Au Sud-Liban, le village de Yaroun dans le viseur de l’armée israélienne
Au Sud-Liban, la destruction d'un couvent et d'une école à Yaroun suscite l'indignation. Dans un contexte de guerre persistante, les populations civiles se retrouvent une nouvelle fois en première ligne. Vincent Gelot, directeur de l'Œuvre d'Orient au Liban et en Syrie, revient sur ces événements et alerte sur leurs conséquences.
Image d'illustration - drapeau libanais © Pixabay Un site religieux pris pour cible
La population de ce village chiite, où vit une minorité chrétienne, est révoltée. Vendredi dernier, une pelleteuse a détruit une grande bâtisse. Celle-ci abrite le couvent et l’école des sœurs salvatoriennes, un ordre greco-catholique implanté à Yaroun.
Vincent Gelot, président de L’Œuvre d’Orient, a aussitôt dénoncé un acte volontaire de destruction d'un lieu de culte et la destruction systématique des habitations du Sud-Liban. "Nous avons, à l'Œuvre d'Orient, publié un communiqué pour dénoncer cet acte de destruction d'un site religieux au sud du Liban et également la destruction des habitations pour empêcher le retour des populations civiles sur place."
Une confusion entretenue par les images
Après les images de la pelleteuse détruisant la bâtisse, des images et informations contradictoires ont été diffusées tout au long du week-end semant la confusion.
Vincent Gelot souligne qu'on ne sait pas jusqu'où, ni à quel niveau il y a eu des destructions, mais que la diffusion des vidéos sur les réseaux sociaux a permis l'arrêt. "D'après ce que nous dit Charles Naddaf, le prêtre grec catholique de Yaroun, la diffusion sur les réseaux sociaux des vidéos a fait que les Israéliens ont arrêté les destructions."
Des destructions qui se répètent
Le village de Yaroun fait l’objet de destructions régulières et méthodiques par l’armée israélienne depuis octobre 2023. L’église melkite Saint-Georges a notamment été « bombardée à trois reprises ». Une statue de Saint-Georges terrassant le dragon a également été détruite par un char israélien.
Vincent Gelot tire la sonnette d’alarme car ce sont les populations qui font les frais de cette guerre. "Les gens n'en peuvent plus, c'est une population qui est au bord de la rupture, qui est épuisée. Et je tiens à rappeler que ces villages remontent au temps du Christ, c'est donc une terre sainte, et il est inacceptable de laisser les populations mourir ou être contraintes à un exode forcé."
Le Conseil des évêques grecos-catholiques appelle à l’arrêt immédiat des opérations de nivellement à Yaroun. Les églises, les écoles et les maisons ne sont pas de simples pierres alertent ils.


Toute l'année, la rédaction nationale de RCF vous tient informés de l'actualité de l'Église et des mouvements chrétiens.




