Le béguinage savoyard fait le plein !
La Maison d’Alliance de l’Abbaye Saint-Joseph de la Rochette (Belmont-Tramonet) a fêté ses deux ans cette année 2026. Les religieuses de l’abbaye bénédictine ont décidé de transformer une aile de leur bâtiment en 27 appartements. Au rez-de-chaussée : des salles où les locataires peuvent se retrouver pour partager des activités ou prier. Un “béguinage” version XXIème siècle, qui a rapidement attiré des locataires de 65 à 93 ans
Monique et Sr Mickaelle, au magasin de l'abbaye de La RochetteJe suis indépendante sans être seule
Une chambre, une cuisine ouverte sur un petit séjour, la salle de bain : Isabelle fait visiter avec plaisir son petit appartement de Belmont-Tramonet ! La jeune retraitée a été séduite par la formule Maison d’Alliance : " Je suis chez moi, indépendante. Et en même temps, je ne suis pas seule ! Il y a de l'entraide entre locataire. Nous tissons des amitiés, pouvons nous retrouver pour faire un jeu ou boire un thé. Et puis, j'apprécie la proximité de l'abbaye et je fréquente régulièrement certains offices ".
Nous n'avons plus les contraintes de la maison avec jardin
Une formule qui a aussi attiré Monique et son époux, grands-parents et jeunes retraités actifs. Le couple a loué le plus grand appartement de la Maison d'Alliance : " Mon mari ne voulait plus les contraintes de la maison et du jardin. En plus, il fallait y faire des travaux. Ici, nous pouvons recevoir la famille ou partir visiter nos enfants " raconte Monique. La pétillante dame se confie derrière le comptoir de la boutique de l'abbaye : " Nous avons toujours eu des engagements associatifs. Aujourd'hui, parmi nos activités, il y a des services rendus à la communauté : j'assure des permanences à l'accueil téléphonique et au magasin de l'abbaye. Lorsque nous sommes disponibles, nous allons prier les Complies. C'est une manière de se poser, le soir, et de rendre grâce ".
Nous avons tissé de beaux liens, tout en maintenant notre vie monastique
Beaucoup de résidents sont ainsi proches de la communauté, tout en respectant parfaitement la clôture et la vie des religieuses. C’est justement ce dont rêvaient les religieuses contemplatives ! Deux ans après l'ouverture de la Maison d'Alliance, Sœur Mickaelle, responsable du magasin, dresse un bon bilan : " Nous sommes heureuses de voir que des résidents de la maison ont renforcé nos équipes de bénévoles. Et notre vie monastique n'est pas altérée pour autant ; chacun reste chez soi. Mais nous avons tissé de beaux liens et nous nous retrouvons pour des beaux temps de partage et de fête. Des résidentes nous ont préparé un beau repas et une belle fête pour mon Jubilé l'an dernier, par exemple ".
Une aide précieuse pour les résidents plus âgés
Autre atout non négligeable pour les résidents : la présence de Carole, coordinatrice de la Maison d’Alliance. Elle est présente 20 heures par semaine et retrouve les habitants qui le souhaitent pour des activités, des temps partagés. " Sur demande des locataires, je gère la présence d'intervenants extérieurs : par exemple une personne qui donne un cours de gym. J'organise aussi des sorties, du covoiturage pour les courses... Et je peux aussi aider les résidents plus âgés : j'ai par exemple donné un coup de main à une personne qui avait perdu ses clés. " explique Carole. Les habitats partagés comme celui-ci bénéficient d’une aide du Conseil départemental.
Historiquement, les premiers béguinages (concept originaire de Flandres) étaient des logements regroupés autour d'une cour, d'un jardin et d'une chapelle. Des femmes pieuses qui n'étaient pas engagées par des vœux de type monastique y vivaient en autonomie. Le terme désigne aujourd'hui un habitat et un mode de vie collectif pour des femmes ou des séniors
