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Johannes Herrmann: "les chrétiens ne doivent pas réinventer une écologie déconnectée de la réalité"
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Johannes Herrmann: "les chrétiens ne doivent pas réinventer une écologie déconnectée de la réalité"

RCF, le 4 décembre 2018  -  Modifié le 1 février 2024
La Fête de la nature est organisée à partir du mercredi 23 mai, jusqu’à dimanche. Focus, à cette occasion, sur la crise de la biodiversité.

"Nous sommes tous responsables"

Il y a quelques semaines, le CNRS et le Muséum d’Histoire Naturelle ont publié chacun un rapport dénonçant la perte de biodiversité, particulièrement dans le monde des oiseaux des champs. Un constat alarmant que partage Johannes Herrmann. En sa qualité d’ornithologue, ce dernier explique que "depuis plusieurs décennies, ils recueillent des indicateurs tant sur les espèces les plus rares que sur les espèces communes. Ils ont voulu communiquer auprès du grand public sur l’état de la biodiversité pour alerter l’opinion. On constate leurs résultats sur le terrain".

L’ornithologue est catégorique. La disparition de ces oiseaux est due essentiellement à l’action humaine. "Nous sommes tous responsables. Ce serait une très grosse erreur de désigner comme coupable idéal une catégorie de population. Ce qui se passe à l’échelle nationale comme planétaire, c’est une dégradation générale de l’écosystème qui va toucher tous les vivants, à cause de la pression excessive des activités humaines sur ces milieux" analyse-t-il.
 

Les limites de la résilience naturelles ont été dépassées

La disparition des petits oiseaux n’est pas un problème isolé. "Tout est lié, comme l’explique très bien le pape dans son encyclique. Une planète où la biodiversité n’arrive plus à survivre dans les proportions actuelles, c’est un monde qui n’est plus exploitable pour l’homme. C’est un indicateur. Tous ces systèmes vivants dont nous dépendons sont en train de s’effondrer. Et s’ils s’effondrent, c’est que le monde ne devient plus vivable pour nous" ajoute Johannes Herrmann.

Pour ce dernier, la limite de la résilience de la nature est dépassée depuis longtemps. Elle était quasi infinie à l’échelle de ce que nous pouvions lui infliger, "mais nous avons actuellement une crise d’extinction qui est dix à cent fois plus importante que les précédentes crises d’extinction géologiques. Les écosystèmes ne se reconstituent plus". Face à cela, l’ornithologue dénonce un grave manque d’intérêt de l’opinion publique pour la perte de la biodiversité.
 

Laudato Si, un nouveau départ

Le ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot, a annoncé la semaine dernière un plan pour sauvegarder la biodiversité. "On est actuellement dans une phase de consultation. Je suis assez inquiet car jusque là, ce gouvernement n’a pas mis en œuvre grand-chose en dépit de belles paroles. On annonce un plan pour la biodiversité mais d’un autre côté, on ouvre grand les vannes pour l’huile de palme. Où est la cohérence ?" s’interroge Johannes Hermann.

Dans son dernier ouvrage, l’ornithologue dénonce également le déni des catholiques face à la crise de la biodiversité, et même la faiblesse de leurs réactions. "Les catholiques ne sont pas plus dans le déni que les autres, mais il y a souvent une réticence à s’attaquer aux problèmes à cause de cette croyance qui veut que protéger la biodiversité c’est combattre l’homme, c’est nier la place propre de l’homme. L’encyclique n’est pas un météore surgi de nulle part, c’est la concrétisation de réflexions qui existaient bien avant, et qui là se sont concrétisées face à l’urgence. C’est un nouveau départ et c’est tout à fait compatible avec notre pensée catholique" lance-t-il.

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