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Le vélo à Angers : peut mieux faire
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Le vélo à Angers : peut mieux faire

Un article rédigé par Bernadette Humeau - RCF Anjou, le 17 février 2022  -  Modifié le 17 février 2022
Maison commune Le vélo à Angers : peut mieux faire

Du 10 au 13 février a eu lieu à Tours le congrès de la fédération des usagers de la bicyclette, qui a présenté le palmarès des villes cyclables et où l’on voit qu’Angers dégringole de la seconde à la 9 ème place du classement dans sa catégorie.

© Bernadette Humeau © Bernadette Humeau

Ce palmarès est un baromètre qui recueille le ressenti des usagers du vélo sur la qualité cyclable de leur ville. Pour Angers, c’est effectivement net, 80 % des 1193 répondants ont indiqué que la situation pour les vélos n’avait pas ou peu progressé. 

Au moins 3 raisons à ce fort recul

Quand une rue est refaite, la loi oblige à l’intégration des cyclistes. Cela peut être bien fait ou mal fait. Tout simplement, à cela s’ajoute au moins 3 raisons. 

1. le chantier du tramway qui s’éternise en prend pas en compte les cyclistes qui se trouvent dans des situations de vulnérabilité.

2. le confinement n’a pas vu éclore de « coronapiste » comme ailleurs 3. le plan vélo malgré les trompettes de communication qui l' accompagnent est clairement insuffisant : avec un investissement de seulement 2,9 millions d’euros pour 2022, c’est moins de 10 € par habitant et par an alors que l’on sait : il faut 28€ à 30€ par an et par habitant chaque année pour une politique cyclable. 

Et 30 € par an et par habitant, c’est ce que mettent toujours les villes des pays du Nord comme les Pays Bas ou le Danemark, qui sont des modèles sur le sujet, et cela depuis 20, 30, 40 ans ! 

A Angers un plan urgence voirie trompeur

A Angers, le plan "urgence voirie » de 2014 a été trompeur car il incluait pas vraiment le vélo : pas ou peu de pistes cyclables, c’est à dire des voies nettement séparées du trafic automobile, que plébiscite les nouveaux cyclistes. Aujourd’hui les nouveaux élus, Corinne Bouchoux, Helene Cruypeninck, Patrick Gannon, en charge du sujet qui sont pourtant cyclistes, ils ont échoué à convaincre leurs pairs et en l’occurence le président de l’agglomération, pour obtenir un budget honorable.

Angers avait pris de l’avance avec le chantier du tramway (2008-2011) et une volonté politique

Sur le mandat municipal de 2008, le tramway avait boosté la mise en place de premiers axes structurants pour le vélo : les bandes cyclables rouges le long du tramway, et des pistes de Copenhague, des pistes cyclables et des bandes sur un maximum de rues, 170 km, avec des financements pêchés auprès du ministère de l’écologie et son ministre Jean-Louis Borloo, en complément de la subvention de la ligne de tramway. 

Une progression trop lente par rapport aux besoins

… mais comme l'évalue l’association des usagers du vélo à Angers, Place au Vélo (PAV), la note, moyenne, d’Angers ne bouge pas depuis que le classement existe, cela atteste qu’Angers ne progresse pas alors que d’autres villes comme le Havre ou Rennes par exemple ont pris la question vraiment au sérieux.

PAV se dit déçu des « premiers aménagements livrés à Belle-Beille, qui masque les derniers aménagements qualitatifs »,  réalisés sur les boulevards Albert Blanchoin et Millot.

Typique du retard intellectuel des concepteurs sur la pratique du vélo, le mail des présidents 

Le mail des présidents, c’est une piste bidirectionnelle, une voie verte, qui part de l’Ice park, longe la zone industrielle Saint Serge et emprunte le pont de Segré jusqu’à Montreuil Juigné. Cette voie verte, axe pour la pratique du vélo loisir, est devenue un axe de déplacement quotidien et nécessitait plutôt que des revêtements disparates et surtout une bonne part de sable stabilisé qu’il faudra refaire rapidement, un même revêtement d’enrobé sur tout le trajet, et sans barrières, et des priorités vélo aux intersections.  

En conclusion, le vélo est un vrai enjeu de transition écologique, Angers ne l’a pas encore compris

Le vélo est un vrai enjeu de transition écologique qu’il faut prendre au sérieux.

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