhaite organiser davantage de tournées d'agents municipaux. Au-delà de la pédagogie, de la prévention, il faut aussi passer par la répression. Il y a des expérimentations qui présentent de bons résultats dans d'autres villes, comme l'utilisation de la vidéo-surveillance dédiée aux dépôts sauvages par exemple. On sait où sont les endroits, à quel moment de la journée ou de la nuit, où il y a le plus d'incivilités. Il faut envoyer un message de fermeté.
L'idée n'est pas de devenir Big Brother, et de surveiller tout le monde.
Votre élection suscite de grandes attentes. Y compris chez les commerçants du centre-ville, excédés par les travaux du tram qui n’en finissent pas. Parmi vos élus, vous avez Sébastien Lesage, président de l’association des commerçants. Qu’allez-vous faire, vous et votre équipe, pour rendre le quotidien d’un commerçant d’Annemasse, et d’un potentiel client, plus supportable ?
G.D : Les travaux du tram vont se terminer en juillet, ainsi que les travaux de piétonnisation. Le plus dur est passé. On a embelli la ville et l'agglomération. Maintenant, ça ne suffit pas. On doit travailler aux côtés des commerçants. On a pas mal de types de commerces qui sont toujours les mêmes. On veut mener une politique volontariste d'acquisition de locaux, de préemption, pour placer à l'intérieur des porteurs de projets qui amèneront de la diversité. On veut renouer avec le passé commercial d'Annemasse.
On va mettre en place une heure de stationnement gratuite. Et on va revoir le plan de circulation. On n'est pas dans la guerre à la voiture, comme cela a été le cas auparavant.
Les élus de la majorité sont trente à composer le conseil municipal. Seulement 5 adjoints. Une équipe resserrée, est-ce la méthode Doublet ?
G.D : Ca n'est que la première étape de la méthode Doublet. Mes 5 adjoints constituent le noyau dur de la campagne des municipales entamée il y a un an. Je vais aussi créer 24 postes de super-conseillers délégués, d'adjoints bis, pour permettre à tous mes colistiers de participer à la politique de la Ville.
Sur les propos du cardinal Jean-Marc Aveline, à l'Assemblée Plénière des Evêques à Lourdes, le 24 mars 2026, qui regrette "la violence croissante dans laquelle semble irrésistiblement devoir sombrer, année après année, le débat public".
G.D : Il y a une agressivité qui monte, une perte de repères. En tant qu'élu, il faut avoir ce souci permanent du lien avec nos concitoyens. J'ai le sentiment que le vivre-ensemble n'existe plus vraiment. Je crois beaucoup au dialogue inter-religieux, qui résonne à Annemasse, qui est une ville cosmopolite. Ca fonctionne ! Cette petite flamme ne demande qu'à être ravivée. Et on en aura bien besoin dans ces temps promis aux extrêmes.


Chaque jour de la semaine à 8h08 et à 12h10, la rédaction de RCF Savoie Mont-Blanc approfondit un sujet d'actualité locale ou s'intéresse à un événement en donnant la parole à un acteur du territoire.


