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Voyage en Jordanie : "La Terre Sainte, ce n'est pas seulement Israël"

Voyage en Jordanie : "La Terre Sainte, ce n'est pas seulement Israël"

Un article rédigé par Violaine Attimont - RCF Bordeaux, le 15 janvier 2024  -  Modifié le 24 janvier 2024
Regards sur l'actualité La Jordanie : une Terre Sainte et un soutien aux chrétiens du Proche Orient

Connaissez-vous l'autre Terre Sainte ? Celle au-delà du Jourdain ? Cette terre est enracinée en Jordanie, voisin d’Israël et de la Cisjordanie ;  théâtre de l’épopée du peuple de Dieu conduit par Moïse avant d’entrer sur la Terre Promise. C’est sur cette terre, au coeur du royaume hachémite, que s’est tenu le 75ème congres national de l’ANDDP (association nationale des directeurs diocésains de pèlerinages) du 13 au 18 novembre 2023. Un pèlerinage à vivre en Terre Sainte, au delà du Jourdain, sur les traces de Moïse et du Mont Nebo ou de Béthanie sur le lieu du baptême du Christ et un pèlerinage à vivre en solidarité avec les chrétiens du Proche-Orient.

Sur les routes de Jordanie  ©Violaine Attimont Sur les routes de Jordanie  ©Violaine Attimont

 C'est un congrès pèlerinage pas comme les autres qui s'est tenu, un peu plus d'un mois après le début du conflit entre Israël et le Hamas ; un congrès qui, malgré les désistements, a réuni 120 directeurs français de pèlerinages et une 15zaine de journalistes invités par le royaume hachémite de Jordanie et le Jordan Tourism Board.

 

Les congressistes ont visité des lieux chargés de sens : Béthanie - au delà du Jourdain (Al-Maghtas), l'endroit présumé du baptême du Christ, sur la rive orientale du Jourdain, à 9 kilomètres au nord de la Mer Morte, également la colline d’Elie (Jabal Mar Elias) située à proximité.

Le site du baptême du Christ en Jordanie, au delà du Jourdain

 

 

 

On a l'impression d'être dans les pages de la Bible 

 

Ici, pour les pèlerins, ce sont des émotions fortes, comme celles qu’a vécu Laurence Guillebon, directrice des pèlerinages du diocèse des Landes.

 

" Je ne pensais pas, en venant ici, que ça ferait autant d'émotion parce qu'on se dit c'est un tas de pierres avec un peu d'eau. On connaît l'Évangile, on connaît les textes. C'est visualiser et vivre l'endroit précis. On est allé à la grotte d'Elie, et là on est sur le lieu du baptême du Christ. On a l'impression d'être dans les pages de la Bible.  Ca secoue pas mal. Je ne pensais pas être prise à ce point par le lieu, par l'émotion qui s'en dégage. "

 


Au delà des temps forts, des temps spirituels, la Jordanie, c’est aussi la rencontre avec les chrétiens sur place. Leur message ? " Venez ! Venez en Jordanie pour nous encourager", comme en témoigne le frère Andrès, membre de la communauté catholique du Verbe incarné à Béthanie et le Père Tarek, curé de la paroisse latine de la décapitation de Saint Jean Baptiste à Madaba. Tous deux témoignent de l'importance du soutien aux chrétiens d'Orient.

Venez ! Venez en Jordanie pour nous encourager

 

"Notre communauté, c'est l'Institut du Verbe incarné", explique le frère Andrès. "Notre finalité, c'est l'évangélisation de la culture et la paroisse de Gaza. Nous avons la charge pastorale de Gaza et grâce à Dieu, chaque jour le curé de la paroisse nous envoie des nouvelles et il nous dit ce qu'on sait tous, qu'il faut beaucoup prier. Il faut soutenir la foi, l'espérance des chrétiens là bas. " 

Le Journal local Jordanie épisode 3 : rendez-vous sur le site du baptême du Christ

  

Frère Andrès de la communauté du Verbe incarné

 

L'être humain est un être humain, soit en Palestine, en Israël et en Jordanie

 

"C'est un être humain et on doit le respecter. Parce que tous sont à l'image de Dieu. Comme il est dit dans la Genèse " Tout le monde, pas seulement un seul peuple, mais tout le monde, ont été crée à Son image. On cherche toujours la paix. La paix sans la terre est vide et la terre sans la paix est aussi vide. "

L'église catholique latine du Baptème du Christ

 

Les pèlerins ont renouvelé leur baptème sur les bords du Jourdain

Mgr Le Vert aussi milite pour l’organisation de pèlerinages en Jordanie. L’évêque auxiliaire du diocèse de Bordeaux et accompagnateur du pèlerinage pour la CEF (conférence des évêques de France), est un des organisateurs de ce congrès. " La Terre Sainte, ce n'est pas seulement Israël. La Terre Sainte, c'est une partie de l'Egypte, la Jordanie dans lequel il y a eu tout l'Exode, Israël, le Liban, une partie de la Syrie. Voilà, tout ça, ce sont des lieux de la Terre Sainte. Donc, on vient leur faire découvrir un certain nombre de choses. On vient leur proposer d'organiser des pèlerinages. Et c'est la raison pour laquelle d'ailleurs, le roi de Jordanie et son gouvernement nous ont proposé de venir ici. Il y a le fait aussi de renforcer les liens entre les communautés catholiques d'Occident et les communautés catholiques d'Orient."

 

Les pèlerins de l'ANDDP au Mont Nébo en Jordanie

 

Il faut bien se rendre compte que les premiers habitants étaient chrétiens
 


"Nous venons bien évidemment pour signifier notre soutien à ces communautés", indique l'évêque auxiliaire de Bordeaux. 

 

"Cette terre était d'abord chrétienne. Le roi Abdallah l'a rappelé il y a quelques temps quand on était venu encore pour préparer. Il faut bien se rendre compte que les premiers habitants étaient chrétiens. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 2 %, même s'il y a un travail remarquable du roi et de son père avant lui pour cette entente entre les trois grandes religions monothéistes.

 

 

 

Nous venons aujourd'hui aussi pour signifier à ces communautés minoritaires qu'on ne les oublie pas. Et si nous avons maintenu ce congrès alors que la situation géopolitique est extrêmement difficile, c'est parce que nous pensons qu'il est très bien de venir les voir quand tout va bien, on en est heureux. Mais c'est bien de venir les voir quand ils ont des difficultés et ils souffrent beaucoup, beaucoup de cette situation.

 

Actuellement. Il faut quand même se rendre compte que la majorité des chrétiens en Terre Sainte, ce sont des Palestiniens, ce sont des Arabes et donc ils sont très heureux de nous voir arriver. Donc on renforce tous ces liens, on montre plein de choses qui peuvent se jouer ici. "

 

 

 

Le Journal local Jordanie 4 : Mgr Le Vert, délégué des évêques de France pour les pèlerinages

 

 

Mgr Le Vert, év^qeua auxiliaire de Bordeaux, représentant de la Conférence des évêques de France (CEF) pour l'ANDDPu p-lerinage pour la CEF

 

 

 La Jordanie, c'est aussi le Mont Nébo (Moab) et la vision de la Terre Promise donnée à Moïse, le Mont Nébo où est présente une communauté de frères franciscains. "  Le message du Mont Nébo, c'est un  message de vie spirituelle aussi, " explique le frère Dominique Joly, directeur des pèlerinages franciscains. " C'est revoir la Terre Promise espérée. La Terre Promise, c'est avoir passé 40 ans dans le désert. Dans notre vie nous avons tous des périodes de désert et c'est important aussi des périodes de sécheresse, même spirituelles. Et puis il y a des périodes de plus grande espérance où l'on sent plus la proximité de Dieu dans notre vie. Et je dirais que ce lieu symbolise tout à fait ça et nous fait entrevoir la Terre Promise "

La vue de la Terre Promise depuis le Mont Nebo en Jordanie

 

 

 

Et puis la Jordanie, c'est aussi Pétra, bien sûr, joyau des Nabatéens, un site immense construit dans la roche, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Et là aussi, les Bédouins sont reconnaissants à ceux qui ne craignent pas de fouler le sol jordanien en période troublée.

La façade emblématique de Pétra

 

 

Le site de Pétra en Jordanie

 

La Jordanie, c'est un pays stable

 

"On travaille avec le tourisme. C'est notre façon de vivre ", raconte Lydia, une algérienne venue vivre avec un bédouin. "On adore recevoir les gens. Mais le problème, c'est vraiment cette mauvaise image qu'on a au Moyen-Orient. La Jordanie, c'est un pays stable. On vit tous ensemble, on a des chrétiens, des musulmans, tout le monde s'entend. Les touristes sont ici chez eux. C'est un pays safe. Mais malheureusement, ça nous touche."

 

Cette saison, les bédouins travaillent beaucoup moins que d'habitude", explique-t-elle. "C'est très compliqué parce qu'il n'y a pas d'aide gouvernementale ici. Heureusement, on connaît l'entraide quand même entre les gens. Et bon, vous savez, ici on dit toujours Hamdoulah, merci mon Dieu, on est en bonne santé, on est en vie. Il y a des enfants et des femmes qui meurent sous les bombes à Gaza. On ne peut pas se plaindre, on n'a pas le droit. Il faut garder la foi, le sourire. Il faut que vous partiez là bas, expliquer qu'ici on attend tout le monde avec vraiment beaucoup d'hospitalité, d'impatience et on espère des jours meilleurs. "

 

A écouter aussi :

Le  Père Tarek,  curé de la paroisse latine de la décapitation de Saint Jean Baptiste à Madaba (épisode 5)

Isabelle Ducousso, responsable du service diocésain des pèlerinages en Gironde (épisode 1)

Vincent Gélot, responsable de sprojets de l'Oeuvre d'Orient en Jordanie, au Liban et en Syrie. (épisode 2)  

Le Journal local Jordanie épisode 5 : le soutien nécessaire à la communauté chrétienne
Le Journal local En direct de la Jordanie : épisode 1 avec le service des pèlerinages en Gironde
Le Journal local En direct de la Jordanie : épisode 2 Qui sont les chrétiens de Jordanie ?
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