Le mot de la semaine : "pompier"
LE MOT DE LA SEMAINE - La journée mondiale des pompiers existe depuis un quart de siècle, puisqu’elle a été imaginée en 1999 avec pour choix de la date annuelle le 4 mai, jour de la saint Florian, le saint patron des pompiers.
Jean Pruvost © Pascal HausherrL’étincelle ayant fait naître cette journée correspond à l’hommage rendu à cinq pompiers morts dans un incendie du bush australien, incendie déclaré en janvier 1999. Il faut rappeler qu’en Australie, l’incendie représente l’un des très grand sujet d’inquiétude avec la nécessaire protection de Sydney, qui pourrait y être exposé. Un mot s’impose à propos de saint Florian. Cet officier de l’armée romaine, né vers 250, gardait cachée sa foi chrétienne et lorsqu’il fut chargé par l’empereur Dioclétien d’exécuter un groupe de chrétiens, il refusa et fut martyrisé puis noyé. Sa béatitude repose sur le témoignage des habitants d’un village qu’il sauva d’un incendie en priant et en se voyant jeter symboliquement un seau d’eau pour l’éteindre. C’est ainsi qu’il devint le saint patron des pompiers mais aussi des ramoneurs.
D’où vient alors le mot « pompier » ?
Il dérive certes du mot « pompe », attesté en français en 1440, désignant l’appareil qui permet de déplacer des fluides, notamment de l’eau. Mais ce mot est issu du germanique « pump » dont on trouve la trace en néerlandais comme en anglais, issu d’une onomatopée sans doute née de l’imitation du bruit de succion, à l’origine de mots comme papa, poupée, etc. Il est d’abord présent dans le vocabulaire de la marine, la pompe retirant l’eau infiltrée dans la cale, et c’est en 1517 qu’apparaît le mot « pompier », s’agissant alors du « fabricant de pompes ». Il faudra en fait attendre 1750 pour que le « pompier » désigne la personne faisant partie d’un corps organisé pour porter secours en cas d’incendies, comme on peut le lire dans un Arrêté du Parlement de Grenoble. Littré précise qu’au XVIIe siècle, il n’y avait pas encore donc de pompiers et que c’était les capucins qui en faisaient office avec un zèle admirable. Et Littré de souligner que le pompier est aussi appelé sapeur-pompier. En vérité, cette formulation ne date que de 1835, avec notamment la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Ne pas oublier ici le trait d’union entre sapeur et pompier. En fait le sapeur correspond au mot italien, zappa, signifiant boyau, pioche, la lutte contre l’incendie passant aussi par le fait savoir ouvrir des voies. Mais l’austère Littré n’oublie pas un sens du mot pompier aujourd’hui à mon sens dispar
Un sens qui a disparu
On espère que le mot soit le moins illustré possible, le « pompier » ayant aussi désigné un « for-buveur ». On préfère un autre sens oublié, correspondant à l’ouvrier tailleur en atelier, chargé des retouches. Bien sûr, on peut compter sur nos amis verbicrucistes pour nous offrir le mot de la fin. Comment nous font-ils deviner le mot « pompier » ? J’ai retenu deux définitions : « Il court à la catastrophe », oui, pour y remédier bien sûr. Ou encore, très court ! « Coupe-feu », mot invariable. Alors, au pluriel, immense merci à tous les coupe-feu.


Jean Pruvost, lexicologue passionné et passionnant vous entraîne chaque lundi matin dans l'histoire mouvementée d'un simple mot, le mot de la semaine !




