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La France, une démocratie sans citoyens ? Le regard sans concession d'Antoine Vielliard

La France, une démocratie sans citoyens ? Le regard sans concession d'Antoine Vielliard

Un article rédigé par Victorien Duchet - RCF Haute-Savoie, le 22 mai 2026 - Modifié le 22 mai 2026
L'Invité local · RCF Savoie Mont-BlancLa France, une démocratie sans citoyens ? Le spleen d''Antoine Vielliard

Il revient sur le devant de la scène politique, après l’avoir quittée. Poussé vers la sortie en 2020, l'ancien maire MODEM de Saint-Julien-en-Genevois a mis quatre ans pour sortir la tête de l’eau. En 2026, il publie "Une démocratie sans citoyens, chronique d'un maire en première ligne", qui n’est pas un règlement de comptes, mais davantage une vision de la démocratie, qui, selon lui, n’a plus que quelques années à vivre. Un regard cru et honnête sur son expérience d'élu, et l'inaction dont certains citoyens font preuve.

Antoine Vielliard, ancien maire de Saint-Julien-en-Genevois, dans les studios de RCF en Haute-Savoie ©Victorien DuchetAntoine Vielliard, ancien maire de Saint-Julien-en-Genevois, dans les studios de RCF en Haute-Savoie ©Victorien Duchet

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur le player pour l'écouter en intégralité.

RCF : C’était silence radio depuis 2020, et votre défaite aux élections en plein Covid. Que s'est-il passé durant ces six dernières années ? 

Antoine Vielliard : Je ne m'attendais pas à cette défaite. Finalement, elle était assez prévisible, à partir du moment où le PS et les LR ont fait liste commune. Aujourd'hui, je suis en reconversion professionnelle. Je travaille dans une association qui organise des séjours de loisirs pour des personnes en situation de handicap cérébral. Comme dans le film "Un P'tit Truc en Plus"

Vous publiez ce livre “la démocratie sans citoyens, chronique d’un maire en première ligne”. Un signal d’alarme envoyé à chacun de nous, citoyen ayant le sens de l’intérêt collectif. La France est aujourd’hui une démocratie sans citoyens ? 

A.V : Depuis 50 ans, le taux de participation aux élections baisse de 1% tous les 18 mois. A Saint-Julien-en-Genevois, en 2026, l'abstention a atteint les 56%. On parle de 3000 votants dans une ville de 17 000 habitants. C'est un simulacre de démocratie ! Dans 6 communes sur 10 en France, il n'y avait qu'une seule liste. Même dans les dictatures, on fait semblant de mettre des candidatures fantoches !     

A ce rythme là, la démocratie n'a plus que 10 à 20 ans devant elle 

Avant de voter, il faut débattre, il faut réfléchir, il faut discuter. Or, aujourd'hui, on consacre de moins en moins de temps et de moyens financiers à l'information. Il y a de moins en moins de journalistes. On ne se connait plus les uns et les autres, on ne va plus au service militaire, et on se retrouve de moins en moins dans le café du village. Quand j'étais maire, il était extrêmement rare que le sujet dont me parlait un habitant soit éloigné de plus de 100 mètres de son propre nombril. Le débat public, ce n'est pas la somme de revendications particulières, mais un échange de visions qui rejoignent un intérêt commun. 

On reproche souvent aux élus de ne se préoccuper que d'eux-mêmes, jamais personne n'est venu me voir pour me parler d'un problème de quelqu'un d'autre que de lui-même  

Etes-vous favorable à davantage de concertation dans l'action politique ? 

A.V : On s'épuise dans cette démocratie participative. A mon échelle, j'avais mis en place 8 comités de quartiers. Des gens s'impliquaient. Ils faisaient des listes de courses, et au final, ils étaient frustrés, parce que tout n'était pas retenu. Il faut comprendre que les moyens publics ne sont pas illimités, et on s'est rendu compte là aussi, que les propositions étaient très autocentrées. 

Faut-il mettre des amendes pour inciter les Français à aller voter ?

A.V : Oui, j'y suis favorable. A Bruxelles, où j'ai vécu, c'est un devoir d'aller voter. Après, ce n'est certainement pas la solution miracle.  Le mandat de conseiller municipal devrait être obligatoire au moins une fois dans sa vie ! Il y a néanmoins une bonne nouvelle dans ce tableau un peu noir ! Ce n'est pas aux candidats de faire campagne, mais aux citoyens d'aller à la rencontre des candidats, de leur poser des questions pièges ! Posez des questions qui sont l'inverse de ce que vous pensez, défendez l'idée adverse, c'est comme ça que vous pouvez tester le candidat. Ne laissez pas les candidats faire campagne, c'est à vous de décider de votre avenir !     

La participation est tellement faible, il suffit qu'1 habitant sur 100 se mobilise pour changer le résultat de l'élection ! 

L'Invité local - RCF Savoie Mont-Blanc
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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