L'Alsace se dote d'un Conseil des cultes
Réunis pour la première fois à l'initiative de la Collectivité européenne d'Alsace, les représentants des huit principaux cultes présents sur le territoire ont officiellement lancé le Conseil des cultes d'Alsace. Une nouvelle instance qui entend retisser le dialogue interreligieux.
©RCF AlsaceFavoriser le dialogue, mieux se connaître et porter une parole commune sur les grands enjeux de société : c'est l'ambition du nouveau Conseil des cultes d'Alsace.
Officialisée ce lundi par la Collectivité européenne d'Alsace (CEA), cette instance rassemble les représentants des huit principaux cultes présents sur le territoire : le catholicisme, le protestantisme luthéro-réformé, l'évangélisme, l'islam, le judaïsme, le bouddhisme et le bahaïsme. Les responsables des facultés de théologie et de droit des religions participent également à ses travaux.
Un Conseil à la demande des représentants des cultes
Si Frédéric Bierry, président de la CEA, était déjà en lien avec les représentants des cultes, il explique que cette initiative vise à "reconstruire" le dialogue interreligieux, à "la demande même des hauts dignitaires".
Une démarche qui répond directement aux tensions internationales, selon Harold Abraham Weill. Le Grand-rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin estime que “certains événements ont créé une distance”. Il jugeait donc “important de se retrouver autour d'une table”, chaperonné qui plus est par la CEA “qui joue un rôle très apaisant”.
Un projet qui enchante particulièrement Mgr Delannoy, archevêque de Strasbourg :
C’est important de ne pas s’ignorer et progresser ensemble, vers l’unité. Exprimer nos différences et les respecter.
Un dialogue inter-départemental, aussi
Au-delà du dialogue interreligieux, cette nouvelle instance entend aussi renforcer les liens entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. “Entre les deux départements, ils ne se connaissent pas forcément. Il y a aussi une volonté de s'inspirer des bonnes pratiques des uns et des autres”, explique le président de la CEA. C'est notamment le cas des représentants musulmans, dont l'organisation reste structurée à l'échelle départementale depuis la création de la région Grand Est. Pour Saïd Allah, président de la grande mosquée de Strasbourg :
C’est une nouvelle ère dans l’organisation et la structuration de l’islam de France.
Le Conseil se réunira au minimum deux fois par an, en début d'année puis entre juin et juillet, pour définir les grandes thématiques de travail et élaborer des projets en conséquence. “Nous prévoyons aussi des réunions en cas de situation d'urgence”, insiste Philippe Ichter, chargé de Mission relations avec les cultes et dialogue interreligieux à la CEA.
L'éducation classé prioritaire
Pour cette première réunion, plusieurs sujets ont été évoqués, parmi lesquels les violences faites aux femmes ou encore l'intelligence artificielle. Mais c'est l'éducation qui constituera le premier chantier des seize représentants.
Par éducation, Frédéric Bierry entend “aussi bien l'éducation scolaire que l'éducation populaire”.
Nous voulons ouvrir les yeux des nouvelles générations en allant à la rencontre des jeunes, dans les collèges, les lycées, mais aussi les écoles primaires. Et tout cela, en collectif.
En attendant la mise en œuvre de projets concrets, en lien notamment avec le rectorat, les membres du Conseil des cultes prévoient de participer au Forum des religions, le 8 octobre prochain. Ils souhaitent également consacrer une journée au dialogue interreligieux, le 12 novembre 2026.


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