La galerie contemporaine de la cathédrale d'Angers inaugurée aujourd'hui!
La galerie contemporaine de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers sera inaugurée ce jeudi 9 avril. Un bâtiment pensé par l'architecte japonais Kengo Kuma qui a du mal à faire l'unanimité chez les angevins. Critiques que nous avons évoquées avec l'architecte Elise Fauquembergue, chargée de ce projet de galerie pour le cabinet de Kengo Kuma.
Elise Fauquembergue, architecte de la galerie contemporaine de la cathédrale d'Angers ©RCF Anjou 2026RCF Anjou : Nous sommes à quelques heures de l’inauguration officielle. Tout sera prêt à temps ?
Élise Fauquembergue : Oui, tout est prêt. Nous sommes très contents. Pour nous, c’est une journée très chargée, nous allons enchaîner les visites et les interviews, M. Kengo Kuma arrive sur place ce jeudi matin, avant une série d’événements jusqu’à l’inauguration.
Cette galerie contemporaine, on en parle aussi au Japon !
RCF Anjou : Peut-on parler d’un événement national, voire international ?
« Oui, notamment parce que l’architecte est japonais. C’est aussi un événement pour le Japon. C’est assez inédit qu’un architecte japonais ait l’opportunité de travailler sur un monument historique français. On en parle déjà au Japon, et probablement encore davantage après l’inauguration. »
RCF Anjou : C'est un projet qui fait polémique. Certains le trouvent inesthétique ou mal intégré. Comprenez-vous ces critiques ?
« Ces critiques peuvent être choquantes lorsqu’elles ne sont pas nuancées. Dire simplement « c’est beau » ou « c’est moche », c'est très limité... Ce projet est le fruit d’un long travail, avec du sens et des symboles. Il répond surtout à un cahier des charges précis établi par le ministère de la Culture. Ce n’est pas un projet individuel, mais un travail collectif. »
La cathédrale Saint-Maurice est le fruit de plusieurs époques (...), c'est pour ça que cette galerie contemporaine est légitime.
RCF Anjou : Comment décrire cette galerie contemporaine ?
« Nous avons voulu faire écho à une ancienne galerie qui protégeait le portail polychrome et qui a aujourd’hui disparu. Faute de sources suffisantes, il était impossible de la reconstruire à l’identique. L’État a donc fait le choix d’un projet contemporain.
La cathédrale elle-même est le fruit de plusieurs époques. Chaque partie correspond à une période différente, ce qui rend légitime l’ajout d’une architecture contemporaine aujourd’hui. »
RCF Anjou : Quelles étaient les principales contraintes techniques ?
« La galerie mesure 21 mètres de long et 7 mètres de large. Elle doit protéger le portail polychrome de la cathédrale, mais aussi préserver les vestiges enfouis. Nous ne pouvions pas nous appuyer sur la cathédrale. Nous avons donc repris exactement l’emprise intérieure de l’ancienne galerie pour respecter les fondations existantes. »
RCF Anjou : La couleur et les matériaux interrogent également. Pourquoi ces choix ?
« La pierre de tuffeau n’était pas adaptée car trop fragile pour un espace de passage. Nous avons donc choisi un matériau minéral inspiré du sol local, composé de sable et de cailloux issus des alluvions du territoire. C’est une autre manière d’exprimer la géologie locale, en lien avec la cathédrale. »
Nous sommes là pour expliquer notre projet, et comment il s'inscrit dans l'histoire de la cathédrale
RCF Anjou : Pensez-vous que vos explications permettront de faire taire les critiques ?
« Le débat est intéressant et nécessaire. Nous avons organisé des conférences, des visites et une exposition pour expliquer notre démarche. L’objectif est de partager le processus et de montrer comment ce projet s’inscrit dans l’histoire de la cathédrale, tout en protégeant le portail pour les générations futures.
RCF Anjou : A l'image de la pyramide du Louvre ou de la Tour Eiffel, critiqués à leurs débuts, cette galerie peut-elle devenir un symbole de la ville d'Angers ?
« Les Angevins commencent déjà à se réapproprier l’espace. La place, autrefois un parking, est devenue piétonne. Les gens s’y arrêtent, observent, échangent. Il y a aussi une curiosité : les visiteurs touchent les matériaux, cherchent à comprendre. Cela suscite une émotion, et c’est déjà très important.
RCF Anjou proposera une émission spéciale ce soir dès 18h, en direct, depuis la cathédrale Saint-Maurice d'Angers, avec notamment la retransmission de la bénédiction de la galerie par Mgr Emmanuel Delmas, l'évêque d'Angers.


Du lundi au vendredi à 9 heures RCF Anjou vous propose un entretien sur un sujet d'actualité.

