Lyhanna, Philippine... Que peut faire le politique pour sauver le système judiciaire ?
Face à la multiplication des affaires criminelles, l'institution judiciaire s'étouffe. Le cas récent de Lyhanna en est un exemple criant. Il y a quelques mois, le meurtre de Philippine avait défrayé l'actualité. Cette jeune étudiante de 19 ans était retrouvée morte dans le bois de Boulogne, à côté de Paris. Face à l'accumulation de ces meurtres, que peut faire le pouvoir politique ? Charles Rodwell est député macroniste des Yvelines. Il était l'invité de la matinale RCF Notre Dame.
DRQuelques mois après l'affaire « Philippine » - du nom de cette jeune fille assassinée par un homme sous obligation de quitter le territoire français -, le député macroniste Charles Rodwell a porté une proposition de loi sur l'allongement de la rétention des étrangers jugés dangereux. Elle a été adoptée en commission mixte paritaire jeudi 4 juin, et s'inscrit dans un contexte de crise pour le système judiciaire : les drames s'accumulent et les réactions de la justice sont jugées insuffisantes.
Une proposition de loi née de l'affaire Philippine
L'Assemblée nationale a amendé puis adopté la proposition de loi du député macroniste. Transmise au Sénat puis de nouveau amendée, elle a finalement été adoptée en commission mixte paritaire. D'après la proposition de loi elle-même, elle vise à « renforcer et sécuriser le cadre légal de la rétention administrative des délinquants et criminels étrangers ».
La loi dite « Philippine » comporte par ailleurs quatre articles « visant à renforcer le suivi, la prévention et le contrôle des individus qui représentent une menace terroriste et qui sont porteurs de troubles mentaux et psychiatriques aggravés », deux articles « visant à améliorer l'efficacité de nos dispositifs de prévention et de lutte contre les actes terroristes » et deux articles « visant à renforcer le cadre légal de la rétention administrative des criminels et délinquants étrangers ».
Cette proposition de loi vise principalement les personnes sous obligation de quitter le territoire français. Le texte aspire à « lutter contre le terrorisme » et à « allonger la durée de rétention administrative pour des personnes extrêmement dangereuses », tout en garantissant « l'accompagnement, le suivi, le soutien » pour « les personnes qui sont atteintes de troubles psychiatriques graves, qui posent un grave danger pour elles-mêmes comme pour le reste de la société », selon les mots du député.
Un texte au cœur des débats politiques
Pour Charles Rodwell, « ce texte est la preuve que l'on peut tout à fait respecter l'État de droit qui protège nos libertés publiques, tout en prenant des mesures pour renforcer massivement la sécurité des Français et de nos familles ».
Pourtant, cette loi, ciblant notamment les personnes sous OQTF, a déjà reçu de nombreuses critiques de la part de la gauche, qui lui reproche un caractère raciste et xénophobe. Le député tient à rappeler que « sept des dix articles » qu'il porte « concernent les Français comme les étrangers ».
Certains responsables politiques d’extrême droite accusent aussi les magistrats d'être « idéologisés » et de ne pas appliquer suffisamment fermement les lois. Le député adopte toutefois une position plus nuancée, affirmant que « beaucoup de magistrats sont très fermes » et qu'ils « font ce qu'ils peuvent avec les moyens du bord ». Selon lui, les difficultés de la justice s'expliquent davantage par « une non-adéquation entre les moyens et l'explosion du nombre d'affaires » que par un problème idéologique.
Ces meurtres, ces assassinats, ces viols illustrent une chose, c'est que la République a perdu la capacité de protéger ses enfants et ses familles.


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