La plus grande église des Alpes-Maritimes se visite à 40 kilomètres de Nice
Un lieu de culte existe à cet emplacement dès le XIIe siècle. La cathédrale Saint-Michel de Sospel impressionne par sa taille dans la magnifique commune de Sospel.
La cathédrale de Sospel - Photos SCG pour RCFSospel est mentionnée pour la première fois comme habitat fortifié en 1157, et en 1229 la population est répartie entre trois paroisses, dont celle de Saint-Michel. L'édifice devient cathédrale en 1378, lorsque la ville prend le parti du pape d'Avignon contre l'antipape de Rome pendant le grand schisme d'Occident, statut qu'elle conserve jusqu'en 1411. Une histoire tumultueuse.
Reconstruction baroque
À la suite de l'épidémie de peste de 1632, les habitants font le vœu de reconstruire l'église, ce qui est entrepris à partir de 1641 sur les plans de l'ingénieur militaire et architecte niçois Jean-André Guibert. C'est le même architecte qui a conçu Sainte-Réparate à Nice. Cet engagement, ce vœu figure sur le linteau au-dessus de l'entrée. Les travaux se poursuivent jusqu'en 1672, avec des embellissements supplémentaires apportés en 1762.

Vestiges de l'art roman
Le clocher roman lombard, dont le soubassement date de la fin du XIIe siècle, a survécu à la destruction de l'église romane d'origine ; il est couronné d'une flèche pyramidale probablement du XIIIe siècle. Le reste de l'édifice relève du style baroque : façade à niches abritant les saints patrons locaux, haute corniche, chapiteaux corinthiens, coupole à la croisée du transept, et chœur au chevet polygonal orné de niches incurvées. C'est la plus grande église des Alpes-Maritimes. Sospel n'est plus aujourd'hui la grande et riche cité d'autrefois. Voilà pourquoi cette petite ville jouit aujourd'hui d'un si bel édifice pour sa taille.

Protection et restaurations
L'édifice est classé monument historique par arrêté du 18 avril 1951. Une importante restauration a eu lieu en 1888, après le séisme qui a frappé la Provence orientale et la Ligurie en février 1887. Plus récemment, une nouvelle campagne de restauration a nécessité douze mois de fermeture, mobilisant plus de cinquante spécialistes de la région et d'Italie pour un coût de plus de 1,6 million d'euros, financé par l'État, les collectivités locales et de nombreux donateurs.




