« Le pape Léon XIV vient pour continuer à construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman », affirme l'archevêque d’Alger
Du 13 au 23 avril 2026, le pape Léon XIV effectuera un voyage en Afrique. Point central de ce déplacement : l’Algérie, qu’aucun souverain pontife n’a encore visitée. Entre héritage de saint Augustin, dialogue islamo-chrétien et contexte diplomatique sensible, cette étape s’annonce hautement symbolique.
Un voyage spirituel du pape en Algérie. © Vatican MediaDans le cadre de son voyage africain (Algérie, Cameroun, Angola, Guinée équatoriale), Léon XIV fera escale en Algérie. Une première historique dans ce pays où l’islam est religion d’État. Pour François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique des religions (IRIS), cette visite dépasse le simple cadre diplomatique. Elle comporte "une dimension plus personnelle".
Le pape se présente volontiers comme un fils spirituel de saint Augustin, né à Thagaste (l’actuelle Souk Ahras) et devenu évêque d’Hippone. Figure majeure de la théologie occidentale et auteur des Confessions et de La Cité de Dieu, le docteur de l’Église inspire largement les premiers discours de Léon XIV. "Il y a là un aspect plus que symbolique", souligne le chercheur.
Une invitation lancée le jour de l'élection de Léon XIV
Cette visite trouve son origine dans une initiative du cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger. "Je l’ai invité dès le jour de son élection, en lui disant qu’il fallait qu’il soit le premier pape à venir en Algérie", explique-t-il, soulignant que Léon XIV a "tenu parole"
Le programme prévoit une journée à Alger, avec des rencontres institutionnelles et un temps à Notre-Dame d’Afrique, puis une étape à Annaba, sur les ruines d’Hippone, où le pape célébrera une messe à la basilique Saint-Augustin. Mais il ne s’agira pas d’un simple pèlerinage augustinien. Léon XIV connaît déjà le pays, où il s’est rendu à deux reprises avant son pontificat. "Il vient pour l’Algérie d’aujourd’hui", insiste le cardinal Vesco.
Dialogue islamo-chrétien et mémoire des martyrs
Le pape devrait également rendre hommage aux 19 martyrs d’Algérie, béatifiés en 2018. Pour l’archevêque d’Alger, l’enjeu est avant tout spirituel : favoriser la rencontre. "Il vient pour construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman."
Dans un pays à l’histoire marquée par les violences et une "mémoire blessée", selon les mots du cardinal Jean-Paul Vesco, cette visite pourrait porter un message de paix à une jeunesse nombreuse et pleine d’aspirations. Plus qu’un discours institutionnel, l’archevêque d’Alger attend "la rencontre d’un homme avec un peuple".
Un impact diplomatique indirect
Le déplacement intervient dans un contexte de relations tendues entre l’Algérie et la France. Même si les voyages pontificaux sont d’abord religieux, ils comportent toujours une portée diplomatique, estime François Mabille : la présence du pape peut contribuer à un climat plus apaisé avec les voisins du pays.Le cardinal Vesco, lui, relativise : "Le pape a d’abord un agenda spirituel." Si effet politique il y a, il sera indirect. "Honorer un pays est déjà un geste fort."


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