Léon XIV à Lampedusa : le soutien au migrant face au durcissement de la législation européenne
Le pape Léon XIV s’est rendu samedi 4 juillet à Lampedusa, point d’entrée des migrants vers l’Europe. Cette visite intervient quelques semaines après le durcissement de la législation européenne sur l’immigration.
Le pape Léon XIV lors de sa visite en Espagne © Vatican News1 330 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée en 2025, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Lampedusa, île italienne aux allures de carte postale, est devenue le symbole du drame des migrants qui tentent de rejoindre l'Europe au péril de leur vie.
Le pape François avait choisi cette petite île, au large des côtes tunisiennes et maltaises, pour son premier déplacement apostolique en 2013. En s'y rendant à son tour, Léon XIV s'inscrit dans la continuité de son prédécesseur. Sa visite à Lampedusa était d’autant plus attendue qu'elle intervient un mois après l'entrée en vigueur du nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile, qui durcit la politique migratoire de l'Union européenne.
Le cimetière de l’Europe
Léon XIV a débuté sa visite dans un cimetière où reposent des migrants morts en mer. Il s’est ensuite recueilli devant la « Porte de l’Europe », un monument érigé en mémoire des personnes décédées en traversant la Méditerranée.
Après les Îles Canaries en juin, puis Lampedusa un mois plus tard, le pape fait de la défense des migrants l’un des axes majeurs de son pontificat, dans la lignée de François. Léon XIV a d’ailleurs béni une plaque commémorative en hommage à son prédécesseur.
Lors de son passage à Lampedusa, il a dénoncé l’indifférence face aux drames migratoires qui se multiplient en Méditerranée. Il a plaidé pour une « civilisation de l’amour » et condamné fermement l’action des trafiquants et des passeurs « dépouillant [les migrants] de tout, les rouant de coups jusqu’au sang, puis s’en allant en les laissant à demi morts ».
Une législation européenne plus dure
La visite de Léon XIV trouve un écho particulier, un mois après l’entrée en vigueur du nouveau Pacte sur la migration et l'asile. Celui-ci prévoit notamment de renforcer le contrôle aux frontières de l’Union européenne.
Après de vifs débats, un règlement sur le retour des migrants déboutés du droit d'asile a également été adopté le 17 juin. Il autorise la création de « hubs de retour » dans des pays tiers. Cette mesure est dénoncée par la gauche et plusieurs associations humanitaires, qui estiment que les droits fondamentaux risquent de ne pas y être respectés.
Eddy Casterman, député Identité-Libertés de l'Aisne, se dit pour sa part favorable à la création de ces hubs. Il estime que l'Europe doit travailler avec les pays d'Afrique pour « prévenir cette souffrance humaine ». Le pape Léon XIV a, de son côté, rappelé à Lampedusa que le Vieux Continent est « capable d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer les migrants tout en œuvrant pour le développement, afin que personne ne soit contraint d’émigrer ».
