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Epandage par drones : des vols tests au-dessus des vignes de l'avant-pays savoyard

Epandage par drones : des vols tests au-dessus des vignes de l'avant-pays savoyard

Un article rédigé par Élodie Fayard - RCF Savoie, le 24 juillet 2026 - Modifié le 24 juillet 2026
Journal Local · RCF Savoie Mont-BlancEdition du vendredi 24 juillet 2026 à 08h01

Dans les vignes, un nouvel outil fait son apparition. Pour accéder aux parcelles à très forte pente, les viticulteurs de l'Avant-Pays savoyard testent le drone. Ils comparent son efficacité avec leurs anciennes méthodes de pulvérisation, et malgré son prix, le drone possède de nombreux atouts pour devenir l'outil du futur. 

Des tests de vols sont en cours dans le coteau de Marestel pour évaluer l’efficacité du drone dans le traitement par pulvérisation de produits de biocontrôle, là où la pente est supérieure à 20%. ©RCF Savoie Mont BlancDes tests de vols sont en cours dans le coteau de Marestel pour évaluer l’efficacité du drone dans le traitement par pulvérisation de produits de biocontrôle, là où la pente est supérieure à 20%. ©RCF Savoie Mont Blanc

La montagne du Chat, en Savoie, c’est côté face : le lac naturel du Bourget et, côté pile, le célèbre coteau de Marestel. Les viticulteurs de Jongieux, Billième et Lucey cultivent des vignobles en pente (de 30 à 70 %) pour produire le cépage altesse dont ils tirent la roussette de Savoie (AOP).

Le drone à l'essai

Des vols tests sont en cours dans le coteau de Marestel pour évaluer l’efficacité du drone dans le traitement par  pulvérisation de produits de biocontrôle, là où la pente est supérieure à 20 %. Ces tests sont menés dans le cadre du groupe 30 000 de l’Avant-Pays savoyard. Depuis 2020, dix viticulteurs de ce territoire sont réunis au sein de ce collectif de travail, porté par le Syndicat régional des vins de Savoie, accompagné par la Chambre d’agriculture et financé par l’Agence de l’eau. Pendant trois ans, ils conçoivent et développent des méthodes de culture de la vigne permettant de réduire l’usage d’herbicides et de produits phytosanitaires. « Les idées émergent du collectif. Le fait de se réunir tous les quinze jours autour de nos pratiques nous fait beaucoup avancer. Des changements économiques, environnementaux, mais aussi personnels et collectifs sont indéniables. Le groupe nous pousse à être le plus vertueux possible », témoigne Simon, vigneron à Jongieux. 

La pente complique tout

Il faut dire que le traitement de vignes en coteau, avec de très fortes pentes de 30 % à 70 %, n’est pas sans difficultés. « Les accès sont compliqués et certaines parcelles ne sont pas mécanisables. Pour traiter, nous avons des canons, mais selon leur implantation, ils ne permettent pas d'atteindre le centre de certaines parcelles », illustre Théa Carrel, représentante de la 6e génération de vignerons à Jongieux, sur le domaine Carrel et Fils. Ici, on produit la roussette de Savoie, une des quatre AOP/AOC des vins de Savoie. « Ce cépage altesse est très sensible à l’oïdium. Pour avoir un traitement efficace, il faut localiser le produit précisément sur la grappe. Le canon ne le permet pas. Aussi, si nous voulons utiliser moins d'herbicides et opter pour des produits de biocontrôle comme le soufre ou le cuivre, la précision d’application est primordiale », explique son père, Éric Carrel.

Le ministère change la donne

Or, depuis juin 2026, le ministère de l’Agriculture a ouvert l’épandage par drone à une liste de 150 produits de biocontrôle. « Jusqu’à présent, les drones n’étaient utilisés en agriculture que pour le blanchiment des serres afin de réduire la température ou les semis de couverts. Cet assouplissement réglementaire sur la pulvérisation ouvre la voie aux viticulteurs », confirme Benoît Pinget, gérant d’Aéro Traitements Solutions et membre de la Fédération professionnelle du drone civil. Seule ombre au tableau : le coût du traitement par hectare. Le drone est encore très cher. La machine coûte 50 000 euros la première année (en prenant en compte les diverses autorisations administratives, assurances et logiciels), puis 10 000 euros annuels de frais divers. “C’est tentant de pouvoir piloter une telle machine sans avoir à être au milieu des parcelles, mais ce n’est pas un coût supportable seul. Il faudra à l’avenir réfléchir à une mutualisation d’un tel outil”, confie Paul Baroudel, vigneron à Chignin, venu assister au test jongiolan.

 

© Le Journal Local (RCF Savoie-Mont-Blanc)
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Journal Local · RCF Savoie Mont-Blanc
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