Laurent Hottiaux: son avis sur les Alpes-Maritimes après 14 mois à la préfecture
Après 14 mois à la tête de la préfecture, Laurent Hottiaux quitte Nice avec un constat lucide sur la singularité d'un territoire qu'il juge aussi passionnant que complexe. Au-delà des chiffres, il livre, avec justesse, une analyse sur le rapport à la vérité, à la politique et aux défis climatiques.
Laurent Hottiaux - RCFPour le préfet, la mission de l'État dans les Alpes-Maritimes a consisté, en grande partie, à stabiliser le débat public face à ce qu'il appelle un défi quotidien à la réalité. S'adressant aux journalistes avant son départ, il a déclaré : « Je voulais rendre hommage à votre rôle qui est si essentiel dans la démocratie, dans notre département où il y a toujours un rapport à la vérité qui est défié quotidiennement ». Au point de voir apparaitre, lors des élections municipales, une charte du Club de la Presse. « Moi j'ai pas hésité, lorsque l'État a été mis en cause injustement, lorsque des informations fausses étaient délivrées, à corriger de manière souvent très vive, non pas pour alimenter les polémiques, mais pour informer et rétablir la vérité. »
Un climat politique « rocambolesque »
Laurent Hottiaux part à Nantes avec quelques souvenirs impérissables : « Ce que j'en retiens sur cette période, c'est que nous avons encore dans notre département, sur les échéances électorales, une ambiance qui est encore celle un peu des années 70-80. [...] Ces élections ont été assez rocambolesques. [...] Nous avons veillé avec la justice à ce que force reste à la loi. Nous avons connu aussi, ce qui n'est pas spécifique à notre département, des formes de violence y compris à l'encontre des élus, sur lesquelles nous avons été impitoyables. »
Le retard de conscience face à l'urgence climatique
Le préfet a exprimé un regret marqué concernant la perception locale du changement climatique, fustigeant au passage certaines postures politiques : « Dans notre département, il n'y a pas une prise de conscience assez forte de l'impact du changement climatique. [...] Il y a des positions qui sont exprimées dans les Alpes-Maritimes de l'ordre du climatosepticisme ». Laurent Hottiaux souligne à ce propos que c'est « d'abord la science qui dicte les choses. [...] C'est pour cela que l'État doit reprendre la main, comme sur la question de l'eau : l'échelle de l'eau ne peut pas être communale car c'est un bien commun, une ressource que nous partageons. » Laurent Hottiaux a souligné la difficulté de faire converger les intérêts dans un département marqué par des rivalités territoriales exacerbées. Avec malice et une certaine émotion, le nouveau préfet de la région Pays de la Loire souhaite tout de même garder des liens ici. Il l'a souligné à la fin de son discours tout en admettant que ses journées maralpines ont compté double.
