Laurence Ruffin élue maire de Grenoble : "Changer de maire sans changer de cap"
Après un premier tour très serré, Laurence Ruffin a été élue maire de Grenoble, ce dimanche 22 mars. La candidate de l'union de la gauche remporte quasiment 57% des voix, contre 43% pour l'ancien maire de Grenoble de 1983 à 1995, Alain Carignon. Une large victoire, mais avec des chiffres qui restent bas.
Laurence Ruffin, nouvelle maire de GrenobleCe qu'il faut retenir :
- Temps de lecture : 5 minutes
- Laurence Ruffin est maire de Grenoble, élue avec 57 % des voix.
- Alain Carignon obtient 43 % des suffrages.
Après s'être fait une frayeur au premier tour, la gauche l'emporte finalement à Grenoble et perpétue la tradition politique de la ville. Avec 53 % des suffrages, la candidate de l'union entre le Parti socialiste, les Verts, le PCF, les listes citoyennes et les insoumis est élue. Laurence Ruffin devient la première femme maire de Grenoble.
"Grenoble change de maire sans changer de cap"
Devant le local de "Oui Grenoble", ils sont près de 500 à s'être réuni dimanche 22 mars à minuit pour acclamer la future maire. Issue de la société civile, elle le reconnaît, elle ne s'attendait pas à ce que la campagne soit si difficile. "Évidemment, je suis très très très heureuse parce que c'est un long chemin d'arriver là et c'était devenu une bataille pour nos idées, mais aussi une bataille contre ce que pouvait devenir Grenoble et qu'on ne revienne pas en arrière. On a su résister à la corruption, on résiste à l'entre-soi, on résiste au racisme", sourit celle qui a incarné pendant l'entre deux tours un "barrage anti-Carignon".
Le vivre-ensemble est omniprésent dans son discours, "Ce qu'on veut faire à Grenoble, c'est améliorer la vie des gens, répondre à toutes les préoccupations et être élus pour tous les Grenoblois, qu'ils aient voté pour nous ou non", affirme la candidate de la gauche. Alors après quelques instants à célébrer, il faut se mettre au travail. Les élus de la majorité sont attendus dès le lendemain dans son bureau.
Dans l'ombre pendant toute la campagne, mais bien présent ce dimanche soir, le maire en poste Éric Piolle passe le flambeau. En 2014, déjà, il avait promis de se retirer après deux mandats, c'est donc une promesse tenue... avec le sourire : "Grenoble change de maire sans changer de cap. L'exercice du pouvoir a besoin de changements de style pour continuer à avancer et à poser les ruptures nécessaires pour avancer dans la bonne direction", souligne-t-il les larmes aux yeux, très ému de cette victoire.
Alain Carignon obtient 43 % des voix
Du côté du local de campagne de "Réconcilier Grenoble", liste divers droite menée par Alain Carignon, l'ambiance est plus morose. Certains militants pleurent, le silence domine, la défaite est difficile à encaisser et la colère est bien présente. Les 43 % récoltés par l'ancien maire de Grenoble entre 1983 et 1995 n'auront pas suffit à permettre à Alain Carignon de faire un troisième mandat dans la capitale des Alpes.
Le militant de droite fustige ses adversaires : "La ville a été mise à feu et à sang avec des slogans, des affichettes anonymes partout. Sur tous ces sujets, des plaintes seront déposées. Tous ces procédés infâmes et totalement illégaux ,qui ont été conduits sous l'autorité de Laurence Ruffin et d'Alain Brunon, démontrent les dangers pour la ville d'ailleurs, de ces équipes qui ont la violence pour méthode, qui n'acceptent pas le pluralisme et le débat et c'est très dangereux pour la ville et pour son avenir."
Des résultats modérés
Pour autant, la victoire de la gauche reste mesurée selon Simon Persico, politologue et directeur de Sciences Po Grenoble. Il analyse : "La gauche dans son ensemble, et notamment ses unions avec la France Insoumise, n'obtient pas forcément les résultats qui pouvaient être attendus quand on fait la somme de toutes les forces de gauche. Ça s'explique par les tensions vives qui existent, et le fait de faire une alliance avec la France Insoumise peut être contesté plutôt du côté droit de cet espace gauche-droite".
Mais l'exception grenobloise existe tout de même : "Même dans un contexte délicat, où des villes importantes comme Brest, Clermont-Ferrand, ont été perdues, Grenoble se maintient. Et si ça a été difficile pour la gauche au niveau national, ça a été encore plus difficile pour les Écologistes. Pourtant, Grenoble est restée une ville écologiste, comme Lyon".


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