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La sécheresse frappe aux quatre coins du monde #JeudiPhoto
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La sécheresse frappe aux quatre coins du monde #JeudiPhoto

Un article rédigé par Stéphanie Gallet, Melchior Gormand - RCF, le 8 décembre 2022  -  Modifié le 8 décembre 2022
Jeudi Photo - Agir pour le monde La sécheresse frappe aux quatre coins du monde #JeudiPhoto

Chaque jeudi, Stéphanie Gallet décrypte une photo sélectionnée par le CCFD-Terre solidaire. Cette semaine, direction l'Irak, là où se rencontrent les fleuves du Tigre et de l’Euphrate pour former les marais mésopotamiens.

Au de bord de l'eau : portait d'un pêcheur prêt à partir © Roberta Valério Au de bord de l'eau : portait d'un pêcheur prêt à partir © Roberta Valério

Une photo magnifique et grave


C’est un portrait, une photo verticale. Le ciel occupe presque la moitié haute de la photo, c’est un ciel bleu très clair, presque blanc, sans aucun nuage, un ciel à la chaleur incandescente ou le soleil se sent à défaut de se voir. C’est la photo d’un homme dans une barque. Il est debout et tient une longue perche dans sa main gauche, mais deux choses insolites attirent notre regard : l’habit de l’homme et surtout la quasi absence d’eau autour de la barque. En fait, cette barque est presque échouée dans une flaque de boue. Il y a vaguement un peu d’eau en arrière-plan mais autour, la terre est brûlée par le soleil et on se demande comment manœuvrer ce frêle esquif avec aussi peu d’eau. 

 

Comment est habillé l'homme ?

 

Notre homme est vêtu d’une sorte de très longue robe grise, sur lequel il porte une longue veste noir. Le tout semble amidonné, très strict. Il se tient très droit. C'est une tenue un peu incongrue pour aller pêcher. A priori, il s'apprêtait à partir en ville  quand il a vu la photographe, il lui a montré sa barque et elle l’a prise en photo.


Où sommes-nous ?

 

Au sud de l’Irak, là où se rencontrent les fleuves du Tigre et de l’Euphrate pour former les marais mésopotamiens. Un territoire jadis verdoyant connu comme le jardin d'Éden des récits bibliques. Mais ce trésor multimillénaire, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, est aujourd’hui menacé de disparaître. En raison des fortes chaleurs, plus de 50 degrés l'été, les marais ont déjà réduit de 60%. À cela s’ajoutent les barrages construits en amont et les déchets rejetés en aval qui remontent en polluant les terres. Les poissons se font plus rares et le bétail peine à s’abreuver. Se nourrir devient un défi et contraint de nombreuses familles à quitter leurs terres. 


Pourquoi cette photo ?

 

Nous sommes le jeudi 8 décembre et c’est la Journée Mondiale du Climat, d’où cette chronique qui fait un focus sur le drame des marais irakiens. Mais de façon plus générale le CCFD-Terre solidaire estime que chaque année, 55 millions de personnes dans le monde seraient directement touchées par la sécheresse. Du Moyen-Orient à l’Europe, en passant par l’Amérique du Nord et du Sud, la sécheresse s’intensifie et menace la survie des populations.

 

Qui est la photographe ?


Il s'agit de Roberta Valerio, qui a sillonné le sud de l’Irak à la rencontre des populations de pêcheurs et d’agriculteurs des marais mésopotamiens, qui subissent de plein fouet les dérèglements climatiques. Cette photo de ce pêcheur très digne qui pose sur sa barque échouée est une photo éminemment symbolique pour illustrer la désertification et pour dénoncer l’inaction climatique des états.

 

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