"La France s’est laissée aller" déclare le journaliste Franz-Olivier Giesbert
Franz-Olivier Giesbert est un écrivain et journaliste. Passé notamment par le Nouvel Observateur, Le Figaro et la direction du Point, il défend, dans ses livres et mémoires, l’idée que la France connaît depuis 1981 un lent déclassement. Cela est lié selon lui à la "trahison" ou aux renoncements successifs des présidents, de Mitterrand à Macron, qui ont laissé filer la dette.
Emmanuel Macron à l'Elysée @ Magali Cohen / Hans LucasDans Tragédie française, troisième tome de son histoire de la Ve République, le journaliste décrit un pays qui "s’est laissée aller" après les promesses de changement de 1981. Il souligne également les problèmes liés à la "surabondance de normes" et la "bureaucratie asphyxiante", qui, selon lui, freinent l'initiative entrepreneuriale et conduisent à une désindustrialisation préoccupante.
Une "absence de gouvernance"
Franz-Olivier Giesbert ne manque pas de manifester son scepticisme face à la gestion politique sous la présidence d’Emmanuel Macron, qu'il qualifie de "catastrophique", notamment sur le plan économique. Il décrit le président comme un leader "manquant de fermeté", trop préoccupé par son image, et "incapable de dire non" pour prendre des décisions difficiles. Cela pousse l’ancien journaliste a affirmé qu’Emmanuel Macron ne "préside pas vraiment". "Gouverner c'est dire non, non et non", disait le Général de Gaulle. "Notre président actuel ne sait que dire oui, oui et oui", déplore Franz-Olivier Giesbert.
Dans son dernier livre, intitulé Tragédie Française, l’auteur précise qu’Emmanuel Macron n’est pas le seul responsable de la "décadence" du pays depuis son arrivée à l’Elysée. Pour Franz-Olivier Giesbert, cette situation remonte à 1981, avec l’élection de François Mitterrand. Il le qualifie de "père fondateur" et même "spirituel" de "la pensée qui a mené à la catastrophe dans laquelle le pays se trouve". Et tous les autres, y compris Emmanuel Macron, "l’ont suivi depuis".
L’Etat et les subventions
L'auteur évoque aussi la tendance "inquiétante" à la délocalisation des entreprises françaises, entraînant une perte substantielle d'emplois industriels, en partie due à une fiscalité oppressive. Il critique la stratégie économique de la France, qui semble ignorer les bénéfices potentiels de réduire le fardeau fiscal et bureaucratique pour stimuler la croissance économique. Il illustre cela par le cas concret des médias. La presse écrite notamment, reçoit des subventions pour pallier le coût de la poste. "Il y a quelques années, les prix de la poste française étaient deux fois supérieurs à ceux de l’Allemagne”, explique Franz-Olivier Giesbert. De ce fait, l’Etat a cherché à compenser. Selon le journaliste, cela met donc en exergue un "cercle vicieux où l'État prend énormément" mais est ensuite contraint de "subventionner pour compenser ses propres déficiences".
Quand le pays bouge, on taxe et on réglemente. Quand le pays ne bouge presque plus, on subventionne.


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