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Le Puy-en-Velay : un projet XXL pour le Rocher Corneille

Le Puy-en-Velay : un projet XXL pour le Rocher Corneille

Un article rédigé par Martin Obadia - RCF Haute-Loire, le 15 juillet 2026 - Modifié le 15 juillet 2026

Le Rocher Corneille du Puy-en-Velay va connaître une cure de jouvence. Des travaux vont être lancés en novembre prochain pour repenser totalement le parcours jusqu’à la Statue Notre-Dame-de-France. Ils vont durer 18 mois. L’accès à la Vierge sera impossible jusqu’en mai 2028.

 

Les travaux débutent en novembre 2026 et vont durer 18 mois ©Martin ObadiaLes travaux débutent en novembre 2026 et vont durer 18 mois ©Martin Obadia

Elle domine la ville et sa cathédrale depuis 1860, la Vierge du Puy-en-Velay aura bientôt un nouvel écrin. Des travaux vont être entrepris sur le Rocher Corneille à partir de novembre 2026 et jusqu’en mai 2028 pour répondre à plusieurs enjeux et notamment sécuriser les lieux, faciliter la visite, et « révéler le paysage » qui façonne le bassin du Puy-en-Velay selon la municipalité.
 


Un projet avait déjà été présenté en 2023 mais l’appel d’offre pour attribuer les marchés avait été infructueux. S’était aussi posée la question du financement, 2,5 millions d’euros à l’époque. Les élus le reconnaissent, ils ont hésité à l’abandonner purement et simplement. Pour finir, il a été remis sur le métier. Le projet est désormais chiffré à plus de 3 millions d’euros. La région Auvergne-Rhône-Alpes augmente sa contribution. Elle passe de 850 000 € à 1,5 million d’euros. « Ça aurait été un crève-cœur de l’arrêter » selon Laurent Wauquiez, conseiller spécial à la région. Désormais « on est en mesure de le faire » assure Michel Chapuis, le maire du Puy-en-Velay. 

 
Moderniser et conserver le charme


Si la statue a été totalement restaurée en 2012, le Rocher Corneille, lui n’a pas fait l’objet d’une rénovation d’ampleur. Pour Michel Chapuis, le maire du Puy-en-Velay, « il y a une vraie nécessité car comme tout, ça subit l’usure du temps. Le site a vieilli, il y a des reprises qui ont été faites dans tous les sens. Ça fait partie d’un des points forts de la vie touristique mais aussi spirituelle de la ville ». Le site a vu sa fréquentation augmenter de 12% en 4 ans. En 2025, il a accueilli 111 500 visiteurs. « Cette statue est notre bijou, il faut la remettre dans un écrin digne d’elle » selon Laurent Wauquiez. 



Pour cette rénovation, il a fallu trouver un équilibre entre renouveau et respect de l’histoire du lieu ainsi que de sa dimension spirituelle. Pour Michel Chapuis, « il faut à la fois conserver le côté un peu désuet du site qui est très intéressant et qui est une élévation à la fois physique mais aussi spirituelle pour certains mais le moderniser » et d’ajouter, « il faut en faire un parcours touristique un peu plus intéressant mais tout en conservant son aspect cultuel ». Message reçu par la maitrise d’œuvre qui a choisi une « façon sobre d’intervenir » explique Victor Miramand, paysagiste. Le projet a été pensé pour « transmettre au visiteur une expérience graduée pour sortir de la ville » raconte le représentant du groupement de maitrise d’œuvre.


Du changement, de l’entrée au sommet 


Le chantier d’une durée de 18 mois vise à modifier l’ensemble du parcours de visite. Une modification qui commence dès l’entrée avec la suppression de la billetterie actuelle. Elle sera intégrée à l’espace boutique qui sera mieux mise en valeur. Le sommet du grand escalier sera dégagé « pour fluidifier les entrées et sorties ». Une terrasse de 26m² avec une ombrière sera créée pour « mieux profiter du panorama ». Dans la poursuite du cheminement, le visiteur traversera un sas d’interprétation avec des textes courts et des pictogrammes sur un mobilier et des équipements d’interprétation « en lames de totem, en accès libre, pour une médiation discrète mais de qualité ». Une scénographie 3D sera notamment proposée.



Ce projet vise aussi à reprendre les sols, les marches, les paliers, les garde-corps, les parapets et les escaliers. Tout au long de l’ascension, l’ambition est de proposer « une scénographie sobre » avec aussi l’aménagement d’espaces de pause. 


Le végétal et la transparence au service de la contemplation


Parmi les points clés de ce projet, il y a l’implantation d’un bosquet blanc. « C’est un jardin qui va proposer une floraison tout au long de l’année. On va pouvoir apprécier une succession de floraisons blanches » explique Victor Miramand. Cette blancheur sera présente soit sur les massifs de vivaces, soit sur les arbustes, soit sur les arbres. L’idée est d’apporter un « éclairage »  365 jours par an. 



Le sommet du Rocher va lui aussi faire l’objet de quelques nouveautés. Les canons de la Guerre de Crimée seront mieux mis en valeur. La plateforme sommitale sera elle « dépouillée » avec des garde-corps en verre qui vont s’effacer. L’objectif est de « mettre en avant l’expérience belvédère magistrale » avec le panorama jusqu’au Devès, au Mézenc, « ne plus avoir de limite » pour les yeux selon Victor Miramand. Le parcours se terminera par un « saut de loup », une « sorte de plateforme qui vient en surbaissement, qui s’efface et qui va donner l’impression au visiteur de se trouver dans le vide face à la ville ». Le sol n’est pas en verre, seules les barrières le seront. 
 

Outre l’aide de la région, le projet bénéficie d’une aide de l’État à hauteur de 950 000 €. La ville apporte 20% du budget selon Michel Chapuis. Un accompagnement avec la Fondation du patrimoine est aussi prévu. 
 

 

Les élus aux pieds de la statue de La Vierge ©Martin ObadiaLes élus aux pieds de la statue de La Vierge ©Martin Obadia
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