Le numérique au service de l'excellence : l'enseignement catholique montre la voie
Né il y a quatre ans dans deux diocèses de la région Occitanie, le label "Excellence numérique" de l'enseignement catholique rassemble aujourd'hui 258 établissements en France. Les Assises nationales se tenaient en mai à Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales.
Le label "Excellence numérique" rassemble 258 établissements catholiques en France © MNTout commence en 2022, dans un groupe de chefs d'établissement des diocèses de Carcassonne et Narbonne et Perpignan-Elne. L'idée est simple : faire du numérique un véritable outil pédagogique, et non un simple équipement. Plutôt qu'attendre une impulsion venue d'en haut, ils décident de construire leur propre démarche de labellisation. "Pour mettre l'outil numérique au service de l'excellence des apprentissages de nos élèves, pour les conduire aux métiers de demain, dont, pour la plupart, nous ignorons tout aujourd'hui", résume Catherine Saby, déléguée épiscopale pour l'enseignement catholique de l'Aude et des Pyrénées-Orientales. Quatre établissements pionniers se lancent en janvier 2022. Quatre ans plus tard, ils sont 258, et 50 autres frappent à la porte.
Accompagner plutôt que transmettre
Ce succès fulgurant tient à une conviction pédagogique forte, que Michaël Loullier, chef d'établissement du collège Saint-Bruno à La Tour du Pin en Isère, formule avec clarté. Dans son établissement, 600 tablettes sont en circulation. Les administrer, les sécuriser, choisir les applications adaptées : la démarche est exigeante. Mais ce n'est pas là l'essentiel.
"La tablette sert à apprendre autrement, sans remplacer la feuille et le stylo, mais pour aller au-delà", précise-t-il. Ce qui a changé, c'est la posture de l'enseignant lui-même. "On est passé d'une pédagogie où c'était l'enseignant qui détenait le savoir et qui le transmettait, à une pédagogie où l'enseignant est à côté des élèves et les accompagne dans leur recherche. Accompagner plus que transmettre."
Nombre de ses collègues enseignants, d'abord hésitants, ont aujourd'hui intégré cette approche au point de ne plus pouvoir s'en passer. Un signe, selon lui, que le label a touché juste, à condition qu'il reste un projet collectif, porté par toute une équipe, et non par un seul chef d'établissement convaincu.
Un label qui se construit de l'intérieur
Ce qui distingue l'Excellence numérique d'une certification imposée de l'extérieur, c'est sa méthode. Chaque établissement candidat commence par un audit réalisé par un tuteur du label, qui permet d'identifier les forces et les failles de son fonctionnement numérique. Un regard extérieur bienveillant, qui ouvre sur un réseau : celui des autres chefs d'établissement labellisés, avec lesquels on échange des pratiques, des applications, des solutions concrètes.
C'est précisément ce que sont venues chercher les Assises nationales de mai dernier, accueillies par l'établissement Saint-Pierre de la Mer à Saint-Cyprien : un moment de rencontre, de partage et de consolidation pour une communauté éducative qui a choisi de faire du numérique non pas une vitrine, mais un véritable levier au service des élèves.


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