Le premier ferry électrique à voile de France lance sa saison en Bretagne
C'est une première en France. Un voilier électrique 100% fabriqué dans le Morbihan fait la liaison entre Port-Navalo et Locmariaquer en Bretagne.
Le Pass'Avel relie Port-Navalo à Locmariaquer, dans le Morbihan. © Henri Moreau par Wikimedia CommonsC'est un navire 100% décarbonné qui vogue entre Port-Navalo et Locmariaquer, dans le Morbihan. Il vient de lancer sa saison estivale. Le Pass'Avel est le premier ferry de France à être un voilier avec un moteur d'appoint électrique. « C'est d'une douceur assez bluffante, s'émerveille Jérôme Morverand, marin, armateur et cofondateur du Passeur des Îles, qui a conçu le voilier. Nous comme nos passagers, on apprécie surtout le silence. »
Tout comme, probablement, la faune marine libérée entre autres de nuisances sonores. La flore aussi, car le Pass'Avel ne se veut pas écologique qu'à moitié. L'entièreté du navire se veut « made in Morbihan ». Ses constructeurs, qui ont participé au bricolage, ont été jusqu'auboutistes au point de se faire livrer par voilier le seul produit qui ne vient pas du circuit court. « C'est une anecdote amusante, se souvient Jérôme Morverand. On avait besoin d'une peinture antifoiling vraiment écologique assez lisse, pour que les coquillages ne puissent pas se fixer sur la coque. C'est un fabricant américain. Et on a profité des collègues du Grain de Sail 2 qui faisaient escale à New York et nous ont ramené la peinture à Saint-Malo. »
Des difficultés administratives
Et c'est un début de saison très réussi en ce début de mois de juillet 2026 : « On est gâtés !, s'exclame Jérôme Morverand. Pour un début de saison, on a pas mal de vent. On exploite bien le potentiel du bateau. » De quoi donner l'espoir de vite rentabiliser l'investissement d'un peu plus d'un million d'euros. L'équipage compte non seulement sur la saison estivale mais aussi sur les privatisations hors saison, et même les réceptions en hiver.
Tout n'a pourtant pas été un long fleuve tranquille pour le Pass'Avel. Jérôme Morverand raconte les difficultés administratives auxquelles le Passeur des Îles a dû faire face pour mettre le navire à l'eau : « La naissance d'un bateau est toujours compliquée, puisqu'on est soumis à des normes qui sont quand même très contraignantes. D'autant plus avec un bateau comme ça qui ne rentre pas tout à fait dans les cases. C'est vrai qu'il a fallu négocier pas mal sur certains points avec les Affaires maritimes, notre autorité de tutelle pour la navigation, puisque c'était vraiment tout nouveau. »
Avec ce succès, le Pass'Avel pourrait-il servir de pionnier et voir son concept se généraliser à tous les autres ferries comparables de France ? « Malheureusement, non, tempère le co-fondateur de le Passeur des Îles. On sait déjà qu'on ne pourrait pas le transposer sur certaines lignes où il n'y a pas assez de vent dans la bonne direction. » Le moteur électrique a encore ses limites.


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