Le pape Léon XIV en France : "les catholiques attendent un message fort" pour Hervé Guévellou, délégué général du diocèse de Saint-Brieuc
Le pape Léon XIV effectue un voyage apostolique, en France, à partir d’aujourd’hui. Plusieurs centaines de Bretonnes et Bretons effectueront le déplacement pour accueillir et voir le Saint-Père. Regard sur cet évènement avec Hervé Guévellou, délégué général du diocèse de Saint-Brieuc.
De gauche à droite, Philippe Le Faou, directeur des pélerinages du diocèse de Saint-Brieuc; Mgr Denis Moutel, évêque; Hervé Guévellou, délégué général du diocèse de Saint-Brieuc. © Dominique HermeulinQue représente, pour vous, la venue d’un pape en France?
Hervé Guévellou : "C’est une manière peut être un peu concrète, de l’Église universelle qui se manifeste à travers la venue du Pape et par cette venue, le rassemblement du peuple dans sa diversité qui va se rassembler dans un même lieu pour entendre une même parole, célébrer liturgiquement, vivre des temps de prière. Il y a une dimension populaire qui me semble très importante dans ce rassemblement et dans cette venue du pape en France".
Une dimension populaire et surtout un message universel le pape ne vient pas s’adresser simplement aux catholiques, il vient s’adresser à tout le monde ?
Hervé Guévellou : "Il y a un certain nombre de propositions durant ces quatre jours en France qui sont ouvertes largement. Donc bien sûr, les catholiques attendent un message fort de la part de leur pape mais au delà, le pape s’adressera notamment, je pense, à travers un message de paix important, à toute personne qui accepte d’entendre, qui ouvre ses oreilles".
Une visite qui va apporter du dynamisme
Le pape Léon XIV est aux commandes de l’Église catholique depuis peu, c’est encore assez récent. Des paroles fortes sont attendues. Qu’est ce qu’on attend concrètement comme discours ?
Hervé Guévellou : "Effectivement, le pape Léon XIV est au début de son pontificat. Je pense que ces derniers mois, il y avait une sorte un peu de curiosité, d’attente, de voir qu’elle était un peu la tonalité de ses interventions. Et là il va venir en France, donc il va s’adresser de manière particulière quand même à l’Église de France. Donc oui, il y a une attente sur la vie de l’Église. Je crois que dans la vie de l’Église en France, il y a aussi des difficultés dans les paroisses, tout n’est pas simple. Il y a un certain essoufflement, il peut y avoir un vieillissement et en même temps il y a des choses un peu nouvelles qui germent. On parle beaucoup des catéchumènes ; de ces adultes qui se préparent au baptême. Il y a aussi un certain nombre de jeunes. Dans certaines églises, on voit qu’il y a un renouveau donc ce frémissement là va, peut être, être exprimé aussi ou encouragé par le pape Léon XIV, qui va donner peut être davantage de dynamisme pour les jours, les mois et les années qui viennent".
Vous espérez ce souffle nouveau que vous commencez déjà à sentir un petit peu dans les paroisses ?
Hervé Guévellou : "Je crois que ça peut être quelque chose d’important d’entendre de la part d’un pape, une parole un peu forte d’encouragement effectivement, d’audace parce qu’il y a des initiatives un peu nouvelles qui germent ici ou là, et d’avoir une parole un peu forte de la part du pape pour nous dire : « allez-y, n’ayez pas peur », je pense que ça peut effectivement encourager notre église en France".
Une expérience forte attendue
Vous parliez d’initiatives nouvelles, de quoi parlez vous exactement ?
Hervé Guévellou :"J’entends ici ou là des groupes, notamment de jeunes, par exemple des jeunes professionnels qui se retrouvent régulièrement, des groupes assez conséquents et qui ont un désir fort à la fois, de relire un peu leur vie de début de vie professionnelle, mais aussi d’avoir une vie de prière importante, d’avoir des temps d’échanges et puis des temps de formation aussi. Souvent ces jeunes, dans ce que je peux comprendre et percevoir, sont intéressés et ont envie d’avoir des temps de formation pour comprendre en fin de compte, ce qui leur est proposé, que ce soit dans le domaine de la liturgie ou dans d’autres domaines.
Ces initiatives sont un peu nouvelles et ce sont souvent des manières de faire un peu différentes de ce qu’on avait connu jusqu’à présent. Ce sont des groupes plus spontanés. Ce sont des demandes nouvelles aussi en termes liturgiques, parfois d’expression de foi. Il faut être attentif à ces demandes nouvelles et je pense que la venue du pape peut permettre à ces différents groupes aussi de se retrouver ensemble et de vivre ensemble une expérience forte avant de retourner après dans leurs différents lieux de vie".
Cela veut dire qu’il faut se réinventer en fait, en quelque sorte ?
Hervé Guévellou : "Je pense que c’est la mission de l’Église en fait. Quand on parle de la tradition, moi j’aime beaucoup ce mot de tradition dans le sens où on doit porter ce qui est précieux, ce qui est incontournable du message de l’Évangile, mais dans un contexte toujours nouveau. Donc la véritable tradition, c’est cette capacité à annoncer l’Évangile d’une manière nouvelle pour rester fidèle au message du Christ".
Les reliques des saints fondateurs présentées
Vous l’avez dit avec ce voyage apostolique du Pape en France, beaucoup de personnes vont vivre une expérience forte. Il va y avoir plusieurs rendez vous pendant ce week-end à Paris bien sûr, notamment ce vendredi avec la veillée des jeunes au Stade de France. En quoi cela sera un moment particulier ?
Hervé Guévellou : "Cela va être un grand moment qui va être assez long, tout compte fait, qui va se décliner à partir de plusieurs temps différents. Il y a d’abord un temps de concert avec différents chanteurs. Ensuite, il y aura un temps aussi d’expression des jeunes qui vont pouvoir dire un peu au pape ce qu’ils portent comme joie, mais aussi comme comme difficulté.
Il y aura donc un temps aussi de réponse, bien sûr avec l’intervention du pape. Et puis ensuite, il y aura une partie plus méditative, à travers notamment toute une grande procession de ce qu’on appelle des reliques. Chaque diocèse est invité à apporter les reliques de son Saint fondateur. Et puis il y aura aussi la prière des Complies pour finir cette veillée. Une veillée assez complète qui risque d’être assez saisissante. Voilà par à la fois le dynamisme, ça risque d’être très très dynamique et puis en même temps des temps de recueillement.
Alors cette idée de procession des reliques, c’est de se tourner vers ceux qui nous ont précédés dans la foi, les fondateurs, les grands saints qui ont marqué l’histoire et puis de se dire peut-être qu’aujourd’hui, nous avons à notre manière, à marcher dans leurs pas".
Une centaine de jeunes du diocèse de Saint-Brieuc seront présents à Paris, et notamment à cette veillée. On rappelle que les diocèses ont organisé ce déplacement. Pour le diocèse de Saint-Brieuc, cela correspond à sept cars et deux minibus qui vont à Paris pour assister à la venue de Pape. Il y aura aussi un grand rendez-vous aussi ce samedi : une messe en plein air avec 600 000 personnes attendues ?
Hervé Guévellou : "Oui, ça va être quelque chose d’assez important. On a du mal à imaginer d’ailleurs ce que ça va être. Tout à l’heure, j’évoquais la dimension populaire, mais je crois que, effectivement, il y a eu un engouement pour participer à cette messe en plein air. De notre diocèse, il y a au moins cinq cars d’adultes de différentes paroisses qui vont se retrouver dans un même espace sur cette place de la Concorde. Tout le monde ne verra pas forcément le Pape de manière très évidente mais il y aura tout un système d’écrans géants pour suivre la messe du début à la fin. Et puis avant, il faudra arriver tôt donc il y aura aussi des animations liturgiques en attendant la venue du pape. C’est tout ça qui va créer et qui va faire que c’est un événement un peu extraordinaire et populaire".
Un engouement lié à une attente
Pour le diocèse de Saint-Brieuc, vous avez organisé le déplacement d’environ 400 personnes. Avez-vous eu beaucoup de demandes pour pouvoir aller là bas?
Hervé Guévellou : "Oui, c’est parce qu’on est encore dans le début du pontificat du pape Léon XIV donc c’est la première fois qu’il vient en France. Le pape François est venu deux ou trois fois,mais de manière plus ponctuelle. Ce n’était pas tout à fait la même chose. Donc, ça fait longtemps,en fait, que les catholiques de France n’ont pas eu cette occasion. Donc, je pense que l’engouement est lié aussi à cette attente en quelque sorte. Et puis, il y a peut être une fierté aussi de venir à la rencontre du pape".
À titre personnel, est ce qu’il y a quelque chose qui vous marque ou quelque chose qui vous surprend chez le Pape Léon XIV?
Hervé Guévellou :"J’ai été assez attentif dès ses premiers mots, à son combat pour la paix et la justice. Je crois que ce sera vraiment quelque chose qui caractérisera son pontificat. Et je trouve que c’est un homme qui cherche, par tous les moyens, l’unité. C’est un vrai défi aujourd’hui pour l’Église, l’unité. Il prône la paix, mais il la vit aussi, je trouve, par ses actes".


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