La Bretagne en vigilance orange pour risque de crues et inondations
Encore de fortes pluies, attendues, cette semaine, en Bretagne. Conséquence : le Finistère, l’Ille-et-Vilaine, le Morbihan et les Côtes d’Armor sont placés en vigilance orange pour risques d’inondations et de crues. Dans les Côtes d’Armor, un barrage est également placé sous haute surveillance.
Le niveau du Gouët, en amont du port du Légué, est déjà élevé. ©RCF Côtes d'Armor Une nouvelle perturbation pluvieuse touche la Bretagne, cette semaine. Ces nouvelles précipitations s’ajoutent aux cumuls déjà importants des derniers jours et renforcent le risque de débordements de cours d’eau… mais aussi du barrage de Saint-Barthélémy, dans les Côtes d’Armor.
Cette retenue d’eau de 80 hectares, sur la rivière le Gouët, est placé sous haute surveillance depuis jeudi dernier. Samedi, le niveau d’alerte est monté d’un cran avec un débit d’évacuation d'eau de 18 mètres cubes par seconde. De quoi rappeler des mauvais souvenirs aux Bretons qui avaient subi les inondations de janvier 2025.
Un barrage sous surveillance
Alertés, par SMS, samedi midi, les riverains de la rivière ont été invités à prendre leurs dispositions pour mettre en sécurité, leurs biens. "On est allé progressivement. On s’est calé un peu en dessous de 22 mètres cube seconde en nous assurant que nous n’inondions pas les maisons", explique René Rouxel, le responsable du barrage, au sein du SDAEP, le syndicat départemental d’alimentation en eau potable des Côtes d’Armor, en rappelant que ce barrage n’a pas été conçu pour faire de la gestion de crue.
"Ce barrage a été conçu pour faire de l’eau potable. S’il se remplit trop vite, on lâchera un peu plus. Et on avisera de l’impact à l’aval du barrage. Et si la situation devient critique, nous serons obligés de lâcher au-delà de 22 mètres cube. Et nous pourrions ainsi mettre en péril les habitations", poursuit-il.
"On n’y est pas encore. Je ne pense pas qu’on y sera mais je ne réponds de rien car nous n’avons pas toute la maîtrise sur la météo. Mais pas de panique, on a encore un peu de creux. En ayant augmenté le débit, nous avons perdu 60 centimètres d’eau, en une journée depuis dimanche. Donc, c’est une bonne chose."
Des phénomènes plus fréquents
Pour l’hydrologue Pierre Brigode, directeur du département « Sciences pour l’environnement » de l’ENS Rennes, l’intensification et l’augmentation du nombre de crues dans le temps ont de multiples causes. Deux ressortent principalement : le changement climatique, et la modification directe de l’environnement par l’homme.
“On a une augmentation des pluies pendant l’hiver [...] c’est un changement de fond que l’on voit sur le terrain et sur les données”, précise le chercheur. Des pluies plus importantes, liées à l’augmentation de la température atmosphérique. A répétition et de manière fréquente, les sols n’ont plus la capacité d’absorber les eaux, engendrant ruissellement, débordement des cours d'eau, et inondations dans les zones exposées.
A cela s’ajoute la modification de l’environnement par l’homme. “Urbanisation, aménagement des sols via l’agriculture, aménagement des cours d’eau et les barrages” sont autant de constructions humaines qui modifient le cours naturel de l’eau, favorisant crues et inondations, détaille Pierre Brigode.
L’hydrologue veut tout de même penser sur le long terme : “Des crues, il y en a régulièrement, il y en a eu, il y en aura.” Il reste cependant important de “se poser la question de notre rôle et de la place de nos activités (humaines) dans l’observation de ces phénomènes”.

Des règles de sécurité
Ce mardi, le Préfet des Côtes d’Armor a rappelé les conseils de sécurité en cas d’inondation :
- S’informer sur l’existence éventuelle du risque et les consignes à observer
- Rechercher des solutions de protection individuelle (batardeaux), protéger ses biens (arrimage des cuves et des réserves de bois par exemple) et localiser son kit d’urgence
- Ranger ses produits chimiques en hauteur et dans un placard fermé à clé et fixé au mur
- Ne pas traverser une zone inondée, ni à pied, ni en voiture (profondeur d’eau difficile à estimer, risque d’aspiration par une bouche d’égout…)
- Ne pas s’engager sur une route immergée ou un pont immergé, même partiellement
- S’éloigner des cours d’eau, des points bas et rejoindre le point le plus haut possible
- Ne pas descendre dans les sous-sols
- Éviter les déplacements et se tenir informé sur les conditions météo
- Prendre contact avec les personnes vulnérables et isolées.


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