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"La France a besoin d’une re-territorialisation", déclare Jean-Christophe Fromantin

"La France a besoin d’une re-territorialisation", déclare Jean-Christophe Fromantin

Un article rédigé par Mélanie Niemiec - RCF, le 3 juin 2026 - Modifié le 3 juin 2026
L'Invité de la MatinaleJean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine

La France, connue pour son centralisme, conserve ce modèle malgré des décennies de promesses de décentralisation. Jean-Christophe Fromantin est maire de Neuilly-sur-Seine et auteur de l’ouvrage Le retour des provinces. Il propose de revaloriser les richesses et les savoirs-faire de tout le territoire français.

Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine ® Mélanie NiemiecJean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine ® Mélanie Niemiec

Utiliser le terme "province" est souvent considéré comme péjoratif. Il désigne, dans l’usage courant, "tout ce qui n’est pas Paris", et non un niveau précis de l’administration. À l’inverse, une "région" désigne un cadre institutionnel clair. Les provinces, pour Jean-Christophe Fromantin, incarnent un potentiel inexploité. Elles se distinguent par leurs patrimoines et savoir-faire singuliers.

Le numérique peut faire effet de levier

À l’époque de la révolution industrielle, la concentration de la population dans les villes était indispensable : il fallait suffisamment d’habitants au même endroit pour faire fonctionner une usine, un hôpital ou une école. La densité était donc une condition du développement. Désormais, avec le numérique, la logique change. Les activités, les services et l’innovation peuvent être davantage répartis sur l’ensemble du territoire. Les ressources, les initiatives et les compétences circulent plus facilement, au lieu d’être concentrées dans les grandes métropoles.

Jean-Christophe Fromantin évoque la "re-territorialisation". Cela signifie que, selon lui, il faut redonner du poids économique et politique aux territoires, pas seulement aux centres urbains. Accompagner cette redistribution suppose une "politique publique volontaire".

La subsidiarité appliquée à l’économie

Son idée centrale est que la France concentre trop de moyens de production modernes à Paris. Le capital, l’innovation, les réseaux de décision, ne se réduisent pourtant pas à la "start-up nation". Le maire de Neuilly-sur-Seine estime qu’au lieu de renforcer la polarisation entre les régions et Paris, il faut au contraire "répartir ces leviers sur tout le territoire pour y recréer de l’activité, de l’attractivité et des perspectives de développement". Ses propos s'inscrivent dans le principe de subsidiarité de la doctrine sociale de l'Église. Ce principe rappelle que l'État ne doit pas se substituer aux communautés intermédiaires lorsqu'elles sont capables d'agir elles-mêmes, mais doit les soutenir quand cela est nécessaire.

Au lieu de polariser ces leviers de production modernes, il faut les distribuer pour les redonner à nos territoires. 

Un constat central : quand une personne, même dans des zones rurales éloignées, économise de l’argent, cette épargne est "immédiatement recentralisée à Paris". Elle sert surtout à "financer l'immobilier de bureaux en région parisienne" plutôt qu'à "renforcer la prospérité du territoire qui l’a généré". Pour Jean-Christophe Fromantin, la décentralisation ne doit pas être réduite à "une simple réforme institutionnelle".

La France doit arrêter d’essayer de faire comme les autres pays. Elle doit retrouver l’esprit qui l’a si longtemps distinguée. 

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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