La France peut-elle encore se remettre de ses erreurs ?
À moins d’un an de l’élection présidentielle, l’Institut Thomas More dresse un bilan politique des cinquante dernières années. Jean de Belot est journaliste et directeur du cabinet Aria Partners. Il estime indispensable d’analyser les décisions prises par les présidents français depuis 1975, pour mieux aborder l’avenir.
Jean de Belot ® LD"Il existe une continuité d’erreurs d’analyse initiales", affirme Jean de Belot. Alors que les candidatures à la présidentielle se multiplient, chacun y allant de ses propositions, l’objectif de ce rapport est de fournir un outil pratique. Analyser objectivement les "causes de l’effondrement" de la France permet, par la suite, de "penser son redressement".
Mondialisation, immigration et désindustrialisation
Le rapport énumère quatre "insécurités" auxquelles sont confrontés les Français : économique, judiciaire, politique et ontologique. En résulte quatre "menaces pour la démocratie". Un sentiment croissant de dépossession démocratique, une perte de confiance dans l’action de l’État, l’affaiblissement des collectivités locales et une lourde responsabilité des dirigeants politiques.
Trois axes ressortent nettement. La mondialisation, l’immigration et la désindustrialisation résument à elles seules, selon le rapport, un basculement de souveraineté, de cohésion et de puissance économique. Le texte soutient d’abord que la mondialisation a été trop longtemps vue comme une vertu automatique, alors qu’elle a surtout exposé la France à une concurrence qu’elle n’avait plus les moyens d’affronter, au lieu de consolider ses atouts nationaux. Jean de Belot évoque l’illusion "d’une promesse d'un progrès social et économique pour tous".
Il souligne ensuite que le refus de reconnaître la "spécificité des immigrations d’origine musulmane" empêche de traiter clairement la question de l’intégration, avec des effets durables sur le plan social et culturel. La désindustrialisation apparaît comme le symptôme le plus concret. En affaiblissant sa capacité de production industrielle, la France a perdu des emplois, des savoir-faire et une part de son autonomie économique. "Depuis 1980, environ 2,3 à 2,5 millions d’emplois industriels ont été supprimés", rappelle Jean de Belot.
Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?
L'ironie réside dans le fait que, malgré des décennies de politiques prétendant promouvoir une prospérité économique d'ensemble, la France a subi une grande désindustrialisation. Les emplois industriels sont perdus au profit d'emplois administratifs. Ce "transfert" est, selon Jean de Belot, exacerbé par une lourde fiscalité qui dissuade l'initiative industrielle et entrepreneuriale.
On ne traite jamais les problèmes à leur racines.
Il déplore que "lorsqu’il y a un problème", seules deux options semblent être envisagées en France : créer une nouvelle taxe ou une nouvelle "prestation de service" gérée par l’État. "On évite de chercher la façon de régler le problème de fond", déclare-t-il. Le rapport de l'Institut Thomas More prend à témoin les cinquante dernières années pour tenter d’opérer un changement de paradigme nécessaire.
Une véritable proposition de programme politique sera publiée à l’automne 2026, pour que les candidats puissent s’en inspirer s’ils le souhaitent. Il proposera aux leaders d'aujourd'hui une feuille de route pour sortir la France des cycles de crise et pour lui redonner sa place sur la scène internationale.


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