"J'espère que la rue va gagner": témoignage de Bahar Bourhis, Iranienne à Brest
Plus de 500 morts en deux jours en Iran. Au moins 555 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre avec Israël et les États-Unis, a affirmé le Croissant-Rouge iranien ce lundi sur le réseau social Telegram. Et à des milliers de kilomètres de là, des familles d'expatriés s'inquiètent pour leurs proches. Parmi eux, Bahar Bourhis est infirmière à Brest, elle est arrivée d'Iran dans les années 90.
Bahar Bourhis a quitté l'Iran à ses 18 ans, cela fait plus de 20 ans qu'elle vit à Brest. (Crédit photo: Bahar Bourhis)L'angoisse. Un mot qui revient régulièrement dans le témoignage de Bahar Bourhis, infirmière à Brest, d'origine iranienne, de Téhéran. L'angoisse du silence d'abord, depuis samedi 28 février et le début des frappes menées par les États-Unis et Israël en Iran. Elle n'arrivait pas à joindre ses parents, sa sœur son beau-frère, et ses neveux, qui vivent à Téhéran. Mais, enfin, ce lundi matin, elle a réussi à téléphoner à sa sœur, qui lui rapporte le chaos sur place. "Elle me raconte que c'est impressionnant le nombre de frappes, il y en a la nuit, la journée. (...) Ils frappent les bases militaires, même dans les touts petits villages. Mais le problème c'est que, à côté de ces bases, il y a des habitations et des civils", rapporte Bahar.
"Des cris de joie des manifestants dans la rue"
Et ce sont plusieurs sentiments qui se bousculent, nous explique la soignante. À distance, Bahar Bourhis suit les scènes de liesse sur les réseaux sociaux, les cris de joie, les manifestants qui font la fête après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, tué par les frappes menées ce samedi, "mais il y a aussi la peur de recevoir une bombe sur la tête." Cette peur, sourde, Bahar Bourhis la connaît. "Je suis angoissée, car j'ai connu la guerre entre l'Iran et l'Irak, j'ai fait toute ma scolarité pendant cette guerre-là, et j'ai encore les sirènes dans les oreilles c'est très angoissant." Et puis, malgré tout, il y a aussi cet espoir que ce virage dans l'histoire iranienne soit celui qui amène son pays vers la démocratie.
Un espoir de démocratie en Iran
"J'espère franchement que la rue va gagner", confie Bahar Bourhis. "J'espère que le peuple iranien va s'organiser en interne, qu'il y ait des figures qui se disent "Allez on va mettre un régime en place qui respecte la liberté d'expression, la liberté des jeunes, et, économiquement, un régime qui fasse en sorte que les Iraniens vivent décemment."
En attendant un apaisement du conflit, sa famille reste enfermée chez elle à Téhéran, ses neveux également car les facultés ont de nouveau fermé leurs portes. Et les frappes se poursuivent. "L'armée israélienne a annoncé lundi qu'elle continuait à mener des frappes à Téhéran, "contre des cibles du régime terroriste iranien" a déclaré l'armée dans un communiqué.
