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Le terrier du Beauvallon : un habitat groupé prend racine à Wépion

Le terrier du Beauvallon : un habitat groupé prend racine à Wépion

Un article rédigé par Théo Leunens - RCF Namur, le 11 juin 2026 - Modifié le 11 juin 2026
Vert Demain"Le terrier du beauvallon", un projet d'habitat groupé à Wépion

Dans une ancienne ferme carrée nichée dans un écrin de verdure à Wépion, un projet d'habitat groupé cherche actuellement à constituer son groupe d'habitants. Grégoire Delneville, l'un des quatre porteurs du projet baptisé "Le terrier du Beauvallon", revient sur sa genèse et ses ambitions.

©le terrier du Beauvallon©le terrier du Beauvallon

Difficile de donner une définition unique de l'habitat groupé. "De manière générale, c'est une série de personnes qui souhaitent vivre ensemble pour porter des projets, pour toute une sorte de raison, pour réduire leur empreinte écologique", explique Grégoire Delneville. Certains habitats groupés fonctionnent en quasi-communauté, d'autres préservent davantage l'indépendance de chacun avec, simplement, quelques projets communs. "C'est très variable, mais c'est une envie de vivre ensemble et autrement."

Le terrier du Beauvallon est né d'une bande d'amis de Louvain-la-Neuve qui voulait explorer cette piste. Au fil du temps, certains sont partis, d'autres sont arrivés. Aujourd'hui, le projet est porté par quatre personnes, réparties en deux foyers : Grégoire Delneville et son épouse, ainsi que sa soeur et son compagnon. "On s'est rencontrés très facilement", sourit-il, la dimension familiale ayant naturellement facilité les choses.

Concrétiser une telle envie suppose d'abord de trouver le bon lieu. Le groupe a multiplié les visites d'habitats groupés existants pour affiner ses goûts, avant de se lancer dans la recherche d'un bien via les agences immobilières. La taille du lieu était un critère essentiel. "On cherchait un lieu qui soit de taille idéale, parce que trop grand, on n'a pas envie de se perdre dans le projet, il faut que ça reste à taille humaine. Trop petit, ça n'a pas beaucoup d'intérêt."

Le choix s'est porté sur le château ferme du Beauvallon, à Wépion. À l'origine une ferme carrée, le site a perdu une de ses ailes au fil du temps, mais conserve trois bâtiments autour d'une cour pavée : une grande grange, un corps de logis et une petite étable. "Ce lieu, on cherchait depuis quelque temps. On était allé voir des fermes où on pouvait mettre 30 foyers sans problème. Dans notre idéal, c'est démesuré." À Wépion, huit foyers pourront s'installer, une taille jugée idéale pour permettre un fonctionnement basé sur l'intelligence collective. Le charme du lieu a achevé de convaincre les porteurs du projet. "Il y a les murs qui sont peints en chaud, un peu rosé, c'est très joli, il y a des oiseaux qui chantent, on a vraiment été charmé par le lieu." À cela s'ajoute une localisation pratique : le site se trouve à environ 25-30 minutes de Namur, soit une demi-heure à vélo, une vingtaine de minutes en voiture, avec des bus réguliers à proximité.

Une option signée, et déjà des avancées concrètes

L'option sur le bien a été signée en décembre 2025, pour une durée de 10 mois. Concrètement, cela signifie que le groupe peut décider d'acheter le bien à tout moment durant cette période, moyennant une garantie versée en amont, qui serait perdue en cas de non-achat.

Depuis la signature, plusieurs étapes ont déjà été franchies. Un important travail urbanistique a permis de définir la division des lots, d'estimer le coût des travaux et de l'achat, et de déposer une demande de permis. "On espère l'avoir avant la fin de l'option", précise Grégoire Delneville.

La répartition des espaces s'est faite en croisant plusieurs contraintes : les exigences urbanistiques de la ville de Namur, les envies des porteurs de projet, et la volonté de proposer des lots de tailles variées. Le corps de logis, divisé en deux ailes, s'est prêté facilement à cette répartition. La grange, plus ouverte, a offert davantage de liberté dans la conception.

Des espaces communs pensés pour la rencontre et la biodiversité

Au-delà des logements privés, le projet prévoit plusieurs espaces partagés. La petite étable sera entièrement dédiée aux usages communs : une salle de rencontre pour permettre aux habitants de se croiser et de passer du temps ensemble, mais aussi un local technique avec la chaufferie. À l'étage, plusieurs pistes sont envisagées : un espace de coworking, une cuisine collective, ou encore une salle polyvalente pour des événements. "On a beaucoup d'idées. Il faudra voir ce qui est possible."

Le jardin commun fait également l'objet de nombreux projets : un potager partagé, des poules, peut-être des moutons, et un verger. Une attention particulière sera portée à la biodiversité, avec la volonté de préserver certaines friches et zones de ronciers déjà présentes sur le terrain. Une mare destinée à retenir les eaux pourra aussi être végétalisée selon les souhaits du futur groupe. "Tout est à imaginer"

Le projet repose sur plusieurs valeurs assumées. La gouvernance partagée et la communication non-violente doivent permettre un fonctionnement bienveillant, où chacun peut s'exprimer et participer aux décisions. L'accueil occupe également une place centrale : un logement sera mis à disposition de l'Agence Immobilière Sociale de Namur pendant 15 ans, destiné à des personnes moins aisées.

Un appel à candidatures ouvert

Le projet en est désormais à l'étape de constitution du groupe d'habitants. Les lots disponibles vont d'une à quatre chambres, de quoi convenir à des profils variés. La seule condition, au-delà des moyens financiers nécessaires, est d'adhérer aux valeurs portées par le projet. "On est ouvert à toute possibilité. Bienvenue."

@Pixabay geralt
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Vert Demain
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