Le Liban replonge dans la tourmente : "Nous avons le sentiment de revivre le même cauchemar"
Au troisième jour de l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran, le Liban se retrouve de nouveau entraîné dans l’escalade. En riposte à des attaques du Hezbollah contre son territoire, Israël a mené des raids qui ont fait onze morts. Présent à Beyrouth, Vincent Gelot, de L’Œuvre d’Orient témoigne de l’angoisse de la population.
Vincent Gelot directeur de l'Oeuvre d'Orient à Beyrouth Le Liban replonge dans la tourmente : « Nous avons le sentiment de revivre le même cauchemar »
Au troisième jour de l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran, le Liban se retrouve à nouveau pris dans la spirale de la guerre. En riposte à des attaques du Hezbollah contre son territoire, Israël a mené des raids qui auraient fait des dizaines de morts au Liban.
Le pays du Cèdre, déjà meurtri par des années de crises politiques, économiques et sociales, replonge dans l’angoisse.
Depuis Beyrouth, Vincent Gelot, directeur de L’Œuvre d’Orient au Liban et en Syrie, décrit une population « sidérée, inquiète, en colère, fatiguée ». Le souvenir de la précédente escalade, il y a un an et demi, reste brûlant. À l’époque, près de 1,2 million de Libanais avaient été déplacés. Des milliers de morts, des villages du sud ravagés, la banlieue sud de Beyrouth lourdement touchée : un traumatisme encore vif.
Les Libanais ont peur de revivre ce scénario
Ce matin, les écoles sont restées fermées. Les rues de Beyrouth sont presque désertes. Une inquiétude sourde gagne les familles, tandis qu’une colère s’exprime chez une partie de la population, qui estime que le Hezbollah entraîne de nouveau tout le pays dans un conflit dont il ne veut pas. Beaucoup ici aspirent seulement à la stabilité et à la paix.
L’Œuvre d’Orient aux côtés des communautés
La guerre frappe directement les partenaires et les équipes de l’Œuvre d’Orient. Implantée au cœur du tissu local, l’organisation soutient un vaste réseau d’écoles, d’hôpitaux et d’œuvres sociales.
Nous vivons parmi nos partenaires. Nous habitons à Beyrouth. Quand un conflit éclate, il impacte nos vies, nos familles et notre mission.
Ce matin encore, il était en contact avec une directrice d’école, religieuse des Filles de la Charité, dont l’établissement situé dans la banlieue sud de Beyrouth avait déjà été bombardé il y a un an et demi et commençait tout juste à être réhabilité.
Il a également échangé avec un hôpital tenu par des sœurs, qui accueille des civils blessés par les bombardements de la nuit.
« Nous ne les laisserons pas tomber »
Sur le terrain, la présence de l’Œuvre d’Orient se veut avant tout fraternelle. « Nous leur redisons que nous sommes à leurs côtés, quoi qu’il arrive. Nos équipes ici, comme au siège, ainsi que nos donateurs, sont solidaires » explique Vincent Gelot. Les bienfaiteurs, sensibles à la mission des communautés chrétiennes et des congrégations religieuses au Moyen-Orient, suivent avec inquiétude l’évolution de la situation.
Face à la reprise des violences, l’organisation appelle à « un engagement résolu en faveur de la paix ». Seule une désescalade permettra de protéger les populations civiles, déjà éprouvées, et de préserver l’avenir fragile du Liban et des pays de la région. Dans l’épreuve, l’espérance chrétienne ne nie pas la gravité de l’heure ; elle invite à tenir, à soutenir, et à croire encore qu’un chemin de réconciliation demeure possible.


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