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Le secteur du bâtiment au « bout du bout »

Le secteur du bâtiment au « bout du bout »

Un article rédigé par Cassandre RABRET-DESJOBERT - RCF en Bourgogne, le 13 février 2026 - Modifié le 13 février 2026
Le Magazine - avec les invités de la rédactionBâtiment en crise : les espoirs du secteur à la veille des municipales 2026

Le secteur du bâtiment traverse une tempête sans précédent. Stéphane Gazelle, président de la fédération française du Bâtiment, FFB, de Bourgogne-Franche-Comté, dresse un constat sans concession d'une filière qui représente pourtant 8 % du PIB régional et emploie 55 000 salariés à travers 1 700 entreprises adhérentes.

®IA Christophe LAPOSTOLLE®IA Christophe LAPOSTOLLE

Une crise durable et profonde

Après quatre années de turbulences marquées par l'après-COVID, l'inflation et la hausse des taux d'intérêt, le secteur a atteint « le bout du bout ». Les chiffres sont alarmants : alors qu'il faudrait construire 400 000 logements par an en France, le pays peine à en produire 260 000. Le segment du pavillon individuel s'est effondré de 70 % en deux ans, entraînant une perte de 60 000 emplois au niveau national. Même la rénovation, autrefois moteur, marque le pas, freinée par l'instabilité du dispositif  MaPrimeRénov’.

 alors qu'il faudrait construire 400 000 logements par an en France, le pays peine à en produire 260 000

« On est revenu au niveau d’après-guerre »

Au-delà de l'aspect économique, c'est une véritable crise sociale qui se noue. Stéphane Gazelle rappelle l'absurdité de la situation : « On a besoin de loger les gens en France », mais l'offre est inexistante. Le blocage est tel qu'un appartement libéré peut générer 125 dépôts de dossiers en 24 heures. Cette pénurie empêche même le recrutement, faute de pouvoir loger les alternants ou les nouveaux salariés. 

Municipales 2026 : un levier pour la relance

À l'approche des élections municipales, la FFB porte 30 propositions destinées aux futurs maires, avec un slogan clair : « Maires sans grues, maires battus ». Stéphane Gazelle insiste sur le rôle crucial des communes :

-Libérer du foncier pour permettre de nouveaux projets.

-Accélérer la délivrance des permis de construire et simplifier les 12 000 normes qui régissent le secteur.

-Respecter les délais de paiement, qui s'allongent dangereusement au-delà des 30 jours réglementaires dans les marchés publics.

L'espoir repose désormais sur une application rapide des nouveaux dispositifs fiscaux

Malgré ce tableau sombre, Stéphane Gazelle souligne que le dialogue en Bourgogne-Franche-Comté reste « exemplaire », même dans les petites communes. Le secteur continue également d'investir pour attirer les jeunes, grâce à une amélioration constante des grilles salariales et des conditions de travail. L'espoir repose désormais sur une application rapide des nouveaux dispositifs fiscaux pour relancer l'investissement privé et social dont les effets se feraient ressentir d’ici 12 à 18 mois.

 

 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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