Léon XIV à Paris : un reliquaire "monumental" pour la Sainte Tunique
C’est un déplacement exceptionnel. La Sainte Tunique, qui serait le dernier habit du Christ avant sa crucifixion, va quitter la basilique d’Argenteuil pour le Stade de France. Elle sera exposée à la vénération des 80.000 jeunes, et du pape Léon XIV, dans un reliquaire monumental créé pour l’occasion. Pauline de Torsiac a pu interviewer Gabriel Hostachy, l’ébéniste parisien qui a eu deux mois pour réaliser la commande.
Conservée depuis plus de 1.200 ans à Argenteuil, dans le Val-d’Oise, la Sainte Tunique sera exposée au Stade de France. ©Hans LucasVoir des milliers de pèlerins rassemblés à l’occasion d’une ostension de reliques, c’est chose courante dans la tradition catholique. Mais quelque chose d’inédit se prépare pour le vendredi 25 septembre, à Paris. 80.000 jeunes seront en prière au Stade de France, avec le pape et devant la Sainte Tunique d’Argenteuil. Un reliquaire monumental a été commandé spécialement à l’ébéniste Gabriel Hostachy. Catholique pratiquant, il a conscience de réaliser quelque chose d’exceptionnel.
Que représente la Sainte Tunique d'Argenteuil pour les catholiques ?
La tradition dit que la Sainte Tunique est le dernier vêtement qu’a porté Jésus avant sa crucifixion. Un habit que l’on décrit comme "inconsutile", c'est-à-dire sans couture, dont il est question dans le Nouveau Testament. D'après l’évangéliste Jean, les soldats romains ont pris garde de ne pas déchirer.
« Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : "Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C’est bien ce que firent les soldats." » (Jn 19, 23-24)
Un nouvel écrin "monumental" pour la précieuse relique
Conservée depuis plus de 1.200 ans à Argenteuil, dans le Val-d’Oise, la Sainte Tunique ne se déplace pas si facilement ! Le grand reliquaire de la basilique Saint-Denis ne pouvait être transporté. Un nouvel écrin est en cours de réalisation.
À quoi va ressembler le nouveau reliquaire ? À "une grande vitrine", décrit Gabriel Hostachy, dont "les matériaux principaux seront du chêne et du tilleul". "Ce sera assez monumental puisque cela fera quatre mètres de haut par deux mètres de large au niveau de sa base." Depuis le début du mois d’août, l’ébéniste parisien ne travaille plus que pour ce projet hors du commun.
Type de verre, protection des intempéries, contraintes de poids à ne pas dépasser… C’est un cahier des charges précis qui a été confié à l’ébéniste, qui n’a pourtant pas pour habitude de réaliser des objets liturgiques. Contacté début août, il avait deux mois pour réaliser le reliquaire. Gabriel Hostachy a tout de même pris vingt-quatre heures de réflexion avant d’accepter cette mission.
Catholique pratiquant, Gabriel Hostachy ne cache pas son émotion. "Ce n'est pas rien, c'est impressionnant de travailler sur un objet pareil !" Même s’il ajoute : "Le plus important ce n’est pas mon travail, c’est ce qu’il y aura dedans." Reste que Gabriel Hostachy se réjouit de contribuer à sa façon au voyage du pape en France, "cela impressionne !" dit-il.


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