Le père Frédéric Trautmann est le nouveau vicaire général de Strasbourg
L'archevêque de Strasbourg a nommé un nouveau vicaire général pour l'aider à gouverner l'Eglise catholique en Alsace à partir du 1er septembre 2026. Cet universitaire spécialisé dans les questions morales et éthiques prend la suite du père Jean-Luc Liénard.
Frédéric Trautmann / DRLe 15 juin dernier, le Bulletin officiel publiait l'accord donné par le Premier ministre concernant la nomination d'un nouveau vicaire général dans le diocèse de Strasbourg, diocèse soumis au Concordat.
L'archevêque, Mgr Pascal Delannoy a demandé au père Frédéric Trautmann de devenir son bras droit pour la gestion et le gouvernement de l'Eglise catholique en Alsace. Ce dernier dit être "rempli de confiance devant ce service à rendre."
Un seul vicaire général pour le diocèse de Strasbourg
La tâche s'avère pourtant loin d'être un long fleuve tranquille alors que la curie dont il aura la charge compte 311 prêtres et plus de 250 laïcs en mission répartis dans les paroisses et services diocésains. Depuis de nombreuses années, l'archevêque de Strasbourg était d'ailleurs secondé par deux deux vicaires généraux.
Si le père Jean-Luc Liénard rend son tablier après avoir assumé cette charge pendant 10 ans, le père Marc Schmitt la quitte un an seulement après sa nomination qui s'était faite dans l'idée d'un trio l'été dernier avant la démission du chanoine Hubert Schmitt.
Un choix différent a été fait cette année : le père Frédéric Trautmann exercera seul sa charge dont le contour de la mission reste encore à préciser. "L'articulation concrète sera encore à définir avec l'archevêque, le conseil épiscopal et les responsables des différents services diocésains, explique-t-il. C'est sûr que quand on est un nombre différent, on doit forcément faire autrement. Mais c'est le principe de la vie et du renouvellement : à un moment donné, il faut remettre les choses à plat pour voir comment on va travailler concrètement."
Il faut remettre les choses à plat pour voir comment on va travailler concrètement.
Un moraliste aux commandes
L'ampleur du travail ne semble pourtant pas effrayer le père Trautmann. Pour lui, le diocèse a surtout besoin d'écoute, notamment la curie qui a subi d'importantes crises ces dernières années. "Il faut que les gens se parlent et se parlent toujours plus, estime-t-il avant de tempérer : la dimension de la difficulté à s'écouter et à s'entendre aujourd'hui n'est pas limitée à l'Église catholique en Alsace. On peut avoir des avis divergents ou des points de vue qui ne sont pas similaires; mais déjà, si on arrive à s'écouter, on fait un grand pas."
A 47 ans, cet originaire de Dorlisheim (Bas Rhin) a déjà plusieurs cordes à son arc. Ordonné en 2005, il fut pendant 5 ans formateur au Grand Séminaire de Strasbourg et chargé de la formation des jeunes prêtres du diocèse, mais aussi chapelain et directeur adjoint du Mont Sainte-Odile, haut lieu de pèlerinage en Alsace.
La dimension de la difficulté à s'écouter et à s'entendre aujourd'hui n'est pas limitée à l'Église catholique en Alsace.
Depuis 2023, le prêtre théologien était titulaire de la chaire Jean Rodhain, dédiée à l'étude sur les questions de charité à la faculté de théologie catholique de l'Université de Strasbourg où il est maître de conférence jusqu'à la fin de l'année universitaire 2026. Une "carrière" universitaire d'enseignement et de recherche que ce spécialiste d'éthique fondamentale et de morale chrétienne va donc mettre en pause pour se "focaliser sur le service rendu au diocèse". De même pour sa mission d'accompagnement du Centre d’Étude et d’Action Sociales d’Alsace.
L'esprit scout comme boussole
Outre des missions en paroisses, le père Trautmann a également été l'aumônier national des guides-ainées des Guides et Scouts d'Europe. Une expérience qui l'a marqué durablement.
C'est grâce à l'esprit d'aventure et à la capacité d'adaptation dans le scoutisme que j'ai répondu positivement à l'appel de Mgr Delannoy.
"Beaucoup de personnes m'ont déjà envoyé des messages. Certains pour me féliciter, d'autres pour exprimer leurs désirs. Il y a beaucoup d'attente et il faut essayer de répondre à ces attentes-là. On verra sur place, une fois que j'y serai." En attendant sa prise de fonction le 1er septembre, le futur vicaire général assure se préparer à sa mission "dans la prière."


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