Spirale de violence en Iran: Que peut faire la diplomatie du Vatican?
Au sixième jour de guerre contre l’Iran, le numéro deux du Saint-Siège ne cache pas ses inquiétudes face à la spirale de la violence dans ce conflit. Dans une interview à Vatican News, le cardinal Pietro Parolin dénonce le concept de « guerre préventive » utilisé par les États-Unis contre l’Iran. Le numéro deux du Vatican estime qu’il risque d'« embraser le monde entier » et y voit une « dégradation du droit international ». Le décryptage de Jean-Baptiste Noé, historien, rédacteur en chef de la revue Conflits, spécialiste du Vatican.
Léon XIV lors de l'audience générale le 04 mars 2026 Crédit photo Vatican média« L'année dernière, plusieurs théologiens s'étaient élevés contre ce concept en disant que la guerre ne peut être utilisée qu'en cas de réponse à une attaque ou bien en cas de guerre imminente », rappelle le rédacteur en chef de la revue Conflits. Dans le cas de l’Iran, les théologiens considèrent que ces deux facteurs n’entrent pas en compte. Ainsi, la guerre est d’une certaine manière illégitime, affirme Jean-Baptiste Noé.
En effet, dans la vision classique de la pensée théologie catholique, la guerre a pour objectif de rétablir la justice. Ainsi, l’usage de la guerre dans un cadre qui n'est pas juste nuit à la justice elle-même. « Le cardinal dans son entretien insiste sur la nécessité de rétablir la justice », souligne l’historien.
Ne pas prendre « parti »
Dans son encyclique Pacem in Terris, Jean XXIII appuyait le fait que l’Église était experte en humanité. Le Saint-Siège n’est pas là pour prendre position en faveur d’un pays ou d’un autre, mais il défend l’intérêt général. Pour Jean-Baptiste Noé, le Saint Siège met en avant son rôle de médiateur dans cette nouvelle crise, implorant notamment la diplomatie ainsi que la responsabilité morale.
La diplomatie : un outil de paix
Si les mots font moins de bruit que les bombes, les relations diplomatiques entre Rome et Téhéran existent malgré tout. Par exemple, « en 2007, la diplomatie du Saint-Siège est intervenue pour la libération de 15 soldats anglais qui avaient été capturés dans le Golfe », affirme le spécialiste du Vatican. Aussi, en 2021, le pape François s’était rendu en Irak. À cette occasion « il rencontre l'ayatollah Ali al-Sistani qui est la référence pour les musulmans chiites », souligne-t-il.
Le pape s’est exprimé devant les journalistes le 3 mars au soir après sa journée de repos à Castel Gandolfo. Alors que le Moyen-Orient s'embrase à nouveau sous les bombes avec la guerre américaine-israélienne contre l'Iran, L'Œuvre d'Orient a organisé mardi soir à la paroisse Notre-Dame du Travail, dans le 14e arrondissement de Paris, une veillée de prière pour la paix et les chrétiens de la région.


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