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Le 1700e anniversaire du concile de Nicée

Le 1700e anniversaire du concile de Nicée

Un article rédigé par Emmanuelle Gründ - RCF, le 22 mai 2025 - Modifié le 8 juin 2026
Le Grand TémoinLe 1700e anniversaire du concile de Nicée

En 325, l'empereur Constantin réunit les évêques à Nicée en Turquie actuelle, autour d'un concile, qui se prononce sur ce qu'il convient de croire et de ne pas croire, en particulier sur la Trinité. Il aboutit notamment à la définition des contours de la foi chrétienne. Cette année, l'Église catholique fête le 1700e anniversaire de ce concile clé pour comprendre sa doctrine et la Trinité. À cette occasion, Jean-Marie Salamito, normalien, professeur d'histoire du christianisme antique et codirigeant des premiers écrits chrétiens aux éditions de la Pléiade est au micro de RCF-Notre Dame.  

 Jean-Marie Salamito normalien, professeur d'histoire du christianisme antique © Pierre-Hugues Dubois Jean-Marie Salamito normalien, professeur d'histoire du christianisme antique © Pierre-Hugues Dubois

En 313, après la signature de l'édit de Milan, l'empereur Constantin vient de triompher de son rival Licinius et met fin à la tétrarchie, un système inventé par Dioclétien qui permettait de gouverner l'Empire à plusieurs. Grâce à Constantin, le pouvoir est repris par une seule main. En 325, il convoque les évêques autour d'un concile, celui de Nicée, qui se prononce sur ce qu'il convient de croire et de ne pas croire, en particulier sur la Trinité. Cette année, l'Église catholique fête le 1700e anniversaire de ce concile clé, pour comprendre sa doctrine et la Trinité.

Le concile de Nicée : une clé de compréhension de la Trinité 

Entre le 20 mai et le 25 juillet 325, le concile de Nicée rassemble pour la première fois dans l'histoire du christianisme, l'ensemble des évêques de l'Empire, qui sont à l'époque au nombre de 300. "Dans leur écrasante majorité, ils déclarent que le Fils est Dieu, né de Dieu, lumière, né de la lumière, né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, consubstantiel au Père", explique Jean-Marie Salamito, normalien, professeur d'histoire du christianisme antique et codirigeant de l'édition des premiers écrits chrétiens aux éditions de la Pléiade. 

 Ce concile donne un sens à la Trinité qui jusque-là était incomprise. 

Il constitue donc un événement clé pour comprendre la doctrine de l'Église catholique, la Trinité et plus particulièrement le lien entre le Père et le Fils. Ce concile donne un sens à la Trinité qui jusque-là était incomprise. Or, "la Trinité, c'est le mystère central du christianisme. C'est ce qu'il y a de plus original, de plus fondamental dans le christianisme, c'est-à-dire la conception originale chrétienne de Dieu", rappelle l'historien du christianisme antique. Le concile de Nicée est à l'origine du credo (je crois en Dieu) de Nicée, qui prendra plus tard, en 381, le nom de Nicée-Constantinople. C'est-à-dire celui dans lequel les catholiques disent notamment que le Fils est consubstantiel au Père. Ce mot "consubstantiel " est un mot grec, introduit par le concile et n'apparaissait pas dans la Bible. "Il permet de définir que le Fils est tout aussi Dieu que le Père est Dieu, qu'ils ont la même divinité, qu'ils ont une relation Père-Fils, mais qu'en matière de dignité, d'éternité, de puissance, de majesté, ils sont à égalité ", relate le normalien. 

Avec le concile de Nicée : la foi triomphante sur les hérésies 

Le concile de Nicée a notamment permis de mettre fin aux hérésies qui régnaient à travers l'Église catholique en 325. Par exemple, l'adoptianisme et le modalisme ont été définitivement exclus à la suite de ce concile. L'adoptianisme consistait à dire que "Jésus-Christ est adopté par Dieu à travers la résurrection ", explique Jean-Marie Salamito. Le modalisme est un courant théologique du troisième siècle qui a été condamné par la majorité chrétienne de l'époque. À travers lui, "il y avait la distinction entre le Père, le Fils et l'Esprit, décrites comme des apparences, des modes ", poursuit l'historien du christianisme antique. 

Le concile de Nicée a permis l'établissement du dogme de l'unité et de la consubstantialité entre le Père et le Fils.  

Il a aussi permis de mettre fin et de condamner l'arianisme, c'est-à-dire une doctrine chrétienne pensée par Arius, un prêtre d'Alexandrie. Ce dernier nie la divinité totale de Jésus-Christ, en expliquant que le Fils n'est pas éternel, contrairement au Père, qu'il a été créé, non pas engendré et qu'il est donc inférieur au Père. Arius affirmait notamment "il y a eu un temps où le logos, le verbe, la parole du prologue de Jean n'était pas, il n'existait pas avant d'être créé." En 325, le concile de Nicée a permis l'établissement du dogme de l'unité et de la consubstantialité entre le Père et le Fils.  

L'héritage du concile de Nicée

Le concile de Nicée a joué un rôle central dans la formation de l'orthodoxie et est le premier concile œcuménique de l'histoire du christianisme. Il a donné ses fondations doctrinales à de nombreuses confessions chrétiennes comme le catholicisme, l'orthodoxie et le protestantisme. L’histoire du concile de Nicée permet à chacun de se rendre compte que la religion catholique, avec ses dogmes et ses doctrines, s’est élaborée sur le temps long de la réflexion collective, à partir des Écritures et des témoignages de foi. Ce 1700e anniversaire du concile de Nicée est l’occasion de redécouvrir le dogme de la divinité et Jésus. 

Ce 1700e anniversaire du concile de Nicée est l’occasion de redécouvrir le dogme de la divinité et Jésus. 

Après le concile de Nicée, de nombreux saints de l'Église catholique comme saint Augustin d'Hippone et saint Thomas d'Aquin ont continué à réfléchir et à étudier la Trinité. Le moine écossais Richard de Saint Victor, a lui aussi, écrit ses réflexions autour de la Trinité. "Ils sont tous restés fidèles au concile de Nicée, mais ont précisé, approfondi les choses", conclut Jean-Marie Salamito. 

Le Grand Témoin de Louis Daufresne ©RCF NOTRE DAME
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Le Grand Témoin
Le Grand Témoin de Louis Daufresne ©RCF NOTRE DAME
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