L'arbitre haut-savoyard Cyril Mugnier dispute sa première Coupe du Monde !
La Coupe du Monde de la FIFA a débuté ce jeudi 11 juin, sur fond de polémiques. L'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, meilleur arbitre africain, a été refoulé du sol américain, malgré un visa valide. Une mésaventure, qui n'est pas arrivée aux huit arbitres français sélectionnés pour cette Coupe du Monde. Parmi eux, Cyril Mugnier, 42 ans, et licencié à l'US Vieugy-Semnoz. Entretien, à la veille de son décollage pour Miami.
Cyril Mugnier, dans son village d'enfance à Vieugy, près des terrains qui l'ont vu grandir. ©Victorien Duchet/RCF Savoie Mont-BlancCe texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur le player pour l'écouter en intégralité.
RCF : Cyril, vous nous recevez sur le terrain de l'US Semnoz-Vieugy. Pourquoi cet endroit ?
Cyril Mugnier : C'est le club dans lequel j'ai grandi, où j'ai appris à devenir arbitre. C'est ici que j'ai appris les valeurs de combativité, de soutien, et d'équipe.
Devenir arbitre professionnel, c'était une vocation ?
C.M : Non, pas du tout. Il y a très peu de jeunes qui veulent devenir arbitres au départ. Moi, je voulais jouer au foot avec mes copains. J'ai eu l'occasion d'arbitrer les plus jeunes, grâce à mon club local. C'est une activité qui me plaisait, que j'ai poursuivie en amateur.
Vous faites partie des 8 arbitres français à participer à cette Coupe du Monde. Une première pour vous ! Quel est votre sentiment ?
C.M : J'arrive novice dans cette compétition, contrairement à Clément Turpin, qui vit déjà sa troisième Coupe du Monde, avec son assistant. C'est un moment toujours à part. On va avoir de nouvelles équipes, des nouveaux pays comme le Cap-Vert, qui n'a jamais participé à une Coupe du Monde. Il va y avoir beaucoup d'émotions.
A quoi va ressembler votre quotidien, à Miami, dans votre camp de base ?
C.M : Notre camp de base est privatisé. Tous les matins, on a une séance d'entrainement. Le midi, on déjeune ensemble, et l'après-midi on a des débriefings en salle. Ce qui est important, c'est le partage. La Coupe du Monde, c'est avant tout de rencontrer des gens qui ont une autre culture, une autre religion, se faire inviter pour prendre le thé, partager du chocolat, et jouer aux cartes.
La Coupe du Monde va me permettre de grandir, non pas en tant qu'arbitre, mais en tant qu'homme
Clément Turpin, l’un des deux arbitres centraux français sélectionnés pour la Coupe du Monde, disait que désormais, les arbitres français étaient le choix numéro un pour les grandes compétitions européennes. Vous étiez à Istanbul en mai dernier arbitrer la finale d’Europa League, entre Aston Villa et Fribourg. Comment expliquer que l’arbitrage français, longtemps raillé, est devenu aujourd’hui une référence ?
C.M : On a une belle génération. On a deux super arbitres centraux, Clément Turpin et François Letexier, qui sont des leaders pour nous. Ca fait plus de dix ans qu'on se connait. On se retrouve une fois par mois en stage sur notre camp de base à Clairefontaine. Cette cohésion nous a amené à grandir ensemble, à choisir notre propre style d'arbitrage. Aujourd'hui, on a une génération d'arbitres français qui est très forte. Avec Jérôme Brisard, élu meilleur arbitre de Ligue 1 cette saison, et Willy Delajod (Saint-Pierre-en-Faucigny) qui a un gros potentiel pour l'avenir.
L'assistance vidéo à l'arbitrage vous aide, ou vous déresponsabilise ?
C.M : On est toujours responsables. C'est toujours nous qui prenons la décision finale. La vidéo est un vrai outil, il nous permet de garantir une certaine application de la loi du jeu.
Et vous serez derrière les Bleus à la Coupe du Monde ?
C.M : On est les premiers supporters, on va les regarder depuis notre hôtel, et on espère que les Français décrocheront la deuxième étoile. Et puis si l'équipe nationale est éliminée avant, il faudra nous supporter !


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