Le film de la semaine : Un monde fragile et merveilleux, de Cyril Aris
Ce mercredi 18 février sort en France le film libanais, Un monde fragile et merveilleux, réalisé par Cyril Aris. Entre poésie et politique, cette comédie romantique peu ordinaire, ancrée dans la réalité du quotidien libanais, est diffusée dans une centaine de salles seulement.
"Un monde fragile & Merveilleux" © DRC’est une comédie romantique à la fois poétique et politique, un amour pur, mais bien ancré dans la réalité, celle du Liban. Dès la première scène, l’absurdité de la guerre s’oppose à la puissance de la vie, Nino et Yasmina naissent tous les deux le même jour, à la minute près et sous les bombes. Puis, chaos du hasard ou miracle de la Providence, ils se retrouvent enfants, dans la cour de l’école, et tombent amoureux, de ces amours « pour la vie » que l’on croit éternelle, avant qu’elle ne vous sépare. Vingt ans plus tard, enfin, leurs chemins se recroisent et la passion l’emporte, impérieuse, évidente et absolue.
Entre souvenirs d’enfance et avenir rêvé
Ils s’aiment, c’est une certitude. On sent leur complicité, l’élan qui les anime et leur bonheur d’être ensemble. La mise en scène épouse parfaitement cette alchimie. Il y a une vitalité dans le montage, et une poésie dans des moments plus doux et oniriques. Plusieurs scènes notamment sont tournées dans d’anciennes gares abandonnées, dont le réalisateur explique « qu’elles cristallisent un âge d’or du Liban ». Une époque d’avant la guerre civile où les trains reliaient Beyrouth à Jérusalem et au Caire. Mais les temps ont changé.
Des choix s’imposent : l’amour peut-il s’affranchir du contexte ?
Comment vivre dans ce pays dévasté par les crises politiques, économiques, et morales ? L’amour, aussi fort soit-il, ne s’affranchit malheureusement pas du contexte dans lequel il grandit mais s’ancre au contraire dans le quotidien, qui dans ce cas, n’est pas simple. Le réalisateur avait déjà abordé le thème de la résilience des libanais dans son film précédent, Danser sur un volcan. Un documentaire du réel, édifiant, qui relatait le tournage d’un film stoppé net en 2020 par l’explosion du port de Beyrouth et comment le cinéma devient une ode à la débrouillardise et à l’humilité et au final un acte de résistance.
« Un timide renouveau du cinéma libanais »
Mounia Akl et Cyril Aris incarnent un timide renouveau du cinéma libanais dont on n’avait plus beaucoup entendu parler depuis la révélation Nadine Labaki et son premier film Caramel, sorti à Cannes il y a bientôt vingt ans maintenant. Ils ont travaillé tous les trois ensemble sur le premier film de Mounia Akl, que je vous recommande aussi. Vous pouvez le trouver actuellement sur Netflix, c’est Costa Brava, Lebanon, sur la vie d’une famille partie vivre à la campagne et qui va devoir se battre contre l’implantation d’une décharge sauvage près de chez eux.


Le mercredi c'est le jour où sortent les nouveaux films au cinéma. C'est aussi le jour pour écouter, à 8h45, La Chronique cinéma de Valérie de Marnhac !




