La construction d'un plan national de prévention en santé confiée à un député du Rhône
Prévenir vaut toujours mieux que guérir. Une réunion publique de consultation citoyenne se tient ce lundi 27 avril 2026 à Oullins, sur le thème de la santé, et notamment sur son volet prévention. Première étape d’une mission parlementaire confiée par le Premier ministre à un député de notre territoire, médecin de profession : le MoDem Cyrille Isaac-Sibille, avec comme objectif et comme postulat de se donner les moyens de main d'une véritable politique de prévention à l'échelle nationale. Interview.
Cyrille Isaac-Sibille © RCF Lyon - juin 2020RCF Lyon : Aujourd'hui, nous n'avons pas un système de prévention assez ambitieux ?
Cyrille Isaac-Sibille : Ma mission consiste à la prévention primaire ou primordiale. Jusqu'à maintenant, on a un très beau système de soins dans notre pays. Malgré ça, on dépense 260 milliards d'euros tous les ans pour soigner les gens, malheureusement, les maladies chroniques et les maladies évitables augmentent d'année en année. C'est pour cette raison que le Premier ministre m'a confié cette mission, savoir comment est-ce qu'on pourrait faire pour éviter ces maladies chroniques : maladie métabolique, comme le diabète de type gras. C'est la maladie cardiovasculaire. On sait qu'on peut les éviter. C'est aussi tous les cancers.
On sait que le système de soins est plutôt bien organisé. Le système de prévention, malheureusement, ne l'est pas.
Nos concitoyens ont de plus en plus de maladies chroniques. Ils prennent de plus en plus de médicaments. Parce qu'effectivement, ils ne sont pas forcément en bonne santé. Donc ma mission consiste à dire : plutôt que de soigner des gens malades, évitons qu'ils soient malades grâce à plusieurs choses, grâce à des bons comportements de santé qui font effectivement qu'ils éviteront de tomber malades. C'est ce qu'on appelle les déterminants de la santé. Les déterminants sont éducatifs. Dites-moi dans quelle famille vous avez grandi, où est-ce que vous avez grandi, quelle éducation vous avez reçue, et je pourrais vous dire, effectivement, quelle est votre espérance de vie en bonne santé ? Donc il y a des critères qui sont sociaux, éducatifs, aussi environnementaux, en fonction de ce qu'on respire, de ce qu'on boit, de ce qu'on mange. Donc la question c'est : comment est-ce qu'on construit un système qui fait premièrement que nos concitoyens adoptent des bons comportements de santé, tout en leur garantissant de l'air, de l'eau, et une alimentation qui soit plus saine, pour éviter qu'ils tombent malades ?
RCF Lyon : Ce travail que vous menez était une priorité pour Emmanuel Macron en 2017 , qui voulait, à l'époque, « mener une révolution de la prévention ». Un premier travail avait été entrepris dans ce sens, un plan « Priorité Prévention » mis en place en 2018 par l'ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn notamment. 400 millions d'euros sur 5 ans, déclinés en 25 propositions. Allez-vous vous appuyer sur ce travail déjà entrepris, ou finalement c'est table rase et on recommence ?
C.I.S : Je pense qu'il ne faut surtout pas faire table rase, il ne faut surtout pas créer de nouvelles choses. Ce qu'il faut, c'est mieux coordonner. Il y a des tas d'initiatives intéressantes qui sont faites justement à l'école, dans les entreprises, pour les personnes âgées, au niveau des collectivités locales. Par contre, je pense que ces initiatives ne sont pas toujours coordonnées, pas toujours scientifiques, et surtout ne sont pas évaluées. Moi j'avais fait un rapport où je dénombrais 36 000 actions de prévention en faveur des jeunes à l'école. Mais dans ces 36 000 actions ponctuelles, il y en avait moins d'une dizaine qui avaient été évaluées. La première partie de mon travail, c'est donc de faire l'inventaire, que ce soit au niveau recherche, au niveau des données de santé, de toutes les expériences qui se passent sur le terrain. Et puis une fois qu'on a fait cet inventaire, on fera des propositions pour mieux coordonner l'ensemble.
RCF Lyon : Preuve par l'exemple aussi : vous avez co-signé il y a deux semaines une proposition de loi transpartisane visant à rendre obligatoire le Nutri-Score. S'agit-il d'un des leviers sur lesquels appuyer ?
C.I.S : Bien sûr ! On sait bien que nos habitudes alimentaires ont changé, on est maintenant peu nombreux à rentrer chez soi pour déjeuner à midi, et donc, on mange souvent des plats ultra-transformés. Et même quand on revient chez soi, on ne cuisine pas forcément des légumes, on prend des plats qui nous sont vendus par la grande distribution, et qu'on dit ultra-transformés, parce que dans ces plats, on peut mettre des conservateurs, certains peuvent rajouter du sel, du sucre, des additifs.
C'est donc tout l'intérêt de l'information qui est apportée par le Nutri-Score. En plus, le Nutri-Score est une initiative française qui s'étend en Europe. Malheureusement, il n'est pas obligatoire. Et donc, on est plusieurs députés à avoir posé une proposition de loi pour rendre obligatoire l'affichage du Nutri-Score.
On sait que dans les industriels de l'agroalimentaire, il y a plutôt des bons élèves, mais par contre, il y a aussi des mauvais élèves qui rajoutent du sucre, du sel, des conservateurs, et c'est pour ça que l'information, pour moi, est un des leviers de la prévention.
NDLR : Réunion publique ce lundi 27 avril 2026, de 19h à 21h, à la salle des fêtes du Parc Chabrières à Oullins.


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