La Basilique Saint-Denis, un symbole politique
La Basilique Saint-Denis est l’héritière de près de mille ans d’histoire. Grande nécropole royale, tombée en disgrâce lors de la Révolution française, elle est aujourd’hui utilisée comme un symbole de pouvoir lors de rassemblements politiques. Ce week-end, Jean-Luc Mélenchon a lancé sa campagne présidentielle devant la basilique.
basilique Saint-Denis Crédit photo wikipédiaCe dimanche, Jean-Luc Mélenchon a lancé sa campagne pour les élections présidentielles, dans un lieu très symbolique. Le rendez-vous a été fixé place Victor Hugo, à deux pas de la basilique Saint-Denis et de l’Hôtel de Ville de Seine-Saint-Denis. Le candidat insoumis a expliqué croire en “la force des lieux”. Ce n’est pas la première fois qu’il fait référence à la basilique. En mars, lors de la fête de victoire de l’élection du maire de la ville, Bally Bagayoko, Jean-Luc Mélenchon avait repris la désormais célèbre formule “ville des rois morts et du peuple vivant”.
La Basilique Saint-Denis, symbole de revendication politique
Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que la basilique est utilisée comme un symbole de revendication politique. Dès la mort du roi Dagobert, en 639, et jusqu’au XIXe siècle, l’abbatiale de Saint-Denis accueille la sépulture de 40 rois, 26 reines et une dizaine de serviteurs de la monarchie. Elle est surnommée dès le XIIIe siècle le “cimetière aux Rois ”. Au total, le monument abrite près de 70 tombeaux. La basilique de Saint-Denis est utilisée comme un symbole par la royauté de la puissance, la longévité et le pouvoir de la dynastie française, depuis les Mérovingiens.
Mais en 1789, lors de la révolution française, le symbole tombe, et surtout il se transforme. En 1793, les corps des rois Bourbons sont exhumés des tombes en plomb. La France en guerre a besoin de métal pour fabriquer des balles. Désaffecté, le bâtiment est en ruine. Il est alors transformé en théâtre et en entrepôt de farine et de blé. C’est Napoléon Ier qui décide de faire restaurer le monument pour le consacrer à la sépulture des empereurs et rappeler la mémoire des anciens rois.
Saint-Denis, « Ville des rois morts et du peuple vivant »
Depuis, elle n’a cessé d’être un symbole partagé entre la puissance du gouvernement et le pouvoir du peuple. Cette ambivalence est illustrée par cette formule attribuée au poète et journaliste communiste Jean Marcenac “Ville des rois morts et du peuple vivant ” . Construite sur une double antithèse, elle vise à réconcilier le passé prestigieux de la nécropole royale avec l'histoire populaire et ouvrière de la commune.
De la Révolution à Jean-Luc Mélenchon, la basilique de Saint-Denis est le lieu où la France rejoue sans cesse la même tension : qui hérite de la légitimité du pouvoir ? Le roi ou le peuple ? Les régimes politiques de continuités ou de rupture ? Le candidat de la France Insoumise s’inscrit ainsi dans une longue tradition d’appropriation politique de la basilique de Saint-Denis.


Chaque jour, une radio locale RCF met en lumière une actualité de son diocèse.



