La Maison du Poids : perdre du poids sans régime, c'est possible
À Namur, un cabinet pas comme les autres vient d'ouvrir ses portes. La Maison du Poids, fondée par Louis Engels, propose une approche radicalement différente des régimes classiques : un rééquilibrage alimentaire progressif, ancré dans le plaisir et le soutien psychologique. Rencontre avec un fondateur qui parle d'expérience.
©Emma DziadoszLa Maison du Poids n'est pas née d'un calcul commercial. Elle est née d'un vécu, celui de Louis Engels, son fondateur, qui était lui-même un ancien patient en surpoids. "J'ai la chance aujourd'hui de pouvoir me servir de cette histoire pour accompagner les personnes", confie-t-il. C'est il y a environ six ans, juste après le Covid, qu'il ouvre un premier cabinet diététique. Depuis, le projet a grandi jusqu'à compter aujourd'hui quatre cabinets, dont le dernier vient d'ouvrir du côté de Gembloux.
Le nom "Maison du Poids" n'a rien d'anodin, il traduit une volonté claire de rompre avec l'atmosphère froide et anxiogène des cabinets médicaux classiques. "Quand vous êtes suivi par des diététiciens ou à l'hôpital, il y a souvent cette dynamique un peu rigide qu'on ressent dès la salle d'attente, avec des couloirs très blancs. Nous, le but, c'est vraiment de casser ça", explique Louis Engels.
Contre les régimes, pour le rééquilibrage
La philosophie de la Maison du Poids tient en une conviction : les régimes ne fonctionnent pas. "90% des régimes n'ont pas une efficacité qui dure plus de trois ans", affirme le fondateur. La restriction engendre la frustration, la frustration mène au découragement, et le découragement à l'abandon. Un cercle vicieux bien connu, que Louis Engels résume sans détour : "Les personnes prennent ça comme un échec personnel, alors que c'est surtout un problème de méthode."
La réponse de la Maison du Poids, c'est le rééquilibrage alimentaire : trouver l'équilibre entre plaisir et diététique, sans jamais supprimer ce qui fait envie. "Sans plaisir, vous vous frustrez. Et une fois frustré, vous abandonnez." Dans chaque plan alimentaire proposé figure d'ailleurs un petit carré de chocolat noir, clin d'oeil assumé à cette philosophie. Louis Engels a même publié un livre sur le sujet, intitulé "Je perds du poids en mangeant du chocolat". Chaque nouveau patient repart de sa première consultation avec un exemplaire et son carré de chocolat. Changer ses habitudes alimentaires, c'est créer de l'inconfort pour le cerveau. Et le cerveau, rappelle Louis Engels, n'accepte les inconforts que s'ils sont progressifs. "Le but, c'est toujours de découper l'objectif en plusieurs parties. Le premier mois, on optimise ses courses. Le mois d'après, on travaille sur des assiettes équilibrées. Puis on s'attaque au grignotage. Puis au sport." Étape par étape, sans tout bouleverser d'un coup.
Cette progressivité n'empêche pas les résultats d'arriver rapidement. Elle permet surtout qu'ils durent. Car chaque petit objectif atteint renforce la confiance en soi, et cette confiance rend l'objectif suivant plus accessible. "Plus le temps va passer, plus ça va devenir automatique", assure le fondateur. Les parcours d'accompagnement durent généralement entre six mois et un an, le temps que les nouvelles habitudes soient bien ancrées et que ce qu'il appelle "l'ancienne identité" soit définitivement dépassée.
Un public cible : les mères de famille
La Maison du Poids a fait un choix de spécialisation. Si le cabinet accueillait autrefois tous les profils, il a progressivement recentré son accompagnement sur un public précis. "On s'est rendu compte que 80 à 90% des personnes qui venaient nous trouver, c'était généralement des mères de famille qui avaient tenté plein de régimes et qui cherchaient une stratégie durable", explique Louis Engels. Charge mentale élevée, peu de temps pour s'organiser, vie de famille à concilier : l'accompagnement a été pensé pour répondre précisément à ces réalités, avec une application mobile, des recettes équilibrées adaptées à la famille et un soutien psychologique entre les séances.
Cela ne signifie pas que les autres profils sont exclus. "Si un papa vient me trouver au cabinet, il sera évidemment le bienvenu. On verra si notre accompagnement correspond vraiment à ce dont il a besoin", nuance le fondateur.
Ce qui distingue peut-être le plus la Maison du Poids des cabinets diététiques classiques, c'est la place accordée à la dimension psychologique. "Une consultation avec moi, on ne va pas beaucoup parler de nourriture. On va plutôt parler de ce qui se passe chez vous, comment vous vous sentez, ce qui fait que vous avez eu du mal certains jours", confie Louis Engels. L'équipe, composée de trois diététiciens nutritionnistes et d'une thérapeute spécialisée dans l'aspect motivationnel, est choisie avant tout pour son empathie. "On cherche des personnes qui comprennent les humains, qui sont dans une dynamique positive. Pas quelqu'un qui va juste donner un plan alimentaire en disant que si vous n'avez pas perdu ce mois-ci, c'est parce que vous ne l'avez pas suivi."
Pour Louis Engels, la motivation profonde qui le pousse à continuer est simple : voir les gens repartir avec le sourire. "Parfois, il suffit de demander vraiment à quelqu'un comment il va pour que la connexion soit différente. Et là, la personne craque, parle de tout ce qu'elle porte. Le but, c'est qu'après la séance, elle reparte avec une meilleure énergie." Une vision de son métier qui ressemble davantage à une vocation qu'à une activité professionnelle.


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