Julien Veysseyre, première mondiale sur le trail UTMB : « C’était improbable sur le papier »
Amputé tibial, l'Auvergnat Julien Veysseyre a réussi son pari fou : devenir le premier athlète amputé tibial à terminer l’épreuve reine de l’UTMB Mont-Blanc. Après 174 km et 10 000 mètres de dénivelé positif, il a franchi la ligne d’arrivée en 44h16, au terme d’une course marquée par la douleur, le doute et une incroyable détermination.
Un immense exploit pour Julien Veysseyre, qui devient le premier para-athlète à terminer l'UTMB © Florine Tournier C’est un exploit qui restera dans l’histoire de l’ultra-trail. Julien Veysseyre est venu à bout de l’UTMB Mont-Blanc 2026, l’une des courses les plus exigeantes au monde. En 44h16, il a parcouru les 174 kilomètres du parcours et ses 10 000 mètres de dénivelé positif, terminant 1 475e au classement général et 236e de sa catégorie.
Mais derrière le chrono, il y a surtout une aventure humaine et une succession de moments où l’abandon a semblé inévitable. Les 30 premiers kilomètres sont parcourus avec son guide Thibaut Baronian. À Courmayeur, Julien commence pourtant à s’inquiéter : « C’est bizarre, je n'avais pas de sensations et les jambes lourdes ».
Quelques dizaines de kilomètres plus loin, une douleur particulièrement vive apparaît sur son releveur valide. Vers le 60e kilomètre, le coureur pense alors à abandonner. « Moi dans ma tête j’étais à 98 % sur d’abandonner, je ne repartais pas », raconte-t-il. Le soutien de son équipe et de ses guides va pourtant changer la donne. Des soins, une nouvelle emboîture de prothèse et surtout beaucoup d’encouragements lui permettent de repartir. Avec Alice Denuc puis Dorian, son troisième guide, Julien repousse progressivement ses limites. « Dorian a su me faire sortir de ma zone par sa “connerie” », sourit-il.
« Le corps est détruit, tu n'arrives plus à mettre un pied devant l’autre... »
À l’arrivée, l’émotion est immense. Sur les chemins, les spectateurs l’ont encouragé en criant son prénom. Une ferveur que l’Auvergnat dit ne pas encore réaliser. Après deux à trois années de travail pour préparer ce projet, cette arrivée représente « le prix du sacrifice, du travail acharné ». Et une victoire d’autant plus forte que rien ne semblait acquis. « Le corps est détruit, tu arrives plus à mettre un pied devant l’autre, tu as mal partout et pourtant tu es capable d’en refaire encore et encore ».
